CRD DRIVE Groupama S16 du 04 2014 SEDAM
La Champagne Viticole Candidature UNESCO

 

Les vignerons se mobilisent le 5 novembre • Les coteaux de Vitry labellisés « Vignobles et Découvertes » • Ouverture des inscriptions pour la vinothèque 2015 ! • Journée technique des œnologues le jeudi 6 novembre • "Champagne et vous !", l’événement viti-culturel à Château-Thierry • Champagne Day : ça trinque le 24 octobre ! • Salon des vins et de la gastronomie d'Ambonnay • Un Champenois prix Nobel ! • La Commission des viticultrices présente au Viti Vini • Jérôme Viard, tonnelier champenois, a besoin de vous !

Histoire de la Champagne Viticole


Histoire de la Champagne Viticole

A travers sa mission d’information, la Champagne Viticole a largement contribué à l’émancipation du vignoble. D’abord en sensibilisant les vignerons aux mots d’ordre du SGV ; ensuite, en leur dispensant, ainsi qu’à leurs responsables professionnels une véritable formation économique ; enfin en apportant régulièrement aux exploitations toutes les informations indispensables à leur gestion quotidienne. Tout cela, en adaptant sa formule et en élargissant au fil des ans son équipe de rédacteurs.

Depuis sa création en 1909, et pendant plusieurs décennies, La Champagne Viticole a été l’organe de « propagande » du SGV. Telle est la vocation clairement affirmée dans le premier numéro, telle a été la ligne éditoriale constante. C’est par sa revue que le SGV fait connaître ses positions sur les grands dossiers de la champagne et lance directement ses consignes et ses mots d’ordre. La fraude, les délimitations, les combats pour la mise en place de l’appellation, les appels à l’unité du vignoble et à son organisation économique, sont les sujets qui alimentent les colonnes jusqu’à la seconde guerre mondiale. Rien d’étonnant donc à ce qu’il y ait alors identité totale entre les rédacteurs et les dirigeants syndicaux. Si le SGV à la chance de disposer dès sa création d’hommes visionnaires, les mêmes ont aussi de « belles plumes ». Les articles sont rédigés- toujours dans un style impeccable- par les Poittevin, Perrin, puis Doyard. Ce dernier, qui sera secrétaire général du SGV dans l’entre-deux-guerres, sera la cheville ouvrière de la revue. A coté des textes officiels, des témoignages « vécus » de vignerons ou quelques « tribunes libres » viennent pimenter le menu de chaque édition.

Même si les hommes changent, la revue poursuit dans le même registre lorsqu’elle reparaît après la Libération, en 1945. Le rédacteur en chef en est cette fois Jean Nollevalle, qui occupe par ailleurs les fonctions de « délégué permanent du SGV », c’est-à-dire de directeur. Tout en étant administratif et salarié, Jean Nollevalle est totalement impliqué dans la dimension politique des actions du SGV. Au fil des parutions de la Champagne Viticole, il expose la doctrine syndicale, les orientations et les grands projets de l’organisme professionnel : incitations à la multiplication des coopératives, au développement de la manipulation, à la mise en place du contrat interprofessionnel. Mais il va au-delà des énoncés et des recommandations. Il transforme la Champagne Viticole en un formidable outil pédagogique. Les articles adoptent désormais un ton et un vocabulaire économique. Le rédacteur devient professeur et explique de manière simple et imagée le jeu de l’offre et de la demande, la fixation d’un prix sur un marché, les cycles économiques, etc. Plusieurs générations de vignerons et de responsables acquièrent de la sorte une culture économique commune qui leur permet de décrypter les fluctuations de la conjoncture et de débattre de manière constructive dans les réunions et les assemblées générales. Les présidents successifs, Henri Macquart et Henri Geoffroy, ne sont pas pour autant éclipsés. Chacun, à sa manière, joue sa partition dans le journal au travers d’éditoriaux, d’articles et de billets. Leurs interventions à bon escient crédibilisent autant le discours syndical que la revue qui devient une véritable « référence » dans la petite république champenoise.

En 1972, la Champagne Viticole effectue une première grande mutation. Elle abandonne la simple grande feuille recto verso pour un format tabloïd 8 pages avec des articles illustrés de photos en noir et blanc. Le changement est dicté par plusieurs considérations. Il y a tout d’abord la nécessité de rénover une formule qui a vieilli, de la moderniser en intégrant systématiquement l’image. Il y a ensuite l’obligation d’offrir davantage d’espace à la publicité et une meilleure visibilité aux annonceurs. Il y a, enfin et surtout, l’obligation d’apporter de plus en plus d’informations techniques et pratiques aux vignerons lecteurs. Les contraintes qui pèsent au quotidien sur les exploitations explosent littéralement. La Champagne Viticole est mise à contribution pour apporter régulièrement aux vignerons les dernières précisions relatives à la mise en œuvre de la TVA, de la convention collective du vignoble, du bénéfice réel, des nouvelles réglementations vitivinicoles, pour ne citer que les plus importantes thématiques. Ce type d’information vient s’ajouter aux textes à caractère politique à la rédaction desquels sont associés aussi les administratifs proches de la direction, Marc Brugnon, qui a succédé à Henri Geoffroy, se réservant les éditoriaux.
En 1981, sans bouleverser sa formule, la Champagne Viticole étoffe sa pagination, toujours pour dispenser davantage d’informations indispensables à la gestion des exploitations. Dans cette évolution, les salariés techniciens du SGV prennent une part de plus en plus grande à la rédaction de la revue. On trouve néanmoins toujours la signature de responsables professionnels, comme Gérard Autréau, Michel Pithois, Serge Rafflin, Yves Jolly, qui ne rechignent pas à signer des textes à forte charge syndicale. Ou encore des personnalités comme René Robert, Henri Brochet qui s’expriment au travers d’interviews, une formule qui commence à trouver sa place dans les différents numéros. De son côté, Jean Cattier gratifie toujours régulièrement la revue de chroniques dans lesquelles l’humour est au service du bon sens.

Une vraie révolution en 1991

Une vraie révolution se dessine en 1991 avec l’aval du bureau du SGV présidé par Marc Brugnon. La Champagne Viticole adopte le format magazine, avec une mise en page entièrement nouvelle et l’usage systématique de la quadrichromie. Les temps ont changé et il faut augmenter l’attractivité, tant pour le vigneron qui doit pouvoir trouver un confort de lecture et de maniement, que pour les annonceurs de plus en plus intéressés par des insertions en couleur et de qualité. Le contenu n’est pas sacrifié à la forme et les informations gagnent en technicité. Elles bénéficient directement du renforcement des équipes syndicales, particulièrement de celles du service juridique, du bureau comptable, de l’antenne de Bar sur seine et du service direction. De plus en plus fréquemment, les « politiques » du SGV délèguent aux administratifs le soin d’exposer les grands dossiers et les grandes problématiques du moment, même si le président Feneuil met toujours un point d’honneur à livrer son éditorial mensuel. Dans le même temps, la Champagne Viticole étoffe ses effectifs. D’abord en recrutant une secrétaire de rédaction qui anime chaque mois la conférence de rédaction ; ensuite, en se dotant d’un atelier intégré de PAO. Tout le processus de réalisation allant de la rédaction à la mise en page est désormais maîtrisé. L’impression seule est assurée à l’extérieur. L’ensemble de ces nouvelles ressources permet à la revue de mieux assurer sa mission d’information en multipliant, à côté des numéros normaux, les suppléments (employeurs, vendanges, etc.) et les hors série (hydraulique au vignoble, réglementation intra communautaire, réglementation vitivinicole, exportation, etc.). Il lui permet également de s’associer à de grands événements régionaux (tels que le VITeff et le salon Viti vini) en développant la carte du partenariat et en prenant ainsi sa part dans le développement régional, notamment en ce qui concerne les industries connexes au champagne.
En ce début du 21e siècle, la Champagne Viticole poursuit son évolution. Elle affiche une nouvelle maquette et un relookage de sa mise en page. Elle dispose aussi de son propre site Internet où elle met en ligne l’information en continu, et qui complète ainsi l’information sur support papier. L’objectif de ceux qui en ont la charge est de conserver au titre sa spécificité viticole champenoise, en privilégiant comme public et lectorat les vignerons et tous les acteurs du champagne. La Champagne Viticole inscrit aussi sa démarche technique dans une optique de développement durable en choisissant l’impression sur papier recyclé et en travaillant avec un imprimeur certifié PEFC. Plus que tout, elle est détentrice d’un héritage précieux qui tient à la crédibilité édifiée patiemment au fil d’un siècle d’existence par ses responsables successifs et ses rédacteurs.

Du plomb à la PAO

Jusqu’ à la fin des années 70, sa fabrication a été tributaire du plomb. Les textes étaient alors transmis à l’imprimerie par voie postale sous forme de tapuscrits (feuillets tapés à la machine à écrire). L’imprimeur saisissait ces textes au moyen d’un matériel utilisant du plomb fondu (linotype) et réalisait le montage des pages sous forme de plaques de plomb également. Le processus était long et lourd. En effet, il était difficile d’opérer des corrections importantes, de modifier profondément la mise en page, de changer une photo.
La photocomposition a marqué un progrès sensible. Avec cette technique, les textes pouvaient être saisis par l’imprimeur sur un support papier spécial. Il était plus commode d’amender ces textes, de les corriger, de les compléter, de les réduire. Le montage s’effectuant par collage sur support papier, les ciseaux permettaient de tailler et retailler facilement pour obtenir la disposition souhaitée. Il était également beaucoup plus aisé d’intégrer et de modifier les photos. En 1986, la Champagne Viticole se dotait de son propre atelier de photocomposition qui, outre la sortie des textes, lui permettait de s’approprier le montage des pages.
L’arrivée de la PAO à la fin des années 80 a bouleversé complètement la donne, autorisant une grande variété de choix de caractères, de montage, d’illustrations, et un usage sans limites de la couleur. La Champagne Viticole, hormis l’impression finale a pu être réalisée de A à Z dans les locaux du SGV et avec le personnel de ce dernier. Cette souplesse et cette rapidité d’utilisation ont permis notamment d’augmenter la pagination et de multiplier les numéros spéciaux en fonction des besoins et de l’actualité.


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