Article publié le 11 janvier 2012
Jusqu’à maintenant, les modalités organisant la vendange ont toujours été décidées au dernier moment, en septembre, quelques jours - parfois même quelques heures - avant même les premiers coups de sécateurs. Déjà pris par l’organisation matérielle de sa récolte, le recrutement des vendangeurs et toute la logistique, le vigneron ne disposait pas forcément de tout le recul nécessaire pour intégrer dans le détail les décisions vendanges, les différentes clauses…
Aussi, j’ai souhaité donner au Vignoble les moyens d’aborder la vendange 2010 plus sereinement en faisant en sorte que les fameuses décisions vendanges soient arrêtées en juillet. Je l’avais annoncé pendant les réunions régionales. Je l’ai fait acter auprès du CIVC pour le prochain Bureau exécutif qui aura lieu le 19 juillet.
Si cette date hâtive devrait faciliter l’organisation et l’application des modalités, en revanche, elle implique que l’échange avec les vignerons qui se concluait habituellement lors de l’assemblée de vendanges en septembre, se mette en place au plus vite ! Pour cela, j’en appelle à la mobilisation du terrain. Dans la continuité de la démocratie participative, et dans le respect de l’organisation pyramidale, je souhaite donc que les vignerons adhérents se réunissent au sein de leur section locale. Ils pourront y débattre autour du niveau de rendement que le Syndicat devra porter dans la négociation avec le négoce le 19 juillet. Ces vœux, argumentés, seront ensuite débattus par secteur avec les administrateurs du SGV, lors d’assemblées régionales élargies. Ce que j’attends de vous, ce n’est pas juste un nombre de kilos à cueillir mais aussi - ou surtout - ce qui vous motive à défendre ce niveau d’appellation.
Mon objectif est qu’avant fin juin, le Syndicat ait pu collecter ces vœux afin que la position qu’il défendra lors du bureau exécutif du 19 juillet soit le fruit d’un consensus éclairé.
Pour vous aider dans cette réflexion et ces débats, les services du Syndicat ont concocté un document de synthèse sur l’économie champenoise qui va être largement diffusé dans le Vignoble.
Cette étape, que nous aurons menée ensemble, sera la première du processus qui nous mènera aux décisions de la vendange 2010. La deuxième étape sera les discussions avec le Négoce. Vous le savez, dans toute négociation, il y a au moins deux protagonistes. Le 19 juillet, le Négoce fera lui aussi valoir ses intérêts, venant forcément contrebalancer les nôtres. C’est aussi ça la co-gestion, et jusqu’à maintenant cela a plutôt réussi à la Champagne !
Je conclurai en plagiant une citation : « la démocratie ne s’use que si l’on ne s’en sert pas ! »
Pascal Férat, Président du SGV