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Le dernier numéro

Article publié le 6 septembre 2008

Parution du mois

L’AROCU et le laboratoire d’œnologie

Avec 24 000 euros versés en 2007, l’association Recherche oenologique Champagne et université poursuit son œuvre de soutien au laboratoire d’oenologie de l’Université de Reims.

Pasteur, en son temps, faisait déjà le siège des ministères pour glaner quelque argent propre à subvenir au fonctionnement de son petit laboratoire et à financer partiellement les frais de ses recherches. Dans le même temps, l’illustre savant enviait l’Allemagne qui, selon ses propres termes, construisait de véritables palais de la recherche.

Plus d’un siècle après, alors que la recherche a littéralement explosé et est devenue un enjeu considérable tant sur les plans sociaux, économiques, sanitaires, qu’environnementaux, les chercheurs se heurtent toujours aux limites financières.

C’est ce manque chronique de moyens qui a interpellé, peu après la création du laboratoire d’oenologie de l’Université de Reims sous l’égide du professeur Alain Maujean, Jean-Claude Colson et un groupe de personnes. Et qui a abouti, il y a maintenant 21 ans, à la création de l’association Recherche œnologique champagne et université, plus connue sous son sigle Arocu.

Le laboratoire d’œnologie, désormais animé par le professeur Jeandet, a évolué de concert avec l’Arocu. Au fil des ans, cette dernière association a augmenté ses effectifs, passant d’une quarantaine de contributeurs à plus de 120, au nombre desquels de grosses entreprises champenoises. La collecte a suivi la même trajectoire et, au titre de l’exercice 2007, c’est la somme de 24 000 euros qui a pu être rétrocédée à l’équipe de Philippe Jeandet.

Si le soutien ainsi apporté par l’Arocu ne peut prétendre occulter et encore moins se substituer aux dotations publiques (outre l’État, les sources principales de financement sont des collectivités locales telles que la ville de Reims, le département de la Marne, la Région  ; et aussi Europol’Agro, l’Université Reims Champagne-Ardenne), il n’en apporte pas moins une bouffée d’oxygène bienvenue comme ne manque pas de le rappeler le professeur Jeandet  : Les bons résultas de notre laboratoire me donnent confiance en l’avenir, mais nous ne pouvons concevoir cet avenir sans la présence longue et bienveillante à nos côtés de l’Arocu. On ne peut être plus clair…

Reconnaissance et défense de l’université

En 2008, Le professeur Philippe Jeandet achèvera sa 11e année universitaire à la tête du laboratoire d’œnologie. Une période qui a été marquée par le renforcement de l’équipe – qui compte désormais une quinzaine de personnes – et, surtout par la reconnaissance des ses travaux.

Deux événements récents viennent confirmer cette appréciation positive. Le premier concerne l’attribution par le guide SMBG des meilleurs masters, d’une troisième étoile (sur les 4 possibles) au master 2 agro sciences et environnement.
Le second concerne l’avis « très favorable » du ministère pour la reconduction du master Agro ressources et environnement spécialité vins et champagne, avec un classement A sur une échelle allant de C à A. Tout ceci s’ajoute aux bonnes évaluations reçues du ministère concernant les diplômes et l’unité de recherches à laquelle appartient le laboratoire.
Malgré tout, le professeur Jeandet a la satisfaction modeste. Le laboratoire demeure une petite unité, avec peu de moyens eu égard à ce que réclame en matériels et spécialistes, pour ne prendre qu’un exemple, l’analyse de micro, pico, nano grammes de molécules. D’où la volonté d’éviter la dispersion et de demeurer sur des thématiques qui font la spécialité de l’équipe  : la physico-chimie de l’effervescence et de la mousse et les protéines, ainsi que le resvératrol et les concepts de mécanismes de défense naturelle des plantes.
Ses réserves tournent franchement à l’aigre lorsqu’on aborde la situation de l’université et l’image médiocre que d’aucuns s’emploient complaisamment à en donner.
À ceux qui, notamment, dressent facilement des comparaisons avec les universités d’outre Atlantique, Philippe Jeandet s’oppose catégoriquement  : Comparer l’université américaine à la nôtre, c’est un peu vite oublier le rapport de forces financier qui les caractérisent. Les dix plus grandes niversités américaines ont un budget cinq fois supérieur à celui de l’université française tout entière. Un enseignant chercheur publiait récemment dans « Le Monde » qu’au prorata de ce que gagne l’université française, celle-ci a un quota de publication équivalent à sa grande sœur américaine. Si l’on veut comparer des systèmes et leur efficacité, il ne faut jamais omettre de comparer leurs moyens intrinsèques.
Un sujet lui redonne cependant un peu de baume au cœur  : le projet de réunir sur un même campus toutes les Ufr de l’université de Reims afin de les rendre plus fonctionnelles et plus attractives. Si nos politiques locaux, régionaux aussi bien qu’u­ni­ver­si­taires font aboutir cette idée, cela serait proprement merveilleux !

Projets de rentrée

À la rentrée prochaine, le laboratoire étant porteur de projets dans le cadre du plan État Région, il peut espérer assurer deux nouvelles thèses et accueillir un post-doctorant dans son équipe. Du côté des étudiants, il créera au sein de la nouvelle licence Biochimie, biologie, terre et environnement (Bbte), un parcours en 3e année ouvert sur l’oenologie, ceci afin de permettre aux titulaires d’un Bts ou d’un Dut de se préparer dans de bonnes conditions à l’entrée en Dno (voir page 42 de cette édition).

James Blaques

En images


  • Jean-Claude Colson


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