Interprofession

Le réseau Matu, la vigie essentielle à la vendange

Le réseau Matu, la vigie essentielle à la vendange

Les rasisins des 586 parcelles répertoriées par le réseau Matu sont tous pressés par un pressoir à membrane avant d'être dosés en alcool et en acidité.

Vous devez vous connecter à l'aide de votre identifiant et de votre mot de passe d'abonné
au magazine La Champagne Viticole pour accéder à ce contenu.
Votre identifiant et votre mot de passe vous ont été communiqués par e-mail lors de l'activation de votre abonnement à lachampagneviticole.fr.




Mot de passe oublié ?

Le suivi de maturation en Champagne

Les premiers suivis de maturation des raisins en Champagne datent du milieu des années cinquante avec quelques postes d’observation surtout situés dans la Marne, mais c’est à partir de 1986 que les professionnels de la filière ont décidé de structurer le réseau autour d’une méthodologie partagée.
Il s’agissait d’uniformiser le protocole de prélèvement et le dosage des échantillons dans un réseau de parcelles représentatives de l’ensemble de l’appellation pour recueillir des données efficientes. De soixante postes d’observation en 1986, le réseau s’est étendu à quelque 300 parcelles dès 1989 avec une évolution constante jusqu’à aujourd’hui pour resserrer le maillage, collecter les résultats et les transmettre, par courrier au début puis par minitel, par fax et maintenant par l’extranet.
La représentativité des secteurs et des différents cépages a également été affinée pour une couverture optimale de l’ensemble de l’appellation de la Seine-et-Marne jusqu’à la Haut-Marne.
Dorénavant, après chaque floraison, le réseau Matu est activé et commence ses prélèvements quatre à cinq semaines avant la date estimée des vendanges. Selon l’évolution de la maturation à l’approche de la récolte, les vignerons des communes viticoles se réunissent et soumettent en fonction des résultats, une date d’ouverture à la validation de la commission technique siégeant au Comité Champagne avant l’arrêté préfectoral qui fixera officiellement la date.

Déguster les baies pour affiner sa cueillette

Le degré et l’acidité ne suffisent pas à déterminer entièrement la qualité du raisin à vendanger, les arômes délivrés par la baie entrent pour une part essentielle dans le potentiel du futur vin.
Technique ancestrale et intuitive, la dégustation de baies est de plus en plus pratiquée par les vignerons et chefs de cave des coopératives ou du négoce.
« Deux semaines avant la date présumée des vendanges, nous commençons à goûter les baies à l’occasion des prélèvements pour le réseau Matu, explique Xavier Muller, président de Mailly Grand Cru. On sait que la maturité phrénologique du raisin n’est pas nécessairement atteinte quand il affiche le degré requis pour la récolte. Il faut quelquefois attendre une maturation supplémentaire pour avoir la qualité optimale et établir le meilleure parcours de cueillette. »
Une méthode pour affiner sa décision de récolte qui tend à se répandre chez les vignerons et les chefs de cave comme ceux d’Union Champagne à Avize, la Goutte d’or à Vertus ou encore la Covama à Château-Thierry.
Lors de ces séances de dégustation, on goûte la pulpe, la pellicule et les pépins pour en évaluer grâce à une grille, la sucrosité, l’acidité, le fruit ou l’astringence. Autant d’informations qui compléteront celles du réseau Matu pour décider quand ouvrir le bal des sécateurs dans ses vignes.
Pour autant selon le Comité Champagne, même si des protocoles sont mis en place, la dégustation de baies est une technique trop subjective pour être étendue à l’ensemble de l’appellation dans le cadre du réseau Matu, et restera donc encore une initiative locale.