Etoges

De belles cartes oenotouristiques dans son jeu

De belles cartes oenotouristiques dans son jeu

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Un château dans la cité

Le château d’Etoges, propriété de la famille Filliette-Neuville depuis plus d’un siècle, est devenu en 1991 un hôtel de charme 4 étoiles et un restaurant à vocation gastronomique. Il accueille de nombreux touristes français et étrangers, tout en s’attachant à développer une vocation d’accueil lors d’anniversaires, de cérémonies familiales ou de mariages. En 2006, l’Orangerie du château a été aménagée afin d’accueillir les nouvelles salles du restaurant et des chambres supplémentaires. L’établissement possède un spa et présente la particularité de proposer une flûte de champagne à ses hôtes avec le buffet du petit déjeuner. « C’est devenu une tradition appréciée », commente Mme Filliette qui s’implique au quotidien dans la gestion de ce château situé au cœur d’Etoges, possédant un joli parc, une cour d’honneur et des fontaines. « C’est un château dans la ville, ce qui est rare », explique sa propriétaire.
Agréablement situé sur une déclivité, cerné de douves alimentées par des sources, le château doit son origine à l’ouvrage bâti au XIIe siècle par Eustache de Conflans et ses successeurs, maréchaux héréditaires de Champagne. Il a subi de nombreuses transformations, au fil des successions, avec l’ajout d’une quatrième tour d’angles et la reconstruction des bâtiments en Y ouvrant de hautes fenêtres. Le château et ses 1500 hectares de terres et de bois, fut acquis en 1718 par le fils du maréchal de Boufflers. C’est alors, dit-on, que fut déplacée l’entrée car le vieux pont-levis s’était effondré sous le poids d’un carrosse lors de l’arrivée de la future reine Marie Leszczynska en 1725, épouse de Louis XV. Le duc de Boufflers fit ouvrir la cour au sud et construire le fort élégant pont actuel, à quatre arches et balustres de pierres. L’édifice, dont le portail, les douves et les façades sont classés au titre des monuments historiques, connaîtra un nombre important de propriétaires. Il a accueilli une foule de personnalités et participe à la notoriété d’Etoges comme le raconte Robert Neuville (1894-1987), membre des Académies de Châlons et Reims, dans deux ouvrages sur la commune : « Quelques notes sur la seigneurie d’Etoges » et  « Les gisants de l’église d’Etoges ».

Un clocher tors et des gisants

Les gisants, dans l’église Saint-Antoine, ont été retrouvés en 1968 lors de la réfection de la dalle et restaurés par Marius Giot, natif d’Etoges.

L’église Saint-Antoine d’Etoges date du XIIe siècle et a été maintes fois remaniée. Elle présente deux singularités : un clocher tors constitué d’une cour carrée, surmontée d’une flèche octogonale fine qui tourne de 1/16° de tour de droite à gauche. « C’est une rareté. Il n’existe qu’une centaine de clochers de ce type en Europe », explique Francis Thomas. Un clocher tors ou clocher flammé est un clocher où la flèche est en spirale, souvent couverte d’ardoise. Certains clochers tors ont été construits pour réaliser une prouesse architecturale. De nos jours, c’est une épreuve que l’on fait passer aux apprentis charpentiers des compagnons du tour de France invités à construire une maquette avec un clocher hélicoïdal.
La seconde curiosité n’est pas banale non plus. La commune d’Etoges, comme l’explique Robert Neuville, a fait procéder, en novembre 1968, au remplacement du carrelage de son église qui se trouvait en très mauvais état. En retirant le vieux carrelage, on retrouva presque à fleur de sol, un superbe lion en albâtre qui ne pouvait provenir que de l’un des monuments funéraires des anciens seigneurs d’Anglure et de leur famille, datant du début du XVIe siècle. Certains ont pu être reconstitués par Marius Giot, natif d’Etoges, qui a réuni les morceaux de puzzles brisés, réparant ce qui pouvait l’être pour rendre vie à des monuments disparus. Deux gisants d’enfants ont été retrouvés intacts. « Après 175 années d’éclipse, liée à la Révolution française, ces monuments vieux de 420 ans font à nouveau la fierté de notre église et nous souhaitons qu’ils soient définitivement à l’abri d’une destruction aveugle », écrit Robert Neuville.