Etude

Avec ce numéro : le questionnaire Univigne

Pourquoi un questionnaire ?

En ouvrant votre journal, vous avez découvert un questionnaire, que vous avez peut-être même déjà reçu via un courriel du Syndicat général des vignerons, ou encore du Comité Champagne. A l’origine de ce questionnaire, c’est un collectif de chercheurs de l’Université de Reims, de l’école Neoma BS et de l’association Villa Bissinger qui s’interrogent sur ce qu’est « un vigneron champenois ». Voici une question qui apporterait certainement une réponse simple : un vigneron cultive sa terre pour faire fructifier la vigne et ainsi produire son vin de Champagne. Or, force est de constater que la réalité du métier de viticulteur, en particulier de Champagne, est plus complexe qu’il n’y paraît, et qu’en seulement quelques décennies il a fortement évolué : l’environnement réglementaire et économique, le statut de la profession, l’emploi et la formation ; les pratiques culturales, les valeurs et les représentations animant chacun de leurs gestes.

A ce premier constat réalisé par cet ensemble de chercheurs, s’est rapidement ajouté celui que peu d’études avaient été réalisées sur le monde viticole champenois. Ou alors de façon privée, confidentielle et peu accessible. Y compris dans les recherches patrimoniales (dites de ‘collecte de mémoire’) menées au sein de la Villa Bissinger. C’est pourquoi cette dernière a lancé un appel en 2014 auquel ont répondu plusieurs chercheurs de différentes disciplines (économie, droit, finance, sociologie, ethnographie, histoire). En 2015, obtenant le partenariat financier de la Région Champagne-Ardenne puis Grand Est, le programme Univigne est officiellement lancé.

Ce projet de recherche indépendant vise donc à mieux connaître le vigneron champenois d’aujourd’hui, observant en particulier la diversité des figures des exploitants viticoles. Ce questionnaire en est une des étapes, permettant de saisir les différents modèles économiques en présence. Dans la dernière année de ce programme se tiendra un colloque (les 23-24 et 25 janvier 2019) où nous inviterons les professionnels à venir échanger avec les chercheurs. Sans prétendre vouloir résoudre les enjeux actuels de la filière, nous savons que tout acte de connaissance est déjà un pas vers la meilleure réponse. Enfin, une publication de nos recherches devra paraître, dans le but de mieux faire connaître du grand public le métier de vigneron.

Aurélie Melin, ethnographe – Villa Bissinger

A propos du questionnaire

Précisons avant toute chose qu’il s’agit d’un questionnaire ANONYME et CONFIDENTIEL. Il s’adresse A TOUS LES VIGNERONS, c’est-à-dire les chefs des exploitations viticoles champenoises, mais aussi toute autre personne impliquée dans la gestion de l’exploitation (conjoint, enfants, etc.). Ainsi, il est possible de remplir plusieurs questionnaires par exploitation. Tous les types d’exploitations sont visés : avec ou sans vinification, avec ou sans commercialisation de champagne, doubles exploitations viticoles et agricoles, etc.

Ce questionnaire correspond à la seconde phase d’une approche économique approfondie du vigneron champenois d’aujourd’hui, qui présente une forte hétérogénéité que reflète mal la catégorisation administrative actuelle. La première phase de notre étude correspondait à une approche qualitative basée sur des entretiens individuels en profondeur de vignerons de tous profils et issus de toutes les sous-régions viticoles champenoises. Ces entretiens se sont déroulés de juin 2016 à décembre 2017. Nous avons ainsi pu dresser une typologie en cinq catégories des vignerons champenois à partir de leur propre approche de leur métier, en lien avec leur modèle économique. Il s’agit à présent à la fois de vérifier, approfondir et quantifier notre typologie, pour déterminer avec précision qui fait quoi, où et comment, et dans quelles proportions ? Les résultats du questionnaire indiqueront également les grandes tendances d’évolution des vignerons champenois et donneront des pistes quant aux probables évolutions à venir et aux modèles économiques les plus prometteurs, dans un contexte économique devenu plus difficile.

Pour une fiabilité optimale des résultats, il est primordial que VOUS SOYEZ LES PLUS NOMBREUX POSSIBLE à retourner ce questionnaire ! (si possible d’ici à mi-mai).

Aurélie Ringeval-Deluze, économiste – Université de Reims Champagne-Ardenne