Expéditions

Nouveau ralentissement en mai

En mai, les expéditions ont reculé de -6,7 % par rapport à 2017. Les trois zones géographiques sont en baisse (surtout le grand export, à -15,4 %) ainsi que les trois catégories de metteurs en marché : maisons, vignerons et coopératives.

De janvier à mai 2018, les expéditions sont en repli de -1,6 % par rapport à la même période en 2017. La première partie de l’année se confirme donc « molle » sur le plan commercial. Le marché français poursuit son recul (-2,2 %), l’Union européenne aussi (-1,8 %) et – fait nouveau – les pays tiers également (-0,5 %) avec, notamment, un ralentissement aux Etats-Unis ainsi qu’en Australie. Les sorties du négoce freinent (-1,5 %), celles des vignerons poursuivent leur dépression (-4,4 %). En revanche, en contradiction avec la tendance morose, les ventes des coopératives sont à la hausse (+2,5 %).

Sur 12 mois à fin mai la Champagne a sorti 305,9 millions de bouteilles (-0,9 % et -2,7 millions de bouteilles par rapport à la même période en 2017). Il semble que ce ralentissement commercial champenois des premiers mois de 2018 s’inscrive dans un contexte économique global subitement plus « mou » après la belle dynamique de 2017.

Les diverses notes de conjoncture récemment publiées font à peu près la même analyse : malgré un début d’année atone, en particulier dans un certain nombre d’économies développées, la croissance globale se consolide enfin et devrait rester encore assez robuste en 2018. Ensuite, il est probable que l’activité décélérera progressivement en 2019 et en 2020.

Pour la Banque de France, la croissance française des prochaines années resterait plus dynamique que celle des années passées, tout en étant inférieure à son pic de 2017 (1,8 % en 2018 ; 1,7 % en 2019 et 1,6 % en 2020). Si elle se confirme, cette croissance permettrait de réduire le taux de chômage. La consommation des ménages devrait rester à court terme sur sa tendance atone, pénalisée par la forte remontée des prix de l’énergie et du tabac ; mais elle pourrait accélérer à partir de la fin d’année et en 2019 à la faveur des mesures fiscales de soutien du pouvoir d’achat.

De manière générale, tout en restant plutôt optimistes, les analystes attirent l’attention des gouvernements sur l’accumulation actuelle des risques qui pourraient remettre en cause la santé de l’économie mondiale : hausse du prix du pétrole, volatilité des marchés financiers, endettement des entreprises, velléités protectionnistes et tentations de guerre commerciale, incertitudes politiques et risques géopolitiques.