SGV - réunions sectorielles

Délivrer des messages et susciter des débats

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Une situation économique passée au scanner

En préambule, Maxime Toubart avait laissé le soin à Corinne Genin, nouvelle directrice générale, de brosser un tableau économique détaillé de la Champagne, mis en perspective avec les grandes évolutions économiques du moment. Il en est clairement ressorti que l’environnement économique est peu favorable aux vignerons même s’il n’est pas question de tout peindre en noir.
Le contexte géopolitique général a de quoi être « traumatisant et anxiogène », avoue-t-elle, avec le lot de surprises que nous a réservé la planète ces derniers mois, comme le Brexit ou le résultat de la présidentielle aux Etats-Unis. Les ventes de champagne ont reculé de 2 % en 2016, année qui est retombée au score de 2014 en volume de bouteilles expédiées. « Le problème est-il conjoncturel ou bien structurel ? La situation est-elle devenue inquiétante », s’interroge-t-elle en dévoilant des graphiques en dents de scie. Une chose est sûre, les vignerons (-2,1 %) et les coopératives (- 3,6 %) ont plus reculé que le négoce (- 1,7 %) l’an passé et compte tenu des reculs et stagnations observés sur les marchés français et européens, il faut aller « faire des conquêtes à l’export », seul terrain d’action encore fléché à la hausse. « L’export vers les pays tiers, les vignerons peuvent s’y préparer en amont avec les services et accompagnements proposés par le Syndicat », rappelle la directrice générale, persuadée qu’il ne faut pas « envoyer les gens au casse-pipe ».

Des idées de sortie de crise

Prix du raisin, valorisation de la bouteille, augmentation des rendements ou encore campagne de communication : autant de points cruciaux pour l’avenir de la filière qui ont émaillé les débats de ces sectorielles, notamment à Grauves le 10 mars devant une assemblée très participative composée d’une douzaine de présidents de sections locales.
« Cela fait dix ans que l’on regarde la courbe des ventes du vignoble s’infléchir sans parvenir à le redresser, il y a une menace de rupture à court terme », a prévenu Maxime Toubart avant de soulever quelques pistes de réflexion.  » Est-ce que le prix élevé du kilo ne décourage pas la manipulation ? C’est une question que l’on doit se poser sans tabou, a affirmé le président du SGV pour qui la baisse du vignoble trouve déjà son origine dans les cessations d’activité des vignerons commerçants plus que dans la chute des ventes en valeur absolue. « Les effervescents progressent partout, si on ne valorise pas assez la bouteille de champagne on s’expose à perdre en image auprès des consommateurs. Et nous avons une carte à jouer : c’est le terroir et la ‘tronche du vigneron’. Les amateurs veulent un grand champagne d’un petit producteur. »
Du coté de la salle, les constats vont dans le même sens : « Vendre du raisin pour faire du bon c’est bien mais si c’est pour faire des bouteilles à moins de dix euros c’est décourageant », a lancé un participant tandis qu’un autre affirmait : « Il faut valoriser c’est la seule façon de s’en sortir, mais pour cela il faut accepter de changer de clientèle en sortant du circuit de proximité traditionnel. » Tous se sont accordés à reconnaître la nécessité d’élaborer une grande campagne de communication nationale sur le champagne du vignoble. « Il faut avoir de l’ambition et surtout savoir la financer », a souligné Maxime Toubart. Autre point sensible, les rendements trop bas de l’avis général. « La politique des rendements des ces dernières années à favorisé la captation des hectares par le négoce qui en a besoin pour ses approvisionnements et ses perspectives de ventes, ce qui pourrait à terme faire peser une menace sur le prix du raisin, a encore expliqué le président. Il faut être vigilant sur les négociations des rendements et ne pas avoir peur, pourquoi pas, de stocker un peu. »