Edito

Cueillir l’optimisme

DSC_7707eLes chiffres des ventes de champagnes des dernières semaines, équivalents, pour la même période, à ceux de 2014, peuvent-être lus de deux manières. Avec pessimisme, en retenant qu’ils ne progressent pas, ou avec optimise, en constatant la fin d’une période de dégradation. C’est l’éternelle question de la flûte à moitié vide ou à moitié pleine. Si les volumes sont comparables, en valeur, le champagne continue de progresser. Et comme je suis un optimiste…
Je le suis aussi concernant la viticulture durable. Et je me félicite de voir la perception et l’intérêt suscité, un an après l’adoption du nouveau référentiel de viticulture durable en Champagne. Je me réjouis de voir les vignerons s’approprier le sujet. Les professionnels montrent leur volonté d’aller dans le sens de l’intérêt général. Ce qui est bon pour la collectivité champenoise est bon pour chaque vigneron. Et les démarches de certification en témoignent : des vignerons entrent dans cette démarche de manière individuelle, tout comme des coopératives mettent en place le processus, pour l’ensemble comme pour chacun des adhérents. Sur ce sujet, comme sur tous les autres, le Syndicat général des vignerons de la Champagne a anticipé les besoins, est allé au-devant des vignerons pour expliquer et a organisé les formations nécessaires. Et le Syndicat est toujours mobilisé pour répondre à toutes les questions. Ce que les vignerons réussissent avec la viticulture durable me satisfait et me rassure. Les Champenois saurons aussi relever les challenges d’avenir. Là encore, ce sujet ne peut que renforcer mon optimisme.
Le rapport d’Icomos, le Conseil international des monuments et des sites, qui a recommandé à l’Unesco, le 15 mai, d’inscrire les Coteaux, Maisons et Caves de Champagne sur la liste du Patrimoine mondial, est un élément constitutif de mon optimisme qui ne peut que faire contagion à toute l’appellation. S’il convient, pour quelques semaines encore, de demeurer vigilant, car seule la décision des ambassadeurs de l’Unesco comptera, je ne peux qu’être confiant quant à l’issue de ce dossier. Nous devons y croire, plus que jamais, et je serai personnellement présent à Bonn, en Allemagne, début juillet, quand le Comité du patrimoine mondial annoncera sa décision. Avant de commencer à discuter sérieusement de la prochaine vendange, croyons tous en nos chances de cueillir d’abord cette magnifique fleur que représente l’inscription au patrimoine de l’humanité, signe évident, absolu, de l’excellence champenoise.