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Architecture et ingénierie, un secteur en plein boom en Champagne

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Aides FranceAgriMer : un effet certain

François Berthoumieux, en charge du Pôle Technique et Environnement du Comité Champagne

François Berthoumieux, en charge du Pôle Technique et Environnement du Comité Champagne

Les aides de FranceAgriMer (programme  2014-2018) visant à « renforcer les entreprises en leur permettant de réaliser les investissements nécessaires à la modernisation de leurs installations et à l’amélioration  de leur compétitivité » ont eu un effet déclencheur chez les vignerons qui avaient des projets et les gardaient dans les cartons. Ces aides portent sur les outils de production, de transformation, de conditionnement ou de stockage. « Cela a mis pas mal de monde sur le pont et c’est intéressant en ce sens qu’il faut faire preuve d’une certaine organisation pour en bénéficier. On a vu ces subventions atteindre 35 % du montant des opérations, ce n’est plus le cas maintenant, mais le dispositif est prolongé en 2017 et cela entretient une dynamique d’investissement volontariste », indique François Berthoumieux, du pôle technique et environnement du CIVC. L’entrepreneur sparnacien Jean-Philippe Ducoin, qui apprécie « l’orientation écologique  » de ces aides, a conseillé nombre de ces clients pour structurer leur dossier afin d’aller au bout, car le  » dispositif est fortement contrôlé jusqu’à la réception du chantier ». « Chez Diec, cela implique un accompagnement du début à la fin, les aides représentant autour de 20 % quand on mixe les volets bâtiment et équipements, ce qui n’est pas négligeable, loin s’en faut ! »

 

Sceneo : que la lumière soit (dans les caves) !

Sceneo combat le gout de lumière grâce aux éclairages à led © Fred Laures

Sceneo combat le gout de lumière grâce aux éclairages à led © Fred Laures

La lumière est l’ennemie du champagne. Cette affirmation un peu abrupte recouvre une réalité : contrairement aux autres vins, le champagne vieillit en bouteille et non en fût. Or ce contenant laisse passer une lumière bleue et des rayons UV qui peuvent donner au breuvage un léger goût que les œnologues ont baptisé « goût de lumière ». Les bouteilles en verre blanc étant les plus exposées à ce type d’altération.
Il existe plusieurs solutions pour empêcher ce phénomène. On peut jouer en particulier sur l’éclairage de la cave. « Depuis une vingtaine d’années on utilise des lampes au sodium basse pression qui émettent une couleur orangée. Mais les fabricants vont arrêter leur production et celles-ci vont disparaître progressivement », explique Vincent Bégny, le gérant de Comptoir de Négoce d’Equipements (CNE) à Reims.
CNE est plus connu du grand public sous son nom commercial de Sceneo, et pour son immense showroom de 1 000 m2 ouvert aussi bien aux particuliers qu’aux professionnels. C’est là, dans une salle entièrement plongée dans le noir, au milieu des 700 luminaires haut de gamme exposés, que Sceneo propose à ses clients de découvrir les toutes dernières innovations technologiques en matière d’éclairage. Et en particulier deux modèles de luminaires tubulaires spécialement conçus pour l’éclairage des caves.

La led c’est l’avenir

Il s’agit de luminaires à led fabriqués par l’entreprise française Sfel, basée à côté de Poitiers. « Cette solution a été testée pendant deux ans dans une cave éclairée jour et nuit, et approuvée par les œnologues », indique Vincent Bégny. Cette lampe a les mêmes vertus que celle au sodium basse pression, mais sans ses inconvénients : elle s’allume et s’éteint instantanément, consomme 22 % d’énergie en moins, est plus puissante et sa durée de vie atteint 50 000 heures. Sa couleur ambre rappelle la couleur orangée du sodium. Le produit se décline également en éclairages linéaires ou flexibles servant aussi bien à éclairer une cave qu’à la décorer.
Commercialisé depuis quelques mois par Sceneo, cet éclairage à led a déjà été adopté par plusieurs vignerons, coopérateurs et négociants : Billecart-Salmon, Bollinger, Louis de Sacy, Cattier et La Vigneronne à Serzy-et-Prin.
Bien implanté dans le monde du champagne, où il a signé dernièrement l’éclairage du nouveau siège de Nicolas Feuillatte, Sceneo vient par ailleurs d’embaucher un ingénieur éclairagiste afin de conforter sa place de leader régional et « d’aller encore plus loin dans la démarche ». Les compétences de ce spécialiste permettront notamment aux clients de disposer d’une simulation de leur futur éclairage, qu’il s’agisse d’illuminer un parc ou une façade par exemple, « sans dépendre d’un fabricant en particulier. »

Carlos Pujol, architecte d’intérieurs

Réalisation de Carlos Pujol pour le Champagne Mouzon

Réalisation de Carlos Pujol pour le Champagne Mouzon

Perché dans son nid d’aigle de la rue du Petit-Four à Reims, Carlos Pujol est l’étoile montante de l’architecture d’intérieur. A moitié espagnol par son père (il est né à Barcelone) et passé par dix années de marketing dans des agences parisiennes avant de revenir à ses premières amours, ce designer de 45 ans s’est fait connaître dans la région en réalisant la décoration de l’hôtel Le Dormeur du Val à Charleville-Mézières. Un projet salué par la critique et qui a bénéficié d’une large couverture médiatique.
Carlos Pujol s’est fait parallèlement un nom dans le monde du champagne en signant l’extraordinaire boutique Trésors de Champagne qui a ouvert ses portes à Reims en 2015, sorte de caverne d’Ali Baba où 27 vignerons exposent leur savoir-faire et la singularité de leurs cuvées respectives. Le Catalan de talent a aussi refait les salons privés de Billecart-Salmon dans une veine classique mâtinée de modernisme.

« Raconter une histoire »

Carlos Pujol

Carlos Pujol

Carlos Pujol a dû se livrer à un tout autre exercice de style pour le compte du champagne Mouzon Leroux & Fils à Verzy. Il s’agissait de transformer une vieille grange utilisée comme débarras en de magnifiques salons de réception. « Le propriétaire voulait quelque chose de joli mais pas d’ostentatoire, de moderne mais conservant le côté ancestral du lieu », explique l’architecte. C’est l’exemple type de ce que je suis susceptible d’apporter aux viticulteurs », à savoir une écoute attentive et une prestation sur mesure.
Artiste caméléon, qui aime à mixer architecture et design, arts graphiques et décoration, épris de matériaux traditionnels comme le bois, la pierre ou la ferronnerie, Carlos Pujol s’efface pour ainsi dire derrière son client, tout en lui apportant bien sûr son regard d’homme de l’art et ses compétences techniques. « Je suis là pour raconter une histoire, mais une histoire qui n’est pas la mienne. Je suis une sorte de traducteur. J’essaie d’interpréter de manière originale et créative l’envie exprimée par la personne que j’ai en face de moi, car tout repose sur les relations humaines Le pire compliment que l’on puisse me faire : on reconnaît bien là votre style ». Tout le travail de l’artiste commence donc par un brief avec le commanditaire, une technique empruntée au monde de la communication dont il est issu.

Partageant son temps entre Reims et Paris, l’architecte aimerait se rapprocher encore davantage de sa région d’adoption et consacrer plus de temps au monde du champagne, où il apprécie la « richesse des échanges ». Carlos Pujol estime que, aiguillonné par la concurrence avec d’autres vins effervescents et par son inscription Unesco, le champagne a tout à gagner à « moderniser et rafraîchir son image. »