Maladie de la vigne

Le dépérissement du vignoble à l’épreuve du terrain

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Avis d’experts : du plant…

Du haut de ses 120 ans, l’entreprise Guillaume affiche un savoir-faire historique qui la place au troisième rang des pépinières viticoles en Europe. « Mon père a fait les toutes premières sélections clonales », se souvient Dominique Collin-Guillaume. Cette technique a permis de produire des raisins très régulièrement et en quantité. Mais plus on sélectionne la race, plus on la fragilise. » Pour faire face aux maladies du bois, l’entreprise a donc décidé de miser sur la lutte biologique. « Nous commercialisons un plant de vigne issu de dix années de recherche. Pendant le cycle de production de ce plant cultivé en plein champs, nous introduisons deux types de champignons : les mycorhizes qui agissent par symbiose et les trichodermas par antagonisme. Ces champignons inoculés mettent le plant de vigne en éveil et le rende capable de lutter contre les toxines fabriquées par les champignons pathogènes. » L’entreprise en a produit deux millions cette année qui seront commercialisés principalement dans des domaines de prestige.

… à la greffe

Spécialiste du greffage, Marc Birebent qui dirige la société WorldVineyards, prêche quant à lui pour le greffage de racinés. « Les deux seules révolutions dans le domaine de la production du matériel végétal ont été la sélection clonale et la mécanisation de la greffe. Or, la mise en œuvre de ces pratiques coïncidence avec la recrudescence des maladies du bois. Malgré tout, ces sujets restent tabous. » Aujourd’hui, 99 % des plants de vigne sont issus de greffés-soudés assemblés mécaniquement avec des sélections clonales. Un constat à déplorer selon lui : « Les greffes mécaniques, notamment celle en oméga, consistent toutes en des coupes transversales brutales qui déchirent les fibres végétales, et ne peuvent permettre des ajustements cambiaux optimaux. Nous disposons désormais de trente années d’expérience qui nous ont permis d’établir des constats solides : qu’il s’agisse de greffage en place, de surgreffage, ou de regreffage (même si ce dernier mérite d’être observé à plus long terme), les greffages à l’œil, et manuels en général, ont des taux d’expression de l’esca dix fois inférieurs à ceux des greffés-soudés mécaniques en oméga. »