Champagne Esterlin

De nouvelles énergies pour redresser la barre

La coopérative de Mancy compte sur une nouvelle équipe de dirigeants, des rapprochements avec d’autres entreprises, une stratégie de valeur pour relancer une activité et des résultats en chute libre. La fidélité et la volonté de ses 203 adhérents seront aussi indispensables pour sortir de la zone rouge.

Eric Potié (au centre), le président de la coopérative de Mancy a annoncé que les futurs recrutements « seront destinés à remettre l’entreprise en marche »

L’exercice n’était pas facile, mais Eric Potié, le président de la coopérative de Mancy (Champagne Esterlin) s’en est tiré avec une certaine aisance. En annonçant une avalanche de mauvaise nouvelles, mais en présentant en face des moyens pour s’en sortir, il a rassuré une partie des 203 adhérents lors de la dernière assemblée organisée à Epernay dans les locaux du Champagne Esterlin. Un nouveau directeur va remplacer Laurent Davesne, dont la coopérative s’est séparée, et par ailleurs un nouveau directeur commercial  très expérimenté devrait donner un nouveau souffle à l’entreprise dont l’objectif est de freiner la chute de ses ventes en baisse de 25%.  Des résultats financiers qui nécessitent de repositionner la marque Esterlin dans une stratégie  de valeur, en abandonnant notamment les circuits de la grande distribution.
« Cette nouvelle équipe aura une obligation de remettre l’entreprise en ordre de marche », a commenté Eric Potié qui a annoncé, en outre, un rapprochement avec la coopérative de Vinay, et la création d’une société commune présidée par Jacques Oudart. Le président de la coopérative de Mancy met en pratique les préconisations qu’il défend en tant que président de la Fédération des coopératives vinicoles de Champagne. En l’occurrence s’unir pour réduire les coûts, mutualiser certains moyens, acheter du matériel en commun et créer de nouvelles synergies. Au rang des nouveautés figurent aussi le recrutement d’Isabelle Pannier comme responsable des relations avec le vignoble. « Son rôle sera de vous accompagner, de vous conseiller pour participer au développement de la coopérative. » La coopérative de Mancy va, en outre, davantage s’adosser sur le Centre vinicole-Champagne Nicolas Feuillatte dont la présidente, Véronique Blin, a salué cette volonté. « Nous sommes dans une période charnière. Vous prenez bien votre destin en main dans une période où il est si difficile de faire des prévisions. C’est un partenariat gagnant-gagnant », a-telle souligné.

Des signes encourageants

Christine Fort, expert-comptable à l’AG2C, a présenté le bilan et les comptes de la coopérative de Mancy avec un déficit de 520 720, 62 euros, une activité commerciale en baisse de 23% et un chiffre d’affaires en chute de 326 000 euros.  Cette cavalcade de mauvais chiffres sont à mettre sur le compte d’erreurs de gestion dont la perte d’un énorme client, Système U, et d’une mauvaise  médiatisation qui collent encore à la peau de la coopérative. « Les articles négatifs dont il est question apparaissent en premier dans les moteurs de recherches sur internet. Nous sommes parvenus à en faire disparaître une partie en France mais pas à l’étranger », a reconnu Eric Potié.
Il existe cependant des raisons d’espérer. Le succès de la cuvée « Eclat », l’obtention de la certification ISO 22 000, mais surtout la confiance des adhérents  dans leur coopérative sont des points positifs. Christian Jojot, le secrétaire général de la Fédération des coopératives vinicoles, a estimé « qu’il y avait une grosse bataille à mener à l’export. Il faut redynamiser les ventes des récoltants-manipulants et des coopératives face aux élaborateurs de vins effervescents, sur le terrain de l’excellence». Selon lui, « la restructuration des coopératives est nécessaire. Elle passe par des synergies entre coopératives, voire des fusions. » La fédération a mis aux services des coops des « boîtes à outils » pour les aider à valoriser leurs propres bouteilles et fidéliser leurs adhérents.
Maxime Toubart, président du Syndicat général des vignerons, a reconnu « que la pluralité et la diversité des hommes et des femmes engendrait parfois de la complexité. Mais elle peut-être une force à condition de maintenir notre unité. Ce qui demande du temps et de l’énergie. »