1952

L’interprofession est mise à l’épreuve

L’interprofession est mise à l’épreuve

René Chailloux, Président de l'Union des syndicats du Commerce en 1952, est au micro. Photo : Collection Comité Champagne

Vous devez vous connecter à l'aide de votre identifiant et de votre mot de passe d'abonné
au magazine La Champagne Viticole pour accéder à ce contenu.
Votre identifiant et votre mot de passe vous ont été communiqués par e-mail lors de l'activation de votre abonnement à lachampagneviticole.fr.




Lost your password?

Viticulture durable en Champagne ?

En août 1952, le représentant des jeunes vignerons, Robert Barbier, rédige une tribune libre qui atteste de l’esprit déjà critique du groupe des jeunes sur les problématiques environnementales.

 » Chaque année le Commerce nous vend de nouveaux insecticides, toujours plus puissants, et pourtant il ne semble pas que le nombre de vers de la grappe diminue. Nous livrant à cette constatation en tant que praticiens, nous nous demandons jusqu’où nous mènera cette lutte et si les inconvénients que présentent ces poisons ne seront pas pires que leur efficacité. On détruit nombre de chenilles avec le DDT mais on tue en même temps les parasites des araignées rouges, réfractaires à l’action du DDT et on permet ainsi la pullulation de ces dernières […]. Le nombre inaccoutumé de cochenilles ne résulte-t-il pas de ce que leurs parasites ont été, eux aussi, tués par des produits auxquels résiste la cochenille ? […] Nous convenons que nous ne pouvons cesser la lutte sous peine de voir anéantir notre vendange. Peut-être toutefois faudrait-il rechercher les meilleures méthodes d’application des insecticides existants plutôt que de demander à la chimie des produits encore plus puissants. Il y a un autre aspect à la question. Si nous appliquons la chimie toujours plus avant ne risquons-nous pas d’introduire dans les vins des éléments qui ne se révéleront ni à l’analyse ni à la dégustation mais qui n’en auront pas moins un mauvais effet sur le travail du vin ou même sur la santé du consommateur ? Les maux dont souffre notre siècle ne sont-ils pas un peu la conséquence de cette chimie appliquée à toute notre alimentation, tels que les engrais et les hormones par exemple ? Il serait temps, croyons nous, de ne plus avancer qu’avec prudence sur cette route de la chimie et si nous nous exprimons ainsi c’est parce que nous sommes jeunes et que jugeant cette route très dangereuse nous ne voudrions pas qu’un excès de vitesse nous fit culbuter avant terme. »