Dégustation

Les bulles des vignerons à la foire de Châlons

Les bulles des vignerons à la foire de Châlons

Franck Wolfert, formateur à la dégustation, fera à nouveau découvrir aux visiteurs la diversité des champagnes de vignerons.

Carton plein pour les ateliers de dégustation organisés par le SGV et l’Office du tourisme du Grand Reims qui a réuni lors de la Foire de Châlons près de 200 amateurs de bulles sous la houlette de Franck Wolfert, qui développe une pédagogie très efficace pour appréhender le vin.

Pour cette édition de la Foire de Châlons, le Syndicat général des vignerons avait choisi de mettre à l’honneur les Champagnes de Vignerons en organisant cinq ateliers thématiques ouverts gratuitement à tous les visiteurs sur le stand « Reims, terre d’effervescences ». Au programme : le Blanc de Blancs, le Blanc de Noirs, le champagne rosé, le champagne boisé et le champagne millésimé avec à chaque fois quatre vins à déguster.
Une pédagogie simple et très efficace basée sur le plaisir des sens développée par Franck Wolfert qui a créé la société Vins et Atmosphère spécialisée dans la formation à la dégustation. « J’estime que l’apprentissage du vin doit se faire verre en main en guidant le public vers des analyses sensitives simples au départ et qui se complexifient par la suite. Bien souvent, on assiste à des dégustations qui débutent par de longues explications théoriques sur le terroir, les assemblages, les cépages ou les dosages, la dégustation proprement dite arrivant comme une récompense à la fin de la présentation. Il me semble plus intéressant et pertinent de délivrer un savoir à partir d’une réalité sensorielle, en goûtant le vin donc », explique Franck Wolfert.
C’est donc flûte en main que les visiteurs des ateliers se sont laissés guider par le formateur pour évaluer les nuances de robe des différents vins, les premiers arômes et ceux du second nez, l’acidité en bouche liée à la salivation ou encore la fraîcheur, la minéralité et les différentes saveurs ressenties. Franck Wolfert échange constamment avec son public pour l’amener à formaliser ses sensations. Il évoque des arômes liés aux saisons avant de rentrer dans une analyse plus fine sur les aspects floraux ou fruités tout en distillant des informations sur les cépages, les assemblages ou même la fermentation malolactique.
« Pour apprendre le vin il se faut poser des questions fermées. Non pas ‘quels sont les arômes ?’, question qui perdrait d’emblée le public, mais ‘si vous pensez que l’arôme est celui d’un fruit, quel est ce fruit ?’ et procéder par élimination, explique-t-il. On avance ainsi jusqu’à des notions de plus en plus fines sans pression et toujours avec le plaisir du goût et celui de pouvoir nommer les choses. »
Selon lui, une dégustation pointue de champagne réclame une cinquantaine de descripteurs (floral,fruité, minéral, oxydé…) avec une dizaine de vocables associés. Mais une dégustation grand public ne requiert qu’une dizaine de descripteurs avec cinq vocables au maximum. « Quand on évoque les arômes d’une saison pour un champagne, on va décliner par exemple les fruits associés à cette saison et en dénombrer deux ou trois, pareil pour l’aspect floral ou la rondeur. En sollicitant les sens et en invitant le public a formuler ses impressions, on obtient une dégustation plus authentique qui marque la mémoire de façon plus durable. »