Domptin, Bézu-le-Guéry, Montreuil-aux Lions

Une porte d’entrée discrète sur l’appellation Champagne

Une porte d’entrée discrète sur l’appellation Champagne
Tout le monde connaît le péage de Montreuil-aux-Lions sur l’A4. On y passe souvent sans jamais s’arrêter pour tracer vite la route. En venant de Paris, la sortie invite pourtant à découvrir plusieurs petites communes viticoles qui forment une sorte de chapelet discret et charmant.

 

Qui y-a-il de commun entre Domptin, Bézu-le-Guéry et Montreuil-aux Lions. Le cépage meunier y est largement dominant. Mais encore ? Regardez attentivement une carte routière et vous découvrirez que ces trois petits villages viticoles se situent à proximité de la sortie Montreuil-aux-Lions de l’autoroute A4. « On ne peut pas dire que le poids économique de la viticulture soit important à Montreuil-aux-Lions avec ses 18 hectares plantés. Mais je reconnais que pour les automobilistes qui viennent de Paris par la Vallée de la Marne, le péage est une excellente porte d’entrée sur l’appellation champagne », commente Olivier Devron, le maire de la commune, la plus importante des trois en nombre d’habitants. La population est en résidence principale en majeure partie. Et elle est très mouvante. Le village ne compte qu’un exploitant qui vend des bouteilles, à deux pas de l’église. Le reste du vignoble est exploité par des vignerons des communes voisines et des maisons de négoce. « Mais la cité rappelle son ancrage champenois avec une fresque, juste en face de la mairie. Elle met la vigne en valeur », souligne l’édile qui est par ailleurs membre du conseil d’administration de la Mission Coteaux Maisons et Caves de Champagne. « Même s’il est petit, le vignoble de Montreuil-aux-Lions est bien exposé. Les vignes ont été regroupées dans un secteur où les chemins sont bien aménagés grâce aux cailloux qui restaient de la construction de la ligne TGV. »

Des populations en forte augmentation

La commune viticole de Domptin est dominée par le meunier

Situation différente à Domptin, avec ses 67 hectares plantés. « Nous travaillons en étroite collaboration avec Bézu-le-Guéry et Villiers, qui se situent dans un mouchoir de poche », explique Christophe Lemoine, président de la section locale du SGV de Domptin. « Cela nous permet d’être au cœur des attentes des vignerons qui ont parfois des problématiques très différentes. Nous organisons une rencontre d’échanges une fois par an. » Domptin compte une petite dizaine de vignerons à plein temps, deux pressoirs, des coopérateurs qui livrent à la Cogevi, à la Covama et au Centre vinicole-Champagne Nicolas Feuillatte. « La proximité humaine entre les vignerons de Domptin et Bézu-le-Guéry est d’autant plus grande que de nombreux vignerons ont des parcelles dans les deux communes. Elles sont plantées sur un fond d’argile dur. Mais on observe une grande variété dans la maturation, de débourrement et le départ de la fleur », poursuit Christophe Lemoine.
A Domptin, l’essor de la vigne remonte aux années 70. « Il devait y avoir cinq hectares plantés. Nous en sommes à 67. » Depuis 40 ans la vigne est devenue prépondérante dans ce village qui était autrefois dominé par la polyculture et l’élevage. La coopérative de Domptin date des années 50. Elle a été construite sur une base militaire formée en demi-cercle. « Les vignerons ont récupéré les bâtiments pour en faire un pressoir. » La coopérative a beaucoup investi, elle a installé deux pressoirs horizontaux et un troisième centre de pressurage a été créé dans les années 1980.
La commune est coquette. Elle offre de jolis panoramas prisés par une population qui ne cesse d’augmenter. « Nous sommes passés de 250 habitants en 1975 à 665 aujourd’hui. Principalement des urbains actifs qui viennent chercher de la tranquillité, près du bassin d’emploi de la région parisienne. » Domptin n’a pas joué la carte des lotissements pour s’agrandir. De nombreuses maisons ont été rénovées et d’autres construites. L’école, qui tournait au ralenti, a retrouvé de nouvelles couleurs et accueille aujourd’hui une centaine d’enfants. « Nous bénéficions de la proximité commerciale de Charly-sur-Marne où nous trouvons de nombreux services. »
Bref, Domptinois et Domptinoises vivent en parfaite harmonie dans ce secteur légèrement à l’écart de la Vallée de la Marne où le temps semble comme suspendu.

Repères 

– Surfaces plantées : 110 hectares
– Chardonnay : 5 hectares
– Meunier : 91 hectares
– Pinot noir : 14 hectares
– Nombre de déclarants : 44
– Nombre d’habitants : 2304 habitants
(Ces chiffres représentent le total des 3 communes)
(Sources : Comité Champagne)

Bézu-le-Guéry : ancienne terre de seigneurs

Des efforts d’embellissement pour Bézu-le-Guéry.

Bézu-le-Guéry était autrefois une vicomté, les seigneurs y étaient nombreux. Le dernier en date, De Forget, fut capitaine des fauconniers. Plus tard le comte de Boisrouvraye, capitaine de la chevalerie représente la région aux Etats Généraux. Le 10 juillet 1790, il siège à l’assemblée constituante. La chute de la monarchie le conduira à fuir. Il mourra en exil en 1800. La comtesse revient habiter le château de Villiers, proche de Bézu-le-Guéry, qui sera sauvé du désastre, alors que celui de Champvercy fut abandonné et détruit.
Le village n’a pas souffert des bombardements durant la Première Guerre mondiale. Il y eu tout de même des escarmouches au début de 1914 entre les Britanniques et les arrière-gardes de l’armée allemande en retraite après la bataille de la Marne. Mais le village fut pillé par l’occupant puis occupé par les troupes françaises, puis la 2e division américaine qui occupèrent successivement les bois et les grandes fermes de La Longue, Larget et Ventelet.
Le meunier est roi à Bézu-le-Guéry avec 23 hectares plantés. « Un premier pressoir privé a été créé en 2015. Il appartient à un exploitant qui presse pour son propre compte, commente Olivier Péricart, le président de la section locale du SGV. La commune compte surtout de nombreux coopérateurs et des vendeurs au kilo. » Le vignoble est divisé en deux secteurs avec une exposition sud-sud-ouest favorable. « Le secteur est plutôt tardif mais se rapproche de la maturité des autres communes. »
Les vignerons locaux ont conduit plusieurs actions récemment. Dont l’aménagement de parcelles le long d’une voirie et la création d’une bande enherbée de cinq mètres pour sécuriser les manœuvres et retenir la terre. Selon Olivier Péricart, la proximité du péage n’a guère de retombées sur le vignoble même si des efforts d’embellissement de la commune ont été réalisés comme en témoigne la création d’une décoration sur le thème de la vigne dans le centre du village. Elle est renouvelée au fil des saisons par des bénévoles du village. « Nous faisons quand même partie des premiers vignobles de la Champagne en arrivant de Paris, souligne le président de la section locale du SGV. Le village a longtemps été connu grâce à Jean-Pierre Coffe qui y a vécu avant de faire de la radio et de la télévision. »