Tradition

Jeeper renoue avec la récolte pied par pied

Jeeper renoue avec la récolte pied par pied

La récolte pied par pied : un travail expérimental d’une grande minutie

Déjà couronnée pour sa démarche qualité, la maison Jeeper a expérimenté dans trois hectares une récolte pied par pied réalisée pour étudier l’incidence de la quantité et de la qualité des raisins sur l’excellence du champagne. Un travail de fourmi organisé sur les trois principaux cépages.

Les automobilistes qui circulaient entre Les Mesneux et Villedommange le mercredi 13 septembre se sont frotté les yeux, une étrange méthode de cueillette était à l’oeuvre dans les vignes de la maison Jeeper. Quatorze vendangeurs s’appliquaient à cueillir pied par pied trois hectares de ce domaine basé à Faverolles-et-Coëmy. « Je voulais aller plus loin dans la démarche qualité dans laquelle nous sommes engagés et qui nous a valu déjà la meilleure note de la région Champagne pour la certification HVE et la certification viticulture durable », commente Nicolas Dubois, le dirigeant de la marque. L’expérimentation valait le détour et les médias ne s’y sont pas trompés. Il y a eu foule de journalistes, d’appareils photo et de caméras dans les différentes parcelles de chardonnay, pinot noir et meunier !

Nicolas Dubois, à la tête de la maison Jeeper est engagé dans « une nouvelle recherche de l’excellence ».

Première surprise : la taille et la forme des caisses. Les cagettes traditionnelles de 50 kilos avaient été remplacées par un matériel très allégé : des caissettes qui servent généralement à la récolte de fruits, au maraîchage ou au transport de produits pharmaceutiques. Nicolas Dubois en avait loué plusieurs centaines de couleur verte du plus bel effet et légères comme des plumes. Objectif de l’opération : remplir chacune d’elles des raisins d’un seul pied afin de tirer le nec plus ultra de la cueillette. Certaines ne comptaient que quelques grappes, environ 300 grammes, jusqu’à 2, 5 kg, témoignant de la rigueur de la sélection et du respect des règles imposées dans cette expérience de retour des vendanges à l’ancienne. « Le classement des récoltes au poids, par caisses de 1 kilo, de 2 kilos et de plus de 2 kilos permet une vinification séparée. Il nous fournit de nombreux renseignements sur l’incidence de la quantité et la qualité des raisins sur la qualité du champagne », souligne Nicolas Dubois.

L’hyper sélection

Cette méthode inédite et exclusive présente d’autres avantages. « Elle nous conduit à comprendre l’impact des modes de récolte, loin de celles tournées vers la quête du volume où 30 ceps sont mélangés dans des caisses de 45 à 50 kilos. Nous attendons avec cette expérimentation une qualité supplémentaire sur nos prochaines cuvées. »
L’expérience représente un investissement qui n’est pas neutre pour la maison. Davantage de coupeurs, un personnel d’encadrement conséquent et des marcs de 2000 kg dans le petit pressoir de Faverolles-et-Coëmy où se trouvaient d’autres personnes pour vérifier la qualité du tri. « Il ne faut pas oublier que dans les parcelles de Pape Clément il y a cinq passages des vendangeurs », rappelle Nicolas Dubois qui avait déjà réalisé le test de levures « maison » en 2016 sur de plus petits volumes.