Conseil et formation

Le cabinet Vinelyss agit auprès des viticulteurs

Le cabinet Vinelyss agit auprès des viticulteurs
Romain Lefevre a créé depuis sept ans maintenant le cabinet Vinelyss, spécialisé dans le conseil, l’expertise et la formation auprès des acteurs du monde viticole. Si le cabinet est récent, il s’est monté une clientèle qui reste fidèle aux prestations proposées.

Originaire de Dizy, Romain Lefevre n’a pas quitté longtemps sa terre natale pour monter son business. BTS de viticulture et diplôme national d’oenologue promotion 2008 en poche, le jeune homme est parti pendant deux ans en Alsace pour effectuer des missions d’enseignement ainsi que de conseil en œnologie. A son retour, il est embauché dans le cabinet d’expertise et de conseil d’Alain Gustin pour renforcer l’équipe et suivre les missions d’expertise dans les domaines de la sécurité alimentaire, de la viticulture et de l’oenologie. Il se forme alors aux pratiques juridiques, au code de l’assurance et du droit rural. Puis en 2011 c’est le grand saut. Parti à la retraite, Alain Gustin lui cède sa clientèle et Romain décide de lancer sa propre affaire, le cabinet Vinelyss, spécialisé dans le conseil, l’expertise et la formation.
 » L’expertise représente 40 % de mon activité, précise Romain Lefevre. La plupart du temps, il s’agit de litiges liés à l’activité viticole, que ce soit pour des dommages suite à des aléas climatiques, de l’expertise judiciaire ou bien des dommages sur biens, comme des machines en panne, des problèmes de pressoir. Mais j’ai aussi les cas de litiges entre voisins ou bien entre exploitants et prestataires. » Et il y a de quoi faire. Mandaté par plusieurs compagnies d’assurances, le cabinet reçoit les dossiers à traiter, de la simple à la double expertise. « Depuis trois ans, nous avons pas mal d’expertises à mener, à titre privé cette fois. Ce sont des analyses physiques et chimiques dans des dossiers techniques, à effectuer sur des bouteilles qui proviennent d’un peu partout, que ce soit des clairettes de Die ou du crémant de Bordeaux. »
De l’expertise privée au conseil et à la formation, il n’y a parfois qu’un pas, que Romain Lefevre a franchi pour devenir centre de formation agréé depuis 2012. Avec une vingtaine de formations dispensées par an, le cabinet s’est tourné en toute logique vers les sujets propres à la vigne. Obtention du certificat individuel de produits phytopharmaceutiques, modules sur la viticulture durable, en partenariat avec le Comité Champagne, points techniques spécifiques sur la vinification en fût, la vinification parcellaire, sur la sécurité et la traçabilité alimentaire, la sécurité au travail ou la gestion des effluents sont les points majeurs abordés par le cabinet. « Je travaille en collaboration avec Jonathan Blin, qui possède sa propre entreprise en études d’assainissement et de gestion de l’eau, Hydrolia (sur Epernay et à Livarot en Normandie). Nous assumons notamment ensemble les formations sur les produits phytosanitaires, avec le déplacement des stagiaires sur une aire de lavage et les préconisations à respecter sur place : l’importance du ‘phyto-bac’ ou ‘bio-bac’ avec la paille qui se mélange à la terre pour entraîner une bio-dégradation naturelle, l’importance des équipements individuels de protection (EPI) et les comportements à privilégier sur ces zones pour laver les équipements en toute sécurité, à la fois pour soi et pour l’environnement. » Hormis ces points très techniques sur les fondamentaux du métier de viticulteur, le cabinet dispense également des formations-dégustations pour se familiariser avec les typicités des différents cépages et apprécier toute la saveur des bulles.

Une envie d’identité plus profonde

Vinelyss propose également des prestations de conseil, notamment sur le suivi du travail des parcelles de vignes : « J’ai une trentaine de clients qui me font confiance sur le sujet. Cela veut dire que nous nous rendons chaque semaine dans leurs parcelles pour en étudier l’évolution, que je consigne au final dans un ‘bulletin technique’ (suivi sanitaire, intensité et fréquence des maladies) envoyé aux adhérents. L’idée est de pouvoir accompagner l’exploitant dans le traitement des vignes : fréquence, conseils en matières actives à employer, mélanges interdits, conseils sur la climatologie, etc. » L’année 2016 fut particulière exigeante en la matière : « La saison fut hors norme, avec de nombreuses catastrophes pour les exploitants », poursuit le professionnel. L’année 2017 est un peu plus calme. »
Malgré le stress des années noires, l’expert avoue avoir un faible pour ce travail sur les parcelles qu’il trouve passionnant : « J’aimerais pouvoir davantage me consacrer à la vinification parcellaire, qui permet au terroir de s’exprimer. Il s’agit de voir comment l’empreinte du terroir interagit sur le produit final. Cette approche organoleptique des vignes avec l’importance de la géologie, du climat, de la vinification, l’âge de la parcelle, la nature du cépage et du porte-greffe, forment le fil conducteur de l’enquête à mener. Après des années d’un marketing intensif qui a fini par uniformiser l’ensemble de l’offre du champagne, nous revenons à une envie d’identité plus profonde. 30 % des vignerons commencent à s’y intéresser. L’assemblage est alors plus fin avec la mention du lieu-dit sur la cuvée. La maison Jacquesson le fait depuis un moment et cela leur réussit bien. »

 

Expertise et conseil pour un nouveau chai… belge

Hendrik Coysman a travaillé pendant 24 ans dans le merchandising des albums des Schtroumpfs ! Dans l’univers des bulles il a décidé de rester, mais cette fois, sous l’angle de la fabrication de vins mousseux, en se lançant, il y a six ans, dans la plantation de pieds de vignes de chardonnay et de pinot noir au sein du village de Gooik, à 20 kilomètres de Bruxelles. En rachetant un ancien corps de ferme de 1000 m2 dans son village, l’entrepreneur belge y voit l’occasion de confectionner ses bouteilles maison : « J’en suis à l’heure actuelle à 7000 bouteilles produites, encore non commercialisées. Nous dégorgeons les premières bouteilles et les retours de mon entourage sont très positifs. Je me suis adressé au cabinet Vinelyss pour recevoir des conseils sur la manière d’organiser le flux de production dans le chai que je suis en train de bâtir. » L’idée est bien pour Hendrik Coysman de rafraîchir ses bâtiments sans les dénaturer tout en intégrant l’ensemble des moyens de production nécessaires à sa nouvelle activité de vigneron. « Je cherche à être en ligne avec les normes, à gérer le flux des marchandises au mieux. Ce que j’attends du cabinet ? Des conseils sur la disposition des machines, sur la façon d’organiser les étapes de production, sur le nettoyage, bref… sur tous les aspects importants de la production. »

 

Nicolas Gueusquin : la fidélité de l’un des premiers clients

Nicolas Gueusquin connaît Romain Lefevre depuis une dizaine d’années maintenant. D’abord par l’intermédiaire d’Alain Gustin afin de se lancer dans l’obtention du label HACCP pour l’hygiène des denrées alimentaires (Hazard Analysis Critical Control Point) en 2006 : « Il y avait un certain nombre de protocoles à respecter et de personnes à contacter, explique le chef d’entreprise. Romain nous a aidés dans la démarche. Puis nous avons poursuivi notre collaboration dans le domaine de la sécurité alimentaire et de la qualité, pour acquérir cette fois le très prisé label IFS (International Food Standard) que nous avons obtenu en décembre 2015. Six maisons de champagne et coopératives seulement possèdent cette certification ! »
Pour autant la collaboration ne s’est pas arrêtée aux portes de l’IFS. Elle s’est poursuivie en 2016 avec l’acquisition pour l’entreprise d’une nouvelle cuverie à Oiry. « J’ai demandé au cabinet de donner un coup de main à l’architecte pour respecter les normes d’un site classé et satisfaire aux règles de l’appellation. »