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Les vignerons mettent en valeur l’appellation à Vinexpo New York

Les vignerons mettent en valeur l’appellation à Vinexpo New York

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Le marché US : indispensable mais complexe

Les Etats-Unis représentent le premier marché consommateur de vins au monde et le premier importateur. L’Italie puis la France se partagent le podium des importations de vins aux USA. En l’occurrence, l’exportation de champagne a fait l’objet en 2017 d’une augmentation de 5,9 % pour atteindre les 23 millions de bouteilles. Les grands noms des maisons de champagne ont totalisé 17 millions de bouteilles expédiées et les récoltants un peu plus d’un million.

« Si le champagne reste un produit de prestige apprécié des américains, il subit la concurrence du Prosecco qui explose depuis 4 ans en touchant une cible jeune », rapporte Fabrice Mauge, de l’agence commerciale Wine Up qui accompagne les vignerons à l’export. « Le champagne fait partie des produits d’exception qui font l’objet d’un positionnement plus exclusif. Les consommateurs ne regardent pas le prix pour s’offrir la dégustation d’un vin inédit qui change de ce qu’ils ont l’habitude de boire. » Aussi les notions de premier cru, d’assemblages particuliers, de production artisanale ou de terroir reçoivent-elles un bon accueil aux USA qui apprécient de trouver de nouvelles pépites. Pour autant, pénétrer le marché est complexe. Le pays fait valoir la nécessité de passer par trois intermédiaires pour la distribution des produits : l’importateur, le distributeur (grossiste) et le détaillant (restaurateur). Une nouvelle règle est néanmoins admise depuis peu, celle du « clearing » qui permet aux cavistes et chaînes de cavistes de passer par un « clearer » qui se substitue alors aux importateurs et distributeurs pour importer et distribuer directement les produits de consommation.

Wine Origins Alliance : la défense de l’appellation aux USA et dans le monde

Initiée en 2005 notamment par la Champagne et la région viticole américaine de Napa Valley, le mouvement Wine origins alliance défend, comme son nom l’indique, la mention de l’appellation et de l’origine des vins. Depuis 2005, l’alliance rassemble à sa cause 23 membres (Barossa, Bordeaux, Chablis, Chianti, Porto, Tokaj…) et continue à mettre en place des actions pour faire infléchir notamment les règles établies aux USA qui autorisent les producteurs à apposer des appellations d’origine de manière non justifiée. Forts d’une récente enquête menée auprès d’un panel de consommateurs américains, les membres de l’alliance ont profité du salon Vinexpo pour en dévoiler les résultats et sensibiliser le public. 79 % des consommateurs américains interrogés considèrent la mention de la région d’origine du vin comme un facteur très important au moment de l’achat de la bouteille. 70 % pensent qu’ils sont trompés lorsqu’il y a utilisation abusive d’une appellation sur la bouteille et que ces mêmes pratiques peuvent se retourner contre les appellations d’origine américaines qui en font aussi les frais à l’étranger. « Ces résultats nous confortent dans nos actions », argumente Vincent Perrin, directeur du Comité Champagne. « Je suis convaincu que l’industrie américaine va comprendre l’intérêt à tourner la page sur ces utilisations abusives d’appellation. Ces démarches agissent aussi dans l’intérêt des vins américains qui s’exportent. » Les membres de l’alliance ont d’ailleurs passé une journée à Washington pour aller à la rencontre des membres du Congrès et du Sénat afin de proposer à la signature une résolution portant sur la reconnaissance de l’AVA (American Viticulture Areas ou appellation d’origine rattachée à des régions viticoles. « Nous attendons une cinquantaine de signatures, ce qui serait pour nous un signal politique fort », poursuit Vincent Perrin. « Nous avons reçu un écho très positif de la part des sénateurs américains qui se sont montrés sensibles à notre démarche, en tant que vraie défense de la qualité des produits », reprend Maxime Toubart, président du SGV.

« Toujours à Washington nous avons également pu échanger avec cinq représentants de la chambre de commerce et de diverses organisations du ministère de l’Agriculture et de la protection intellectuelle. Il est évident que ces derniers ont un avis qui pèse très lourd », enchérit le Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne.

Des démarches supplémentaires qui s’inscrivent dans la continuité de toutes celles déjà conduites et qui ont porté leurs fruits, comme celle du combat juridique engagé contre la société américaine Donuts pour l’attribution des extensions web .wine et .vin qui resteront sous le contrôle de la profession.