Association des champagnes biologiques

Progression continue du bio en Champagne

Progression continue du bio en Champagne

Juste après l’assemblée générale, les membres de l’ACB ont débattu en conclave autour de leur président Pascal Doquet sur les grandes questions du moment et les stratégies à adopter.

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La réévaluation (à la baisse) du cuivre en AB au cœur des débats

Le cuivre, oligo-élément utilisé pour lutter contre des champignons et bactéries, aurait-il du plomb dans l’aile ? C’est une crainte clairement émise par les viticulteurs bio au regard d’une évolution en cours de la réglementation européenne en la matière, qui ne va pas du tout dans le bon sens pour eux.

Lors de l’assemblée générale de l’ACB, Sylvia Ribeiro, de l’Opaba (Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace) est montée au créneau sur ce sujet qui hérisse et interroge, car il peut devenir un frein au développement du bio, voire entraîner « une dévaluation les années marquées par une baisse quantitative de production ». Alors même que le gouvernement français dans son dernier plan d’actions (présenté le 25 avril 2018) destiné à « réduire la dépendance de l’agriculture aux produits phytopharmaceutiques » prônait « l’interdiction des substances les plus dangereuses » et suggérait « le développement des alternatives, au premier rang desquelles l’agriculture biologique », rappelle la Fnab dans un communiqué visant à alerter sur les problèmes induits et à demander à la France de faire preuve de « cohérence » sur ce dossier.

La nouvelle chargée de mission viticulture bio en Grand Est a d’abord rappelé le contexte : « La réglementation européenne actuelle de l’AB prévoit une utilisation du cuivre à hauteur de 30 kg/ha sur cinq ans, soit 6kg/ha/an, lissé sur 5 ans. Il n’existe pas aujourd’hui de limite à son utilisation en agriculture conventionnelle. » Puis, elle a abordé le processus engagé : « Aujourd’hui, nous sommes entrés dans la phase finale de réévaluation du cuivre, non pas dans le cadre de la réglementation bio, mais dans le cadre de la réglementation générale des produits phytosanitaires en Europe, ces derniers étant réévalués tous les sept ans. Dans ce processus c’est l’Agence européenne de sécurité alimentaire (Efsa) qui doit donner un avis sur la matière active. L’Agence s’est appuyée sur des rapports de l’Anses en France et de l’Uba en Allemagne qui ont fait une synthèse des études scientifiques existantes. Début 2018, l’Efsa a rendu des rapports clairement négatifs par rapport au cuivre, soulignant les risques pour les vertébrés, insectes, oiseaux, vers de terre, faune aquatique et pour l’homme. » Pour sa part, l’Anses a esquisser une piste pour « limiter les risques » en évoquant un « usage limité à 4 kg/ha/an, sans lissage selon les conditions climatiques. »

Or, pour la Fnab, « les méthodes d’évaluation du cuivre, de sa toxicité, ne sont ni claires ni adaptées à la substance ». Elle demande « une ré-homologation de la substance pour la durée (normale) de sept ans », ce qui donnera du temps pour réaliser des études et des suivis en vue « d’obtenir des évaluations claires sur le cuivre ». Pour ce faire, les responsables de la fédération nationale ont multiplié les rencontres avec l’Anses et le ministère de la Transition écologique. Ils ont été accompagnés dans leurs démarches par le MABD, la FNSEA, des syndicats de Vignerons Indépendants et de nombreuses autres associations. « La protection de l’environnement est la clé de voûte de nos métiers, réduire au maximum la dépendance à toute forme d’intrants, même naturels, est notre leitmotiv. La seule bonne façon de baisser les usages du cuivre, c’est d’accompagner les producteurs et productrices dans l’amélioration des pratiques et d’investir dans la recherche avant de durcir la réglementation », insiste Jacques Carroget, vigneron bio et secrétaire national viticulture, dans le communiqué du réseau FNAB.