Accord interprofessionnel

« Trois propositions qualité pour négocier »

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Quels critères définissent un raisin de qualité ?

David Gaudinat.

Jean-Michel Lamoureux.

Alexandre Rat.

David Gaudinat, Jean-Michel Lamoureux et Alexandre Rat, membres du groupe de travail « qualité », répondent à cette question primordiale.

David Gaudinat : C’est un raisin qui est apte à faire du bon vin ! Du raisin à la hauteur du vin que nous produisons, en rassemblant toutes les caractéristiques de maturité et d’état sanitaire.

Jean-Michel Lamoureux : Mûr et équilibré, exempt de pourriture ou d’oïdium et fraîchement cueilli.

Alexandre Rat : Je crois que mes collègues ont tout dit : mûr et sain. Sur la maturité il faut un degré acceptable pour faire du vin corrélé avec un raisin sans maladie.

LCV- Comment peut-on faire pour être sûr de n’avoir que de beaux raisins à la vendange ?

DG : La première chose c’est le climat. Il ne faut jamais oublier que nous sommes soumis aux aléas climatiques. Ensuite, il faut que l’ensemble de la filière (producteur de raisin, vendeur de kilos, vendeur de bouteilles, pressoir, négociants et courtier) soit concerné par la qualité. Que ce soit un but commun à atteindre. Ensuite, cet objectif commun défini, nous devons mettre en œuvre les mesures nécessaires pour s’assurer de l’atteindre. Avec la majorité des raisins produits au vignoble, il faut que le SGV soit partie prenante des dispositifs.

JML : Toutes les bonnes conduites le permettent généralement, la liste est longue. Bien sûr, la météo peut nous aider grandement mais il faut prévoir qu’elle nous soit défavorable donc en tenir compte dans le choix des travaux.

AR : Je suis d’accord avec Jean-Michel. Nos pratiques peuvent néanmoins minimiser l’effet météo sur les raisins. Dès la taille, l’ébourgeonnage, le palissage mais aussi la fumure azotée et l’effeuillage précoce ont un lien sur la qualité de nos raisins. La vendange elle aussi est importante. Il faut apprendre à nos vendangeurs à réaliser une cueillette de qualité.

LCV- Pourquoi avoir décidé de rendre obligatoire un prélèvement par commune et par exploitation ? Quel était l’objectif ?

DG : Notre objectif est de faire en sorte que tous les acteurs du vignoble restent concernés, notamment sur les aspects de maturité. Certes nous avons décidé de l’inscrire au cahier des charges mais c’est aussi pédagogique. Ce prélèvement va entraîner des discussions autour de la vendange. Par cette opération, simple techniquement, on s’assure que le minimum soit fait ; on responsabilise et professionnalise un peu plus la production de raisin. On espère ainsi éviter le plus possible les mauvais comportements.

AR : Et les exploitants retournent ainsi dans les vignes avant la vendange. Il faudra être là avant la vendange et s’y préparer.

JML : L’objectif est d’obliger le récoltant à visiter ses propres vignes avant les vendanges, de pouvoir constater et s’assurer de la meilleure qualité possible. Il permet de suivre la maturité et l’état sanitaire mais aussi de mettre en place le circuit de cueillette au sein des parcelles de l’exploitation. C’est assez logique et tout vigneron, responsable de sa vendange, le pratique déjà.

LCV- Le bon de livraison. Pourriez-vous nous dire comment au sein du groupe de travail il vous est apparu nécessaire à la gestion de la qualité ?

AR : Au sein du groupe, nous avons beaucoup discuté de ce sujet ; car il est vrai que le bon ne fait pas la qualité. Une fois les raisins sur le quai ; c’est fait. Mais le but de ce « document » était de faire prendre conscience de la qualité aux livreurs, qu’ils jugent eux-mêmes la qualité de leurs livraisons.

JML : Lorsque l’on apporte des raisins à un pressoir, on doit s’assurer qu’ils soient sains et marchands, tels que l’élaborateur de Champagne les choisirait pour la fabrication de ses cuvées. Certes, tout le monde n’a pas forcément la même vision de la qualité d’un raisin ; être capable de mesurer le curseur de l’état de sa propre récolte est important et peut permettre d’isoler des lots différents.

DG : Par ce document, dont la forme n’est pas encore définie, nous souhaitons pourvoir isoler les raisins « indignes » aussi bien pour le vignoble que pour le négoce. Ce bon a pour vocation d’aider à dédier les raisins à un pressoir. Si des raisins ne sont pas acceptés quelque part ils ne doivent pas être acceptés ailleurs. C’est un outil pédagogique qui permettra aussi la discussion entre le livreur et le pressureur, et dans certain cas l’acheteur. Cette proposition est, je pense, dans la droite ligne du prélèvement. Il s’agit d’inscrire la qualité jusqu’au dépôt des caisses sur le quai du pressoir.

La notice explicative et la fiche d’enregistrement du prélèvement seront disponibles début aôut sur l’extranet du SGV et du Comité Champagne.