1962-1963

Elle court, elle court la technique

Elle court, elle court la technique

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Le réflexe de la colonie

« L’agriculture souffre du réflexe de la colonie… La colonie était essentiellement un pays fournisseur de matières premières et de denrées agricoles à une métropole se réservant l’industrie, le commerce et le transport. La dépendance a engendré parfois la haine et toujours la méfiance. L’agriculture reste encore, souvent, comme une colonie fournissant des matières premières au plus grand profit de l’industrie et du commerce […] Le vignoble champenois est bien le type d’une région agricole qui fut la colonie d’une industrie monopolisant l’élaboration et les débouchés. Tout porte à croire que le vignoble est en train de surmonter son réflexe. Il sait qu’il traitera avec le négoce, puisque celui-ci sera pendant longtemps encore une part importante de sa clientèle. Mais il a compris que pour ne pas être dupe dans ce marché, il ne doit pas être un prisonnier… Il voudra, par la coopération et la manipulation, se réserver aussi une sortie, un circuit témoin vers la clientèle de consommation. »
(extraits de l’édito de La Champagne Viticole de mai 1963)

L’actualité syndicale en 1962 et 1963

L’échelle des crus fait débat : de nombreux vignerons estiment que l’échelle des crus génère de grosses disparités de revenus entre les vignerons alors que les façons culturales, le rendement, la maturité, la qualité, les cépages, les frais d’exploitation et la conscience professionnelle sont identiques dans tout le vignoble. « Une injustice qui pourrait inciter de nouveaux récoltants et coopératives à champagniser ». Le sujet est mis à l’ordre du jour de l’assemblée générale de mars 1962. Il est posé à nouveau en 1963 par Monsieur Sennepin, président de la section locale de Boursault, au nom des crus de la Vallée de la Marne.

Une révision de la délimitation est en cours : l’objectif est d’éliminer les zones ne portant pas de vignoble et les terrains abusivement classés par les anciennes commissions de délimitation. Par ailleurs, la révision doit permettre de classer les parcelles enclavées ou en bordure du vignoble (« dents de scie ») si les conditions techniques sont favorables. Les plans de délimitation établis par l’INAO sont déposés en mairie et les personnes intéressées disposent de deux mois pour présenter leurs réclamations.

La tréfilerie de Port-à-Binson : malgré l’installation de filtres, les odeurs persistent et les vignerons de la Vallée de la Marne s’inquiètent. Le préfet se veut rassurant. Dans l’attente d’une solution définitive, l’atelier litigieux sera probablement fermé au 1er juillet jusqu’aux vendanges.

Promotion : le CIVC a fait réaliser un film « Heures Champenoises », en plusieurs langues. Il sera notamment diffusé dans les cinémas avec le film « Mandrin », long métrage à grand succès.

Défense de l’appellation : une grande maison de Champagne a concédé l’exploitation d’une marque très proche de la sienne à une firme sud-américaine pour la vente d’un vin mousseux local. L’étiquette de ce vin porte l’appellation « champana ». Le SGV s’insurge contre cette pratique « qui rendra plus difficile la défense de notre appellation à l’étranger en créant un précédent. Même si la marque est un bien privé, les dirigeants ont abusé de leur droit de propriété car le prestige dont ils tirent profit a été créé parce que la marque a été associée au renom du champagne. Le plus grave est la caution donnée par une firme champenoise à une usurpation de notre appellation ».

La paperasserie : elle commence à irriter les manipulants et Jean Cattier qui les représente au SGV revient régulièrement sur ce sujet : « Les années passent et les déclarations ne font que croître. Et quand on en modifie une, c’est pour tout compliquer ». Un ingénieur conseil en organisation va plancher sur le sujet et fera des suggestions pratiques pour l’optimisation du travail de bureau du vigneron.

Retraite complémentaire : en association avec la caisse nationale de prévoyance, la Mutualité Agricole de la Marne a mis sur pied un contrat de retraite complémentaire par capitalisation qui permettra aux exploitants de compléter la très faible retraite agricole.

Ça bouge à l’école d’Avize : pour faire face aux évolutions techniques, il faut former des têtes bien faites. L’école d’Avize est l’une des premières à mettre en application la réforme de l’enseignement qui vise à donner aux jeunes, jusqu’à 17 ans au moins, des connaissances générales équivalentes à celles des collèges. Ainsi, les jeunes ruraux auront les mêmes chances de promotion sociale qu’à la ville. La première pierre des nouveaux bâtiments est posée en 1962 et le directeur de l’école, R. Roche « forme le vœu, pour les fils de la Champagne, d’être les premiers en France à acquérir un niveau qui soit à la mesure du premier des vins mondiaux ».