Champagne Poinsot Frères et… Filles

Laura joue la carte de l’ouverture

Laura joue la carte de l’ouverture

Laura Poinsot ne veut pas se cantonner aux actions marketing et communication, elle se frotte aussi aux tâches plus physiques. Elle a décroché son examen de taille avec mention. © Photos Philippe Schilde

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4e génération : la reconnaissance du chemin tracé par les aïeux et… aïeules

© Cap’C

Le vignoble des Poinsot date de René, l’arrière-grand-père de Laura. André a pris le relais, tout en étant double actif. « Mon grand-père allait tous les jours travailler en usine à Mussy-sur-Seine. Du coup, ma grand-mère Jeannette œuvrait beaucoup dans les vignes. Il lui arrivait de mettre les enfants dans le couffin, accroché sur le porte-bagage de la mobylette, pour grimper dans les coteaux. Elle m’a raconté qu’un jour le couffin est tombé en chemin et qu’elle ne s’en est rendu compte qu’à son retour à la maison. Grosse suée. Elle est vite repartie en sens inverse, retrouvant le couffin là où il avait atterri. Sans dommage, ouf », rapporte la jeune vigneronne auboise. Elle garde en mémoire toutes les anecdotes confiées par Jeannette et entend conserver précieusement la parcelle de blanc vrai dont la famille a hérité de cette aïeule travailleuse acharnée. « Elle ne faisait pas que porter le casse-croûte, elle savait cultiver la vigne », assure sa petite-fille, bien décidée, à l’occasion d’arrachage à venir, à étendre les rangs de pinot blanc. « C’est un projet à long terme, j’y tiens beaucoup », affirme-t-elle.

Son père Serge a fondé en 1992 la marque de champagne Poinsot Frères avec les autres membres de la fratrie, Claude et Bernard. Hormis trois rayons égarés sur le finage d’Essoyes, ils ont concentré à 99,9 % le vignoble de la maison Poinsot sur le terroir de Loches-sur-Ource. A une époque, les ventes ont dépassé les 25 000 bouteilles par an. Désormais, elles se stabilisent autour de 22 000 cols.

Dès 1986, Serge a eu la bonne idée d’acquérir son premier pressoir (un 2000 kg) pour se lancer dans la prestation. « A cette époque, il n’y avait pas de pressoir dans le village. Au fil du temps, mon père a développé l’activité passant à deux pressoirs de 8000 kg chacun. Nous sommes devenus centre de pressurage pour l’union de coopérative Nicolas Feuillatte. En rejoignant l’exploitation familiale, j’ai découvert les valeurs de la coopération. J’apprécie le principe de partage, le travail en collaboration et l’entraide qui règnent dans cet univers coopératif », appuie celle qui, d’ailleurs, n’a pas tardé à rejoindre le Club des Jeunes du CV-CNF. Un centre vinicole dont le papa est  membre du conseil d’administration. « On nous accompagne au quotidien pour avoir de belles vignes, de beaux raisins et de beaux moûts », déclare Laura, persuadée qu’une telle démarche « permet de tendre vers l’excellence ». Elle est fière de cette implication, mais aussi du nom attribué à la société chargée de gérer le centre de pressurage familial : la SARL Serge Poinsot et Filles !

Ph.S.

Des investissements, des projets

En 2016, le vignoble de la famille Poinsot a été frappé de plein fouet par le gel, avec à la clé une grosse perte de récolte. « Nous avons réagi en installant des hélices pour la protection contre le gel, principalement sur le lieudit Les Suchots. Désormais, le parc se compose de trois hélices dont une partagée avec la maison Dautel, également localisée à Loches-sur-Ource », indique Laura. Les investissements ne s’arrêtent pas là puisque, côté matériels viticoles de nouveaux interceps vont faire leur apparition : « Il était nécessaire de nous adapter aux nouvelles méthodes de culture. » Le bâtiment destiné à abriter les matériels fait l’objet d’une extension, mais, pour Laura, un autre aménagement aura son importance. « Nous créons un nouveau vendangeoir et nous espérons qu’il pourra être terminé dans la perspective du prochain tour de palissage. Au pire, il sera opérationnel pour la vendange 2019. Nous voulons pouvoir répondre aux attentes de nos vendangeurs, qui parfois viennent de loin tout en retrouvant cet esprit de convivialité qui existait naguère au moment de la récolte. Ce faisant, nous essaierons de juguler un autre problème rencontré ces derniers temps dans le vignoble, à savoir la pénurie de main-d’œuvre. » Pour y parer en partie, Laura Poinsot a renoué un bon partenariat en 2018 avec le lycée agricole de Sainte-Maure. En venant vendanger chez Poinsot, une trentaine d’étudiants très mobilisés peuvent épargner pour financer un voyage d’étude à venir (voir notre dossier vendange, N° 849).

Miel de l’Ource, l’autre patte de la famille Poinsot

Dans l’imaginaire populaire, les ours se régalent de miel. Des humains pour leur part ont la chance de pouvoir savourer le Miel de l’Ource, une autre production pleine de saveurs signée de la famille Poinsot. David Feuillard, beau-frère de Laura (marié à sa sœur aînée, Mélanie, institutrice) se charge de cette activité tout en travaillant sur l’exploitation. « Nous avons onze ruches positionnées dans des sous-bois bordant nos vignes sur les coteaux situés au-dessus de notre exploitation. En 2017, David, qui a enregistré la marque Le Miel de l’Ource a récolté 70 kilos et en a fait des petits pots qui ont leurs fans ». Il s’agit d’un miel “toutes fleurs”, mais il y a fort à parier que les abeilles viennent butiner jusque dans le village de Loches et tout particulièrement allée des Tilleuls où la famille Poinsot a le siège de ses activités.