Viticulture durable en Champagne (VDC)

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Vos prochaines réunions VDC

A Colombé-le-Sec, le mardi 5 mars (16 à 18h heures).

A Sermiers (à confirmer), le mercredi 13 mars (16 à 18 heures).

Au SGV à Epernay (amphithéâtre), le jeudi 21 mars (16 à 18 heures).

Les grands thèmes du plan de contrôle

  • Biodiversité
  • Stratégie phytosanitaire
  • Fertilisation
  • Gestion de l’eau
  • Paysages
  • Préservation du terroir
  • Gestion des déchets
  • Empreinte carbone

Les nouveautés du référentiel 2018

Le référentiel est passé de 123 à 124 points.
Trois nouveaux points sont apparus :

  • reconnaissance des symptômes de la flavescence dorée
  • réduction de l’IFT herbicides
  • réduction de l’IFT hors herbicides

Deux points ont été supprimés (72 et 15)

  • localisation des pré-levées sous le rang et post-levées en bandes ou taches
  • calcul de l’IFT

Une reclassification a été opérée sur les axes suivants :

  • conseil viticole (6)
  • analyses de sol avant plantation (45-46)

 

Les étapes de l’évaluation

1 – Réaliser l’autodiagnostic : faire le point sur ses pratiques et établir un plan de progrès.

2 – Faire évoluer les pratiques : se mettre en conformité réglementaire, mettre en place des pratiques plus durables.

3 – Se faire certifier : faire reconnaître ses efforts pour pouvoir les valoriser.

 

Guide en ligne

Pour accéder aux documents relatifs aux 8 chapitres de la VDC, le CIVC a créé sur son extranet pro un guide en ligne très documenté et facile d’accès.

Certification par voie collective

Avec G2V, plus de coopératives entrent dans la boucle

L’équipe G2V dédiée à Certico (VDC) avec son responsable, Sébastien Rigobert (à droite). ©Philippe Schilde

Pour ne pas se retrouver « dos au mur » dans quelques années, les dirigeants de la coopérative de Sermiers ont décidé d’embarquer leurs adhérents dans une certification VDC collective, avec d’autres coopératives du secteur. « Nous avons voulu être moteur, créer une dynamique de groupe et emmener tout le monde, sachant que chacun peut avancer à la vitesse désirée, et possible pour lui. Nous y réfléchissions depuis 2017, mais notre démarche a pris corps à la veille de la vendange 2018. Elle nous permet d’accompagner au mieux les vignerons, avec des outils techniques et humains adaptés. En mutualisant les coûts nous levons un frein, nous pouvons avancer. Nous sentons qu’il y a de l’envie. Avec l’énergie mise dans la démarche, nous pensons avoir 4 ou 5 adhérents de Sermiers certifiés dans l’année », annonce Vincent Jourdan, enthousiaste.

Président d’une coopérative consciente des exigences environnementales – et de celles des acheteurs de raisin – il a choisi avec son CA de déployer des solutions, « plutôt que d’avoir à subir ». Elles prennent appui sur une société de prestation de services, Vignopera, créée en 2016. Celle-ci s’est associée à G2V (Gestionnaire Vignoble et Vendange) Services, basée à Bezannes, pour impulser et structurer cette action collective qu’il qualifie « d’originale et mobilisatrice ». Elle l’est puisque en peu de temps 4 coopératives (Villedomange, Trigny, Serzy-et-prin et Sermiers) sont entrées dans la boucle, engagées dans la démarche Certico, portée par G2V. Elles seront bientôt rejointes par leurs consœurs de Courmas, Janvry, Jouy-les-Reims, Prouilly.

Sébastien Rigobert, fondateur (avec le cabinet Courtiers de Champagne Associés) de G2V annonce que 200 viticulteurs adhérents à ces coopératives sont déjà passés en formation, avec diagnostics et plans de progrès réalisés. Il prévoit que d’ici la fin de l’année, ils seront 150 de plus et envisage un rythme d’agrégation de 50 à 60 exploitants par an par la suite. « Les premières certifications arriveront en mai, elles vont conforter l’engouement que nous percevons avec mes équipiers », déclare-t-il. Avec ces experts, il s’attache « à rendre digeste » la mise en œuvre de la VDC avec une méthodologie de progrès « adaptée à la saisonnalité ». Résultat, une « minorité de personnes restent en retrait » et il est persuadé qu’en entendant l’appel des décideurs champenois, elles y viendront aussi.

 

Perrine Rafflin : « Une dynamique bénéfique pour tous »

Après une année 2018 qu’on pourrait qualifier de test pour la certification Viticulture Durable en Champagne par voie collective, l’engouement est réel au vignoble et les demandes d’accompagnement se multiplient. Perrine Rafflin, certifiée en juillet dernier, témoigne de son expérience.

Perrine Rafflin, co-gérante du Champagne Rafflin Lepitre, exploite une dizaine d’hectares principalement autour de Chigny-les-Roses. « Dès la mise en place de la certification par voie collective en 2017, notre coopérative a sollicité la Chambre d’agriculture pour en savoir plus sur cette démarche. Rapidement, un petit groupe de vignerons s’est montré intéressé et a décidé de se lancer. Notre objectif était de baisser les coûts de la certification mais aussi d’initier une dynamique collective au sein de notre coopérative.» En réalité, cette dynamique a été initiée début 2015 avec la réalisation de la formation autodiagnostic accompagnée par la Chambre d’agriculture. C’est le point de départ indispensable pour faire un bilan des pratiques de l’exploitation et construire un plan de progrès vers la certification.

Avant la certification, Perrine a bénéficié d’un accompagnement individuel sous la forme d’un pré-audit : « Cela nous a permis de simplifier notre travail, nous avons été accompagnés dans la gestion administrative et documentaire de même que sur le terrain. Par exemple, nous avons bénéficié de conseils concrets sur la biodiversité, le choix des haies, les zones de non traitement… ».

Pour Perrine, l’audit interne réalisé par l’auditeur de la Chambre d’agriculture s’est bien déroulé même si cela a nécessité un travail préparatoire important. Elle a ensuite pleinement bénéficié de la voie collective puisque son exploitation n’a pas été tirée au sort pour l’audit externe avec l’organisme certificateur.

Perrine Rafflin lors de la dernière vendange ©DR

« C’est tout à fait faisable ! »

La certification par voie collective présente de nombreux avantages : « Elle permet d’échanger entre vignerons, de ne pas se sentir seul. La Chambre d’agriculture nous apporte également un suivi, nous tient à jour sur le référentiel et la réglementation, il n’y a pas de mauvaise surprise. Si j’ai un conseil à donner, c’est de bien se structurer et ne pas se décourager. La certification peut apparaître comme une grosse montagne, mais c’est tout à fait faisable. » Quant aux coûts souvent avancés comme un frein à la certification, Perrine relativise : « Nous avons investi dans une armoire phyto pour se mettre aux normes. Nous avons aussi acheté un enjambeur et du matériel d’entretien du sol mais cet investissement matériel est un choix personnel qui avait été décidé avant la certification. Les dépenses spécifiques à la certifications sont donc relativement limitées. »

« S’il est trop tôt pour mesurer les retombées de la certification, les clients y sont sensibles », témoigne Perrine, « ça parle aux gens de montrer qu’on va dans le bon sens, la reconnaissance officielle nous permet d’avoir un discours cohérent ». Un argument de plus en faveur de la certification.

L’entrée de mesures agro-environnementales dans nos cahiers des charges : une première étape

© Michel Jolyot

Le nouveau cahier des charges sera publié après la vendange 2019, ces mesures devront être appliquées pour la campagne de traitement précédent la vendange 2020. Régis Adam, responsable de la Commission ODG, revient sur l’intégration de deux mesures agro-environnementales au sein des cahiers des charges AOC Champagne et Coteaux Champenois.

  • Pouvez-vous nous présenter les mesures agro-environnementales qui vont être intégrées au cahier des charges ?

La modification en cours des cahiers des charges AOC Champagne et Coteaux Champenois inclut deux mesures agro-environnementales.

La Commission ODG et le Conseil d’Administration du SGV ont décidé d’une part, d’interdire les matériels de pulvérisation considérés comme non-efficients et d’autre part d’interdire l’utilisation des herbicides de prélevée dans les inter-rangs.

La première mesure vise l’utilisation des pulvérisateurs traitant par-dessus les rangs de vigne et n’assurant pas une application face par face qui sera désormais interdite.

La seconde mesure a pour but de réduire la quantité de produits phytopharmaceutiques utilisés et surtout encourager les opérateurs à recourir au travail du sol ou encore à l’enherbement de leurs parcelles.

  • Quels seront les changements concrètement pour les opérateurs champenois ?

Ces mesures sont voulues comme progressives, c’est-à-dire qu’on n’a pas voulu bousculer les méthodes de travail des opérateurs. S’agissant de la réduction des herbicides, celle-ci ne concerne que l’application dans l’inter-rang, ce qui veut dire que l’herbicide de prélevée restera possible sous le rang. De la même manière, l’utilisation d’un herbicide de post-levée reste possible sur l’ensemble de la surface.

Pour la suppression des matériels de pulvérisations non-conformes, cela renvoi aux voûtes araignées, aéroconvecteurs, canon oscillants et turbines. Depuis de nombreuses années on a vu ces appareils disparaître du paysage viticole champenois. On estime la présence d’un nombre très réduit d’appareils non-conformes sur le territoire. Dès lors, l’impact de cette mesure sur les opérateurs champenois restera limité.

  • Quelles sont les raisons qui ont poussé la Commission ODG et le Conseil d’Administration à intégrer ces mesures agro-environnementales dans les cahiers des charges AOC Champagne et Coteaux Champenois ?

Notre société change et aujourd’hui le consommateur est à la recherche d’une production vertueuse. La réglementation sur l’utilisation de produits phytosanitaires va de toute manière évoluer, nous nous devons d’anticiper ces changements. En partant de ce postulat, le Conseil d’Administration a pris des engagements forts en ce sens. L’entrée de ces deux mesures agro-environnementales est la première étape qui va nous mener à 2025 et à la suppression totale des herbicides. L’idée étant pour la Commission ODG, la Commission Technique et le Conseil d’Administration du SGV d’accompagner les opérateurs champenois dans cette modification majeure de leur méthode de production.