1969

Prendre conscience des évolutions

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En 1969

Des vignes ont été vendues à Verzenay au prix record de 50 millions d’anciens francs (l’équivalent de 578 218 euros 2018) plus les frais. Devant cette folie, l’indignation des vignerons fut très grande.

Le Groupe des jeunes vignerons a un nouveau président : Michel Rogué, de Vertus.

La convention collective des exploitations viticoles est signée le 2 juillet par le Groupement des employeurs (sur délégation du SGV) et les syndicats représentant les salariés, au terme de 4 années de travail. Une étape importante, qui réveille le débat sur l’échelle des crus : en effet, désormais les salaires seront les mêmes sur toutes les exploitations champenoises alors que le revenu de celles-ci varie sur une échelle de 75 à 100 %. Le SGV obtient que soit réunie la commission interprofessionnelle de l’échelle des crus.

Les manipulants attendent la capsule-congé qui leur simplifiera les formalités : il s’agit d’une marque apposée sur la bouteille, qui constate le paiement du droit de circulation et permet en même temps de vérifier le « compte-matière » des mouvements de vins, notamment dans notre produit d’appellation d’origine. L’emploi de la « Capsule représentative des droits » est très répandu chez les négociants et l’administration envisage d’en étendre le bénéfice aux récoltants qui ne sont pas « marchands en gros ». Deux expériences sont en cours, dans la Vallée de la Loire et le Bordelais. On attend sa mise en œuvre dans les mois à venir.

La vigne en sélection clonale installée par les services techniques du CIVC est entrée dans sa quatrième feuille. Elle manifeste une vigueur de bon aloi qui augure bien de l’avenir. 60 ares de plus seront plantés au printemps.

La vendange

Une sortie peu généreuse, du millerandage, puis du beau temps. La récolte est décevante en termes de volume mais d’une très belle qualité, qui est la bienvenue après les médiocres vendanges de 1967 et 1968. Avec un rendement moyen de 5 990 kg/ha, la Champagne rentre l’équivalent de 85 millions de bouteilles… alors qu’elle en a vendu 93 millions à fin juin.

– L’état de pénurie est déclaré : les achats des négociants seront plafonnés à 90 % de leurs ventes en France et 100 % de leurs ventes à l’export.

– Le prix du kilo est fixé à 4,14 F + une prime fixe de 0,10 F (pour compenser la récente dévaluation du franc) et 0,25 F de prime aux cépages nobles*. Un prix très inférieur à ce qu’il aurait pu être si le marché avait été libre, ce qui amène Jean Cattier, vice-président du SGV, à rendre hommage aux vendeurs de raisins dans La Champagne Viticole : « C’est la première fois que je me faisais traiter de ‘vendu’ par un vendeur… il est vrai que la conjoncture était telle que le prix aurait passé le mur du son si le marché n’avait pas été organisé ».

– Le négoce n’a rentré que 70 % de ses sorties, ce qui amène le président de l’Union des Syndicats du Négoce, dans son discours au banquet de l’AVC, a constater que « le négoce se met encore une fois en position d’attente. D’attente de quoi ? De la vendange de 500 000 pièces que l’on nous promet depuis plusieurs années. Nous nous acheminons, qu’on le veuille ou non, vers une vente de 100 millions de bouteilles ».

*En euros 2018 : 4,79 € + 0,12 € + 0,29 €