1970

100 millions de bouteilles expédiées et la plus grosse vendange de tous les temps

100 millions de bouteilles expédiées et la plus grosse vendange de tous les temps

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En 1970

L’Europe du vin est mise en place, avec la parution de plusieurs règlements. Les vins circulent désormais librement dans la communauté et les droits de douane sont abolis. Le règlement R 817-70 dispose que les producteurs revendiquant une appellation géographique devront soumettre leurs vins à l’analyse et à la dégustation. On attend les règlements d’application.

La CSGV prend son essor. Séparée juridiquement du SGV depuis 1947, elle cohabitait néanmoins avec lui, avenue Jean-Jaurès à Epernay. Ces locaux étant devenus trop exigus pour les deux organismes, la coopérative s’installe sur un nouveau site, inauguré par le ministre de l’Agriculture, Jacques Duhamel.

Décès d’Albert Dagonet, qui fut président du SGV en 1945-1946 et contribua à sa réorganisation après la guerre.

L’impôt sur le bénéfice réel se profile à l’horizon. Le parlement a voté une loi qui assujettit à l’impôt sur le bénéfice réel les exploitations réalisant un chiffre d’affaires supérieur à 500 000 francs deux années de suite. Pour les autres exploitations, le régime du bénéfice forfaitaire collectif continuera à s’appliquer. Cette réglementation ne sera pas mise en œuvre avant 1972 ou 1973. On attend les décrets d’application pour pouvoir en mesurer les conséquences.

Quelle vendange !

En juin, la revue syndicale constate que la montre est magnifique, mais souligne qu’il est encore trop tôt pour savoir comment se réalisera la floraison.

En juillet, un article fait référence à la vendange 1929, très importante et qui avait provoqué un effondrement des cours du raisin. Les dirigeants syndicaux pensent qu’en 1970 une forte récolte n’aurait pas cet effet, grâce à l’indexation du prix du kilo sur le prix de la bouteille.

En août, après leurs tournées locales, les services techniques du CIVC estiment le rendement moyen à 8650 kg/ha. Mais le conseil d’administration du SGV prévoit plutôt une récolte de 9000 à 10 000 kg/ha et appelle les vignerons à anticiper le logement d’importants volumes de vins, en tenant compte d’un éventuel cuidage.

Le 27 septembre, la vendange est ouverte. Le prix est fixé à 4,27 F/kg + une prime aux cépages nobles de 0,25 F/kg*. A la demande du négoce, dont le stock est au plus bas et qui prévoit d’acheter de gros volumes, le paiement se fera en cinq échéances au lieu de quatre. Face au développement de l’usage des paniers en plastique, les négociants demandent également qu’une décision interprofessionnelle interdise l’emploi de paniers non percés.

En octobre, la revue syndicale fait le bilan : « Nous nous sommes tous bien trompés. Nous avons cuidé d’un tiers sur les estimations d’avant vendange. Heureuse erreur, car nous nous serions peut-être tous affolés. On n’a jamais vu une telle récolte dans notre région et, pourtant, rarement une vendange a été aussi calme. » 13 830 kg/ha ont été rentrés, dont 11 400 en AOC. La qualité est satisfaisante. Le vignoble a vendu 58 % de sa récolte. Tous les raisins mis en vente ont été achetés, le négoce a rentré 155 % de ses sorties. Le seul vrai problème à résoudre fut l’obligation de trouver des logements pour les VNC. Le CIVC a d’abord recherché (sans résultat) des solutions de stockage, avant de faire le choix de laisser le problème « se régler par la débrouillardise individuelle, ne serait-ce que pour ne pas laisser les gens s’appuyer sur la collectivité et ensuite critiquer ce qu’elle a fait. Ce fut la bonne solution, puisque tous les volumes ont trouvé une place. Toutefois, de cette vendange nous devrons tirer des directives d’action. »

Après les vendanges, l’INAO publie dans La Champagne Viticole un article rappelant qu’il existe une réglementation de la taille, qu’il y a des contrôles et, aussi, des enjeux qualitatifs.

* Soit l’équivalent de 4,67 + 0,27 euros d’aujourd’hui.