1971-1972

La spéculation détruit l’organisation

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En 1971 et en 1972

  • Manifestations de vignerons dans le Midi : avant l’intégration européenne, la France limitait les volumes commercialisables via un encadrement des plantations et la distillation obligatoire des excédents. Mais la CEE est plus libérale : les plantations y sont libres et seule la France les réglemente encore. Dans le contexte d’une grosse récolte générale en 1970, les producteurs du Midi voient arriver sur le marché français des vins de table italiens produits à moindre coût. Il s’ensuit un effondrement des cours, que les mesures d’intervention européennes n’arrivent pas à juguler.
  • La prime d’engagement sur la vendange 1970 est de 0,44 F/kg. Ramenée au kilo, elle est inférieure à celle de la vendange 1969… cela ne favorisera pas l’engagement des vignerons en 1971.
  • Les textes précisant les modalités d’application du bénéfice réel sont publiés en fin d’année 1971. Le SGV demande un report, au motif que ceux-ci sont sortis au dernier moment. Le gouvernement répond que « si les nouvelles mesures doivent s’appliquer aux bénéfices à compter du 1er janvier 1972, ce n’est pas avant le mois de mars 1973 que les producteurs auront à souscrire la déclaration de de leur bénéfice réel. Ils disposent donc d’un délai largement suffisant pour parfaire leur information fiscale ». Le syndicat estime qu’une centaine d’exploitations seront concernées et s’implique dans l’accompagnement des vignerons : « Comme il en a été de la TVA, force sera bien de nous y habituer. » Des réunions d’information seront organisées dès que les questions les plus importantes auront une réponse : quelle évaluation des stocks ? Faut-il intégrer les terres dans le bilan ? Jean Nollevalle, délégué permanent du SGV, demande qu’un service comptable soit mis en place dans le cadre du syndicat pour les vignerons.
  • Le président du Groupe des jeunes vignerons, Roger Closquinet, prône la formation et l’information des vignerons pour assimiler toutes les évolutions auxquelles vont être confrontés les exploitants : bénéfice réel, commercialisation, gestion…
  • Le projet de centre de stockage progresse : Henri Macquart rappelle les objectifs. « Sur le plan économique, les dimensions changent. Le centre vinicole de la Champagne se veut un instrument puissant de stockage et de tirage, équipé de la façon la plus rationnelle et la plus économique, avec du personnel très qualifié. Il s’adaptera à l’expansion de la production et à l’irrégularité des récoltes. Il fournira aux RM* des bouteilles de bonne tenue pour leurs expéditions. Il deviendra un interlocuteur pour le négoce. Déjà 60 coopératives ont apporté leur adhésion. Une douzaine d’autres ont manifesté leur intérêt. On envisage rapidement la création d’une première tranche de 50 000 hl de stockage ».
  • La qualité est à l’ordre du jour : le conseil d’administration du SGV envisage plusieurs mesures qualitatives : interdiction de la prise de mousse des VNC (vins natures de Champagne) et des rebêches ; obligation de distiller des rebêches via les prestations d’alcool vinique ; interdiction des tirages avant Noël. Un rapport sur le pressurage avec des pressoirs horizontaux à vessie gonflable est présenté par les services techniques du CIVC. Au vu de celui-ci, le syndicat décide de ne pas s’opposer à l’installation de ces pressoirs en Champagne. En revanche, la question d’interdire les pressoirs inférieurs à 2000 kg est posée.
  • Le statut des VNC (vins natures de Champagne), si commodes pour compenser les irrégularités de récolte, doit être clarifié. En effet cette dénomination, qui désigne à la fois les vins tranquilles vendus par les Champenois et les vins produits au-delà du rendement annuel AOC et éventuellement « reclassables » en AOC, n’a pas un régime juridique bien défini. Elle ne s’intègre pas dans le cadre de la réglementation européenne. Le SGV et le CIVC estiment qu’il faut pérenniser ces volumes et la possibilité de les réintégrer dans l’appellation, mais que leur dénomination, quand ils sont vendus à la consommation, ne doit plus faire référence au mot « Champagne ». Une demande est déposée à l’INAO pour revoir le régime de ces vins.
  • Capsules-congé : le SGV est agréé par l’administration fiscale pour les vendre aux vignerons. En novembre 1971, le syndicat souscrit un emprunt de 250 000 F pour financer l’achat d’un stock de capsules et de feuilles « fiscalisées ». Celles-ci attesteront que le droit de circulation a bien été payé et seront également un outil de lutte contre la fraude : en effet, pour obtenir des CRD (collectives ou personnalisées), le vigneron devra présenter un certificat de la régie attestant qu’il dispose d’un stock de bouteilles de plus d’un an égal au nombre de coiffes demandées. Le dispositif est facultatif, mais on peut prévoir qu’il deviendra obligatoire.
  • L’utilisation des produits phytopharmaceutiques est réglementée. Deux articles de la revue syndicale rappellent aux vignerons qu’ils doivent respecter les doses prescrites et les notices. Par ailleurs, toutes précautions doivent être prises pour éviter l’entraînement des produits vers les habitations, les cours d’eau, les étangs, les ruches, les réserves de chasse et les autres cultures. Le rinçage des appareils à la rivière est interdit, ainsi que le déversement des reliquats dans les fossés.
  • La création d’un Parc Naturel Régional dans la Montagne de Reims est en projet.