Insolite

Deux viticulteurs remportent le défi « En terre ton slip »

Deux viticulteurs remportent le défi « En terre ton slip »

Les trois lauréats du défi « En terre ton slip » ont été distingués lors d'une cérémonie atypique.

En lançant le défi « En terre ton slip », la FDSEA et ses partenaires ont créé le buzz. Sur la toile, les ondes radio, les plateaux télévisés… Et la communication humoristique déployée autour de ce concours a fait son œuvre.

82 agriculteurs et viticulteurs de quatre départements (Marne, Aisne, Aube, Ardennes) ont joué le jeu. Leur mission : mesurer l’activité biologique de leurs sols en y enterrant un slip à quinze centimètres de profondeur, pendant deux mois et demi. Des slips 100 % coton – une matière dont raffolent les invertébrés et autres micro-organismes vivant sous terre – et dotés d’un élastique pour retrouver facilement les spécimens ensevelis, même les plus détériorés. Photographies à l’appui, la communauté Facebook a ensuite départagé dix finalistes présélectionnés, parmi lesquels cinq viticulteurs. Avec la complicité des organisateurs, qui n’ont pas hésité à défiler en petite tenue pour l’occasion, une cérémonie a permis de remettre les slips d’or, d’argent et de bronze à trois lauréats pendant la Foire de Châlons.

Terres vivantes

La première place revient à Romain Hénin, jeune vigneron engagé dans la biodynamie à Aÿ. « J’ai mené l’expérience sur une parcelle de chardonnay à Mareuil-le-Port, explique-t-il. On est sur un sol sableux, qui se porte plutôt bien d’après l’état du slip déterré ! J’ai arrêté le travail du sol. J’opte simplement pour un couvert végétal et un passage au rouleau Faca. Aujourd’hui, il existe de véritables alternatives aux désherbants. »

Installée à Cramant, Nathalie Vignier arrive sur la troisième marche du podium. Elle a choisi pour cette expérimentation la parcelle Tue-boeuf, située à Epernay. « Nous sommes en viticulture durable depuis 1995, précise-t-elle. Le métier de vigneron est d’abord un métier d’observation : on doit apporter au sol ce dont il a besoin et à juste dose. On pratique également l’enherbement et travail sous le rang, même si cela demande plus de temps. »

Suite au concours, la viticultrice a fait appel à un géologue pour une analyse plus approfondie de ladite parcelle. « Elle se compose d’un fond argilo-limoneux, de marnes et de calcaire. Ce défi prouve que les terres viticoles sont très vivantes, malgré ce qu’on peut parfois entendre. » Il est aussi une reconnaissance des démarches initiées pour préserver leur qualité.