Vendange 2019

Final en beauté !

Final en beauté !

© Jean-Charles Gutner

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David Gaudinat, administrateur du SGV, vigneron à Festigny : « Sauvegarder l’âme des vendanges»

A deux jours des premiers coups de sécateur à Festigny, quel regard portiez-vous sur le choix des dates de vendanges 2019 ?

Le choix des dates est aujourd’hui un processus bien maîtrisé et partagé, qui s’appuie sur le suivi très précis du réseau MATU. Fin août, en raison du pic de chaleur et d’une croissance très dynamique, nous avons accéléré la procédure et le ban des vendanges a été publié le samedi 31 août, avec finalement une assez forte convergence des dates d’ouverture.

Ce sont des dates bien choisies, elles sont le résultat d’une concertation. A chaque vigneron ensuite de ne pas se baser uniquement sur ces dates, mais de s’adapter à son cas particulier avec le suivi de ses parcelles. Nous incitons chaque vigneron à faire au moins un prélèvement de raisins par commune et porter un regard à ses vignes afin de constater l’état de maturité et l’état sanitaire. On peut le renseigner en ligne dans son espace de l’extranet pro du CIVC et avoir accès à de nombreux conseils, réponses et informations. L’outil est prêt. Pour l’instant, il s’agit d’une démarche volontaire. A terme, le prélèvement de raisin obligatoire entrera dans le cahier des charges.

Quelles informations cette année concernant le bon de livraison ?

Le bon de livraison a été lancé à titre expérimental l’année dernière et il est reconduit cette année. Sur la version 2019, de petits ajustements sémantiques ont été portés à la marge. Ils rendent le document encore plus intuitif, fluide et simple à remplir, car il ne faut pas réfléchir pour compléter un document quand on vient sur centre de pressurage. Ce bon reste toutefois interprofessionnel (acheteur-vendeur) ; il n’a pas vocation à rentrer dans le cahier des charges de l’appellation.

Quelles autres actions et réflexions concernent les vendanges ?

Le logement des vendangeurs reste un point-clé pour la bonne organisation des vendanges. Chaque année, à la Foire de Châlons, nous demandons au ministre de l’Agriculture une dérogation pour pouvoir loger les vendangeurs plus simplement. Ce que prévoit le code rural est beaucoup trop contraignant pour une période aussi courte. Chacun doit y mettre sa part, et du bon sens, pour garder à la vendange son caractère traditionnel. Il faut aider les vignerons à reprendre la main sur le logement des vendangeurs. C’est ainsi qu’on arrivera à avoir de bonnes équipes, régulières. On a fait des vendanges une opération trop technique, trop réglementaire ; il faut lui garder une âme. C’est le résultat d’une année de travail. Il faut que cela reste un moment festif.

J.W.

Innovation technologique au Mesnil-sur-Oger : les raisins de la coopérative UPR passent à la mireuse

Un étrange photomaton a investi le quai N°2 du centre de pressurage de la coopérative UPR Le Mesnil. Chaque caisse, identifiée par le code-barres de sa palette, passe désormais sous le flash d’une et même deux caméras.

« La première caméra réalise 4 prises de vue dans le visible, la deuxième 2 dans l’hyperspectral (ultraviolet et infrarouge) décrypte Gilles Marguet, directeur de l’UPR. Le développement des technologies de vision et l’intelligence artificielle nous ouvrent de nouvelles perspectives. Ces photos vont être comparées à une base de données et, via des algorithmes de reconnaissance, nous permettront de trier et qualifier le raisin ».

La technologie a été développée avec une jeune société, R&D vision, qui a déjà dans la région plusieurs applications comme par exemple à Matougues pour l’usine McCain (tri des frites) ou à Gyé-sur-Seine pour les rouges Moët & Chandon (sélection des maturités selon la couleur).

« Un passeport d’accompagnement pour chaque caisse »

Intrus (sécateurs ou gants oubliés), taux de feuilles trop importants peuvent ainsi être immédiatement détectés et la caisse écartée sur une table d’accumulation pour résoudre le problème. Plus encore, l’intelligence artificielle pourrait à terme aider à évaluer le raisin sur des paramètres qualitatifs  comme le taux de botrytis, d’oïdium, de millerandage ou d’échaudage, et ajuster les actions œnologiques (dose de SO2, caractéristiques du pressurage, etc.). Voire même contacter le vigneron sur son portable en lui envoyant la photo de la caisse en temps réel, afin qu’il puisse ajuster les consignes à la vigne auprès de ses coupeurs. « C’est plus qu’un bon de livraison, c’est un vrai passeport d’accompagnement pour chaque caisse de raisins », sourit Gilles Marguet.

Sur les 12 jours de vendanges et les 3 millions de kilos de raisins traités par l’UPR, le prototype (50 000 €) doit réaliser un maximum de photos et constituer une base de données sur laquelle les algorithmes d’intelligence artificielle travailleront dès l’année prochaine. Ce n’est donc qu’à partir de 2020 qu’un tri supplémentaire sera en place à l’arrivée au pressoir, mais d’ores et déjà l’effet d’annonce a joué ! Alors que directeur estime entre 4 à 5 % le taux d’oïdium moyen dans les vignes du Mesnil, le tri (peut-être un peu stimulé par la peur du gendarme !) aurait réduit ce taux à 1 % à l’arrivée au pressoir.

J.W.

17 grands crus dans un pressoir 

Pour la 3e année consécutive, l’association Grands Crus d’Exception – qui rassemble 15 vignerons représentant les 17 communes classées grand cru – a pressuré en commun un marc de 4000 kg. Chacun avait amené 235 kg de sa vendange dans le pressoir traditionnel du Champagne Guy de Chassey à Louvois. Puis, le moût était vinifié, tiré et stocké au Champagne Franck Bonville à Avize. 1600 magnums sont tirés de cet assemblage inédit. « On le déguste régulièrement, c’est fin, c’est long, c’est complexe, s’enthousiasme Ingrid de Chassey. C’est surtout une aventure exceptionnelle où chacun amène sa patte, ses connaissances. Nous sommes 15 structures de petite et moyenne taille, mais en mettant en commun nos moyens, nous parvenons à réaliser un assemblage que même les grandes maisons n’ont jamais obtenu. » Les premières bouteilles sont impatiemment attendues !

J.W.