Champagne Paul-Marie Bertrand

Etienne, fil rouge entre Cumières et Bagneux-la-Fosse

Etienne, fil rouge entre Cumières et Bagneux-la-Fosse

Vous devez vous connecter à l'aide de votre identifiant et de votre mot de passe d'abonné
au magazine La Champagne Viticole pour accéder à ce contenu.
Votre identifiant et votre mot de passe vous ont été communiqués par e-mail lors de l'activation de votre abonnement à lachampagneviticole.fr.




Lost your password?

Le coteaux champenois, chasse gardée de Paul-Marie

Bien qu’il ne soit plus aux manettes du domaine depuis 2006, Paul-Marie Bertrand reste attentif au développement de la marque de champagne qui porte son nom. Et pas question de lui retirer le soin de l’élaboration du coteaux champenois de la maison, c’est un bébé auquel il est foncièrement attaché. « Mon grand-père vinifiait un coteaux champenois à Cumières, commune où le rouge est reconnu pour son goût spécifique. Mon père a entretenu la tradition avec un vin tranquille, 100 % pinot noir issus des beaux raisins de Bagneux. Il est inscrit dans son ADN. Mais le chardonnay revêt aussi beaucoup d’importance à ses yeux. Il aime comparer ses assemblages de pinot noir et de chardonnay de nos deux crus à autant de fleurs qui composeraient un bouquet d’arômes. Nous avons en nous cette double culture, en effet », appuie Etienne Bertrand. Pour sa part, il peaufine la sortie d’une nouvelle cuvée de champagne. Elle a d’ores et déjà vieilli 6 ans en cave. Ce vin, il le devra en partie à l’expertise d’Alexandre Ponavoy, qui a été l’œnologue-conseil de la maison avant de devenir chef de cave de Taittinger. « Cet œnologue a une prodigieuse mémoire des différents terroirs de la Côte des Bar. Il a pris la mesure des vins que nous abritions dans nos caves. Avec son talent et son regard extérieur, il nous a aidés à exprimer, à travers de subtils assemblages, la richesse des vins en vieillissement. Il nous a permis de faire quelque chose de plus grand que ce que nous pouvions imaginer », apprécie le vigneron bagnolais. L’aventure se poursuit avec l’accompagnement de Cyril Delannoy, également œnologue à la Station œnotechnique de Bar-sur-Seine.

 

Engagement associatif fort : « Avec Cap’C, ça fuse ! »

© Franck-perrot-Web3-Design

Le Champagne Day 2019 n’aura pas duré qu’un seul jour à Troyes, il a couru sur une semaine entière, très festive et… culturelle. « Nous sommes passés au format festival, avec des animations proposées par toutes les vallées de la Côte des Bar, auxquelles se sont joints les secteurs de Montgueux et de Villenauxe-la-Grande. Soixante vignerons sont ainsi venus contribuer au succès d’une version inédite qui a attiré plusieurs centaines de personnes chaque soir sur des sites remarquables du patrimoine, qu’il s’agisse de la Maison de l’Outil et de la Pensée ouvrière, de la grande médiathèque ou encore de l’Ecole de Design, où nous avons ouvert le bal. Entre autres.

Certes, c’est loin d’être la foule accueillie le temps d’un week-end estival de Route du champagne, mais c’est un événement qui a convaincu tout le monde, partenaires privés et publics en tête. Trois mille coupes ont été bues et les photos ont immédiatement inondé les réseaux sociaux. C’est une goutte d’eau parmi les huit millions de messages échangés à travers le monde lors du Champagne Day, mais c’est important à nos yeux. Les Troyens ont pu découvrir différentes caractéristiques de nos terroirs et les vignerons aubois sont ressortis heureux d’avoir proposé quelque chose de grand, tous ensemble », décrypte le président de Cap’C.

Un an après avoir été élu à la tête de cette association auboise, il ne cache pas sa satisfaction d’avoir pu, avec une équipe toujours aussi mobilisée et inventive, ajouter ce concept à la palette d’événements signés par une organisation rodée, laquelle participera avec d’autres collectifs viticoles champenois à La Champagne aime Paris l’an prochain. La volonté de faire toujours plus grand, de véhiculer une image positive. « Cap’C dégage une énergie incroyable, ça fuse de partout. Ce Champagne Day en a fait la démonstration et le mérite en revient grandement à Claire Cottet, en charge de cet événement », analyse Etienne Bertrand, prompt à mettre en avant le « fonctionnement hyper horizontal » d’un bureau qui, pour continuer à avancer, est en train d’écrire son « projet associatif ». « Pour la consultante qui nous accompagne dans cette démarche, ‘tout est possible’ avec cette équipe ».

Etienne Bertrand a appris l’écoute active grâce au SGV, affirme-t-il. Il y a aussi acquis sa capacité à fédérer. « Quand je présidait la section locale, Joël Falmet et Laure Perrier m’ont incité à intégrer le parcours SEVE, porté par Terres & Vignes de l’Aube et visant à former les futurs décideurs de l’agriculture, à leur permettre de travailler ensemble au profit de leur territoire. Cela m’a beaucoup apporté. Comme les conseils du GDV par ailleurs. Aujourd’hui tout cela m’est bien utile. » C’est pour cela qu’il s’investit et se rend utile à tous en retour.

Des passions chevillées au corps : une entreprise champenoise, une fille, un club de foot…

Etienne Bertrand n’est pas genre d’homme à parler de lui. Il ne recherche pas les honneurs et quand, par exemple, il reçoit le préfet de l’Aube sur son exploitation (lors de la dernière tournée vendange du SGV) il laisse le soin à tous les autres interlocuteurs de prendre la parole avant de résumer en quelques mots l’activité de sa maison et le sens de son engagement dans Cap’C. Pas le genre d’homme à se faire mousser. Concernant le contexte familial, il parle plus volontiers de sa sœur aînée Marie-Pascale (48 ans), également plongée dans l’univers de la vigne et du vin, mais en Alsace en ce qui la concerne. « Elle a suivi une formation viticole au lycée de Rouffach – BTS en commerce des vins et spiritueux – et elle y a rencontré son amoureux. Alors elle est restée. » Il n’oublie pas de citer son frère cadet, Pierre (42 ans), lequel n’aura pas échappé à la trajectoire viticole puisqu’il est cadre chez un vigneron de Celles-sur-Ource, à quelques encablures de Bagneaux-la-Fosse. Habitants de son village, les époux Wolikow, Claudine et Serge, sont des historiens et amis qui lui ont permis « de prendre de la hauteur ».

Surtout, on le sent fier et heureux de parler de sa fille Solenne (24 ans), étudiante en journalisme à Paris. Il aime la rejoindre le week-end dans la capitale. Ils y arpentent les musées, les expos, les lieux de patrimoine. « C’est une bouffée d’oxygène et de culture que j’ai besoin de partager avec Solenne autant de fois que possible », révèle-t-il. Etienne a aussi cette chance qu’elle soit passionnée de sport et qu’elle vienne assister à ses côtés aux matches de l’Estac, au Stade de l’Aube. « Ligue 1 ou Ligue 2, elle ne manque pas une rencontre. Noyés au milieu des supporters, nous vivons pleinement un grand moment de partage. Nous décryptons les choix tactiques et goûtons ces moments d’esthétisme qu’offrent les belles actions. J’ai besoin de ce moment de coupure. En tribune, dans l’ambiance, on oublie tout », détaille ce fan du club de foot de Troyes.