Association Viticole Champenoise / AG 2019

Maxime Toubart : « Nos trois priorités : l’environnement, l’économie, le collectif »

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Campagne de communication : vers une dimension interprofessionnelle ?

Créée notamment pour diversifier les moments de consommation du champagne, pour en modifier les codes sans pour autant le banaliser, la campagne de communication du SGV affiche sa réussite (lire notre précédente édition de La Champagne Viticole). Maxime Toubart estime qu’il faut aller plus loin : « Cette campagne, à elle seule, ne règlera pas le défi de la commercialisation. Elle est une pierre. Une pierre sur laquelle il nous faut capitaliser. Une pierre parmi d’autres si nous voulons construire quelque chose d’ambitieux. Nous amorçons la troisième année de cette communication collective. Nous avons fait le choix d’un focus sur les relations presse et l’organisation d’événementiels. Avec l’idée de rapprocher le consommateur du produit, d’accompagner l’acte d’achat. » A nouveau, le président du SGV lançait un appel : « Et si nous donnions à ce projet une dimension interprofessionnelle ? Notre produit le mérite. Si ce n’est pas envisageable, ce que je regretterais profondément, le Syndicat se rapprochera des Maisons qui en ont exprimé l’envie. Mais ce serait dommage : la Champagne doit sa réussite à sa capacité à se mobiliser de manière interprofessionnelle, ne l’oublions pas. »

Jean-Marie Barillère : « La nécessaire transparence à l’égard de nos consommateurs »

Dans son discours également très attendu, Jean-Marie Barillère, président de l’Union des Maisons de Champagne, jugeait nécessaire « d’accélérer notre transition environnementale, d’accélérer notre adaptation au changement climatique et de mettre à disposition de nos consommateurs plus d’informations produits ».

Indiquant comme probable un nouveau record du chiffre d’affaires en 2019 et une performance volume en retrait de 2 % par rapport à l’année passée, Jean-Marie Barillère soulignait l’incertitude du mois de décembre, essentiellement liée au marché français, avec encore quelques millions de bouteilles perdues. La situation à l’export sur les principaux marchés n’est pas simple non plus (déclarations du Président Trump sur les taxations de vins, Brexit en Angleterre). Le quatrième marché continue à bien se porter (empire du soleil levant), l’Allemagne, malgré la récession, est en croissance, et l’Italie, l’Espagne, les pays scandinaves, notamment la Suède, sont de vrais relais de croissance. « Globalement, on se dirige donc vers une nouvelle année mi-figue, mi-raisin », résumait Jean-Marie Barillère, précisant qu’il ne faut pas oublier « qu’un chiffre d’affaires record ne signifie pas un résultat record. Vendre en France coûte nettement moins cher que de vendre, par exemple, en Asie. »

S’adapter et communiquer

Parmi les multiples autres points abordés par le président de l’UMC, citons le « super millésime 2019 », le changement climatique « qui va nous imposer des adaptations dans les 10 à 30 prochaines années, la recherche du végétal le mieux adapté à notre région pour continuer à produire les meilleurs vins effervescents du monde, une nécessaire culture sans pesticides, naturels ou chimiques, sans engrais ou avec le moins possible ».

Autre sujet abordé : le prix du raisin : « Au niveau de l’interprofession, nous encourageons la commission Amont à faire des propositions pour aider ceux qui s’engagent dans la certification et/ou de l’arrêt total d’utilisation du glyphosate ; nous espérons qu’elles puissent être mises en œuvre le plus tôt possible, pour aider ce qui vont faire les efforts avant une date donnée ou qui les ont déjà faits. Nous pouvons aussi, moi le premier, inciter les Maisons à rétribuer les efforts et les coûts supplémentaires de culture de la vigne par une prime ou un différentiel de paiement entre les certifiés et les autres, entre les certifiés sans herbicides de synthèse et les autres. »

Enfin, Jean-Marie Barillère insistait fortement sur « la nécessaire transparence à l’égard de nos consommateurs. Dans ce monde du XXIe siècle, où nous pouvons savoir tout sur n’importe quoi en un clic, ne pas savoir réellement comment nos produits ont été élaborés, comment nous devons les consommer, les apprécier, ce qu’ils apportent en calories, quels sont leurs ingrédients, est assez inconcevable pour des gens qui se veulent proches de leurs consommateurs. Ces demandes sont légitimes, nous devons y répondre. »

François Pierson dénonce « l’hystérie médiatique »

« La Champagne est à la croisée des chemins, à un tournant environnemental énorme, un bouleversement bien plus grand que ce que nos aînés ont connu avec la crise phylloxérique et la création de l’AVC. Face à tout cela, il est temps de se remettre en question et de ne pas nous laisser dicter notre destin, et donc celui de la Champagne, par des gens qui n’ont de cesse de mettre à mal notre viticulture. » François Pierson, président de l’AVC, débutait ainsi son intervention, dénonçant « ces émissions anxiogènes qui mettent l’agriculture et la viticulture au ban des premiers pollueurs, ces réseaux sociaux qui font de l’écologie bobo-médiato-politique pour faire le buzz, cet agri-bashing et l’hystérie médiatique ».

Innover pour s’adapter

La Champagne doit « amplifier son action, allier audace et recherche ». Hybridation de nouveaux plants résistants aux maladies, sur-greffage, vignes hautes et larges, robotisation, drones ou panneaux confinés… « la liste des progrès est vaste » ajoutait le président de l’AVC, saluant le travail en réseau qui permet au vignoble de compter 18 000 hectares de protection en confusion sexuelle (1er vignoble en Europe), le plan carbone mis en place en 2002 (le 1er encore), la réduction de nos intrants, « très importante mais toujours déniée », l’objectif zéro herbicides en 2025 et la mise en place de la certification pour tous avant fin 2030.

François Pierson remerciait également tout le travail bénévole du réseau de correspondants de l’AVC, le réseau Matu, les membres du conseil d’administration, « toutes ces femmes et ces hommes qui, par leur dévouement et leurs convictions, font ce maillage efficace de notre territoire, tant admiré par d’autres vignobles ».

Expertise technique très pointue

© Champagne Editions

Une nouvelle fois, le bilan d’activités du pôle technique et environnement du Comité Champagne, commenté par Arnaud Descôtes (notre photo) et toute son équipe, confirmait un travail et un investissement remarquables. Les professionnels déroulaient une expertise pointue sur de multiples sujets : stratégie recherche et développement, productivité et pérennité du vignoble, agroécologie et développement durable, excellence qualitative des produits, VDC, produits de biocontrôle… « Il s’agit de répondre aux attentes sociétales, de s’adapter au changement climatique, de promouvoir et utiliser également les nouveaux outils (transition numérique et intelligence artificielle) », résumait Arnaud Descôtes.

Autre information et pas des moindres : pour aller encore plus vite et plus loin dans la recherche et l’innovation, le Comité Champagne devrait être doté de moyens financiers supplémentaires.