Protection des biens

La sécurité, une priorité

La sécurité, une priorité

© Philippe Schilde

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Angélique Lacroix : cambriolée, elle a réagi via les réseaux sociaux

© Philippe Schilde

Le traumatisme du cambriolage ne s’est pas encore estompé chez Angélique Lacroix, trois ans après que cette jeune vigneronne a subi un vol par effraction dans le cellier de son exploitation, à Montigny-sous-Châtillon. « Nous avions terminé les travaux du bâtiment pour la vendange 2016 et nous voulions le sécuriser avec un système d’alarme – les devis étaient en cours – quand nous avons été cambriolés de nuit à l’approche des fêtes de fin d’année. Je venais de lancer ma marque et même si une seule palette de 300 bouteilles avait été dérobée (de manière assez rocambolesque, les voleurs ayant poussé cette palette avec leur auto jusqu’à la sortie du village, provocant un raffut monstre et de la casse au passage), j’étais toute retournée par ce qui venait d’arriver. J’avais préparé les bouteilles, rassemblées près de la salle de dégustation. Elles étaient prêtes à être chargées pour expédition. Ce qui fait mal au cœur et met en rage, c’est de savoir que le fruit de notre travail, long et difficile, peut être brisé en quelques minutes. Notre vin peut se retrouver sur le marché parallèle. Aussi, j’ai très vite réagi sur les réseaux sociaux en relatant ce qui m’était arrivé et en stipulant aux consommateurs que moi seule pouvait être vendeuse du champagne portant mon nom. L’idée était de dissuader d’éventuels acheteurs. Cet appel à témoin a fonctionné au-delà de mes espérances. Sur Facebook, mon message a été vu 35 000 fois en une semaine et il a donné lieu à 10 000 partages. J’ai senti une forte mobilisation des gens, ce qui fait du bien sur le plan humain. »

Angélique Lacroix a reçu alors beaucoup de messages de sympathie, notamment sur le marché de Noël de Reims où elle était présente et où elle a bien vendu. Les clics sur son site internet ont aussi provoqué un niveau de référencement très élevé sur Google. Dans son malheur – « un cambriolage ça laisse des traces » – elle dit trouver des motifs de « positiver ». Surtout, dans la foulée des faits, elle a suivi les conseils les plus avisés pour sécuriser ses installations.

Ph.S.

 

Conseils pratiques : les bons réflexes
pour se prémunir contre le vol

Les principaux conseils donnés par les forces de l’ordre (gendarmerie – police) à destination des viticulteurs incitent à multiplier les obstacles entre les voleurs et les bouteilles de champagne. Les voici :

  • Je m’équipe en alarme (branchée en permanence et contrôlée régulièrement) et en vidéo-protection (couleur et de qualité)
  • Je ne laisse pas mon cellier ou ma boutique ouverts et non verrouillés
  • Je place mes CRD dans un local fermé
  • Si je prépare mes commandes la veille pour une livraison le lendemain matin, je ne les laisse pas sur le transpalette
  • Je positionne des véhicules fermés sur les cheminements menant aux celliers
  • J’éloigne mes moyens de manutention de mes stocks de bouteilles
  • En plus de mon système d’alarme, j’installe des points d’éclairage à détection automatique hors de portée des personnes. Quand je m’absente, j’active des programmateurs de lumière
  • Je ne laisse pas les véhicules se trouvant sur mon exploitation non verrouillés et je ne laisse pas les clés dans l’habitacle
  • Je fais installer un GPS bien caché dans le véhicule afin de pouvoir tracer les trajets
  • En cas de passage de personnes semblant faire du repérage, j’appelle immédiatement le « 17 »
  • En cas de vols ou dégradations, je dépose systématiquement plainte.

Prévention : des alertes par emails
ou par SMS pour être avertis des délits

Les « alertes arnaques » du SGV et les « alertes SMS » des chambres d’agriculture s’avèrent utiles pour ne pas tomber dans le panneau quand des escroqueries se répètent ou lorsque des méfaits viennent d’être commis. Adhérez à ces dispositifs gratuits pour être vite et bien informés !

« Alertes arnaques »

Virginie Strich, du service juridique du SGV, a le sens du titre qui fait tilt. Avec une dose d’humour, mais surtout des informations fiables et clairement formulées, elle alerte en push très régulièrement les quelque 2000 personnes inscrites au dispositif « Alertes arnaques » mis en place par le Syndicat il y a quelques années. Il s’agit de vignerons, de coopératives, de fédérations, du Comité Champagne, des forces de l’ordre… Exemple avec ce « Message thaïlandais ! » qu’elle a adressé en novembre et qui donne le ton : « La Thaïlande est connue pour être le numéro un de la contrefaçon en Asie du Sud-Est. Elle est désormais en passe d’être connue pour des escroqueries à l’enregistrement de marques, notamment via la société CEO / C.P.K. Plantation Co à Bangkok. Ne donnez donc pas suite au mail du Directeur de cette société, Monsieur James Milner. »

« L’origine de ces messages d’alerte, nous la devons à notre service recouvrement de créances impayées, explique Etienne Benedetti, directeur du service juridique. Il y a 15-16 ans nous avions beaucoup de dossiers (trois fois plus qu’aujourd’hui) dont nombre étaient réglés à l’amiable. D’autres étaient le fait de mauvais payeurs ou d’usurpateurs d’identité contre lesquels il fallait lutter. Nous avons mis en place une veille, nous recoupons les faisceaux d’indices quand il y a un doute sur un “client“ et déclenchons l’alerte quand nous avons la certitude qu’il s’agit bien d’une arnaque. Grâce aux emails, c’est de l’info en temps réel qui est transmise. Nos alertes sont aussi consultables par les adhérents sur le site du SGV ». Il suffit de s’abonner à la liste de diffusion pour bénéficier de ces informations. « Souvent les vignerons destinataires de ces messages les relaient vers leur entourage », se félicite Virgine Strich. La cible visée est atteinte.

« Alerte agriculteurs »

Les chambres d’agriculture de la Marne, de l’Aisne et de l’Aube ont chacune mis en place en lien avec les préfectures, groupements de gendarmerie et services de police, un dispositif de prévention des vols via des alertes SMS. Intitulés « Alerte agriculteurs » dans le 02 et le 51 et « Vigi agri » dans le 10, ces outils de communication en temps réel fonctionnent aussi bien pour les agriculteurs que pour les viticulteurs inscrits (formulaires en ligne sur les sites des trois chambres). « Le dispositif porté par les chambres d’agriculture est actif 24 h/24 et 7 jours/7, souligne le capitaine Vaesen de la compagnie de Château-Thierry-Nogentel. Les SMS déclenchés avertissent rapidement les abonnés des faits délictuels commis au préjudice d’agriculteurs et/ou de viticulteurs. Cela permet d’attirer la vigilance de chacun dans le secteur concerné car nous avons souvent affaire à de la délinquance itinérante ». L’objectif est d’éviter la réitération des faits. Les messages peuvent être ciblés en fonction de la localisation des faits, mais aussi de la nature des activités. Lorsqu’ils sont commis en zone « transfrontalière », l’officier de gendarmerie note que les unités de l’Aisne, de la Marne et de la Seine-et-Marne échangent et renforcent leurs moyens sur les axes concernés.

Pour information, dans l’Aisne, le dispositif compte actuellement plus de 220 inscrits, au global. Ils sont plus du double dans l’Aube (dont plus de 25 % de viti). Sur 58 alertes émises dans l’Aube en 2019, 12 concernaient des viticulteurs et/ou des communes composées d’agri-viti, soit plus de 20 %. La Marne enregistre précisément 225 viticulteurs inscrits et les messages transmis, liés à leur activité ont été de 18 par an sur 2018 et 2019.

Ph.S.

Stéphane Jacquet, directeur de Clérambault :
« Le mot d’ordre n°1, c’est la vigilance »

© Philippe Schilde

Début décembre, à l’initiative de Stéphane Jacquet, directeur de la coopérative de Neuville/Buxeuil-sur-Seine (Champagne Clérambault), une réunion permettait de réitérer vis-à-vis des adhérents les conseils utiles en matière de sécurité et de protection des biens. Celui qui est par ailleurs Lt-Colonel dans la réserve citoyenne de la gendarmerie a fait témoigner les représentants des forces de l’ordre, mais aussi des vignerons ayant été victimes de cambriolages.

Pourquoi votre coopérative a-t-elle pris l’initiative de cette réunion d’information ?

Dans le passé, notre coopérative a elle-même été victime d’une tentative de cambriolage opérée à la voiture bélier. Certains de nos adhérents qui reprennent leurs bouteilles ont eux aussi subi de tels méfaits. Il nous a semblé nécessaire de rappeler les fondamentaux en une période où le risque s’accroît et où, paradoxalement, l’attention peut baisser. Le mot d’ordre n°1, qu’il faut marteler, c’est la vigilance. Certes, avec les préparations de commandes et les expéditions, le quotidien est un peu bousculé dans la période qui précède les fêtes de fin d’année, mais ce n’est pas parce qu’on se trouve dans l’urgence qu’il faut baisser la garde, laisser les piles de cartons sur le transpalette, la clé toujours sur le chariot élévateur… Il faut avoir en permanence à l’esprit les gestes basiques de protection, comme fermer toutes les portes et vérifier que les alarmes fonctionnent bien. En général, et les gendarmes l’ont rappelé, les cambrioleurs s’attaquent à ceux dont ils ont repéré qu’ils ne prenaient pas les précautions maximales. Ils vont souvent au plus facile. Or, il faut tout mettre en œuvre pour les dissuader et les freiner dans leur action…

Vous insistez également sur la nécessité de fournir un maximum d’informations aux forces de l’ordre…

Oui, pour participer régulièrement à des réflexions avec les gendarmes, je sais qu’il faut leur communiquer un maximum de renseignements y compris ceux qui peuvent paraître anodins parfois. Une camionnette inhabituelle qui tourne au ralenti dans un village doit retenir l’attention et faire l’objet d’une alerte. Tout comportement semblant suspect doit faire réagir. Il ne faut jamais hésiter à composer le 17. Et en cas de vol, il faut absolument porter plainte car les enquêteurs peuvent recouper des éléments avec d’autres affaires. En outre, il était important pour les vignerons présents – une trentaine, pas assez à mon sens compte tenu de l’importance du sujet – de savoir comment les gendarmes travaillent, comment ils sont organisés, comment, dans notre secteur, ils gèrent cette problématique sur 800 km2… Toutes les questions doivent être posées.

Au-delà de la vigilance, la sécurité nécessite quelques investissements. Vous avez saisi l’occasion de cette réunion pour présenter, avec une société spécialisée, une nouvelle technologie de protection : le marquage codé. Pourquoi ?

Parce qu’il faut évoluer et mettre à profit les moyens aujourd’hui disponibles permettant d’éviter les effractions (équipements de protection, alarmes, systèmes de vidéo-surveillance, etc.), mais aussi ceux qui permettront de confondre les auteurs des faits. Appliqué aux générateurs de brouillard, ce marquage incolore, inodore et non toxique colle à la peau des malfrats durant 6 à 8 semaines. C’est un moyen de les retrouver et c’est, qui plus est, un élément de preuve devant la justice. Ils sont rusés, il faut l’être plus qu’eux ! C’est clair, il nous faut investir également dans les outils de protection.

Il faut maintenir l’attention dans le temps. Allez-vous poursuivre avec d’autres réunions anglées sécurité ?

La sécurité est un vaste sujet qui nous concerne tous, au quotidien. Pas question de s’arrêter là. Nous avons déjà le projet, toujours avec les gendarmes, de proposer une nouvelle réunion qui portera cette fois sur la délinquance numérique. Le développement du digital nous expose à de nouveaux risques. A la coopérative, en janvier dernier, nous avons été confrontés à une tentative d’intrusion sur notre site internet. Les vols par ruse se multiplient. Là encore, les bons outils et la vigilance s’imposent.

Philippe Schilde

Cyberattaques, sinistres, vols de matériels… L’indispensable protection des données informatiques

Parmi les documents que diffusent les forces de l’ordre lorsqu’elles sensibilisent les entreprises, dont les viticulteurs, il en est un qui est consacré aux cybermenaces. Y sont décrits trois risques majeurs (économique, image et juridique) et les actions à mener pour sécuriser les systèmes d’information. Outre les virus, d’autres risques existent, tels que les vols d’ordinateurs ou les sinistres (incendies, foudre) qui peuvent faire perdre beaucoup de données et mettre en grande difficulté.

© Philippe Schilde

« Plus l’entreprise est petite et plus les risques de la mettre en danger sont élevés ! » Lors du dernier VITeff, une conférence a porté sur la cybersécurité et le responsable d’Electro Reims, Thierry Motte, a appelé l’assistance à faire de preuve de vigilance également sur tout ce qui concerne l’informatique. Diffusion de virus, blocage d’ordinateur avec demande de rançon et autres piratages sont devenus monnaie courante. Tapis dans l’ombre, les escrocs du darkweb représentent une menace bien réelle, mais la prise de conscience du danger, dans ce domaine précis, reste assez lente. Il faut sensibiliser et inciter les professionnels à s’équiper pour parer aux cybermenaces. Invitant à ne pas trop « psychoter », l’expert rémois a mis en avant des solutions (antivirus, pare-feux, verrouillage des ports USB…) qui peuvent réduire la portée des attaques malveillantes.

Penser à la télésauvegarde

Sur le même salon VITeff, à Epernay, Eric Lenfant accueillait les visiteurs sur son stand en leur proposant des solutions contre ce qu’il appelle le « risque viral » et plus globalement contre les risques de pertes de données, qui peuvent être occasionnées par des vols de matériels, des destructions de systèmes liées à de la malveillance humaine ou à la faute à pas de chance. Divers sinistres peuvent survenir dans la vie d’une entreprise : incendies, dégâts dus à la foudre, etc. « Les entreprises produisent et conservent de plus en plus de données informatiques, importantes pour leur business. Mais, après dix années d’expérience dans le domaine de la sauvegarde, entre autres services informatiques, je constate un manque criant de solutions de sauvegarde au sein des entreprises. C’est pourquoi j’ai mis en œuvre début 2019 Champagne Télésauvegarde, qui s’appuie sur une technologie innovante et que j’espère décliner bientôt en France, car le besoin ne se limite pas à la Champagne », explique le dirigeant de SIC qui réalise environ 30 % de son activité dans le secteur viticole.

« Quand elles existent, ce qui est encore loin d’être le cas partout, les solutions de sauvegarde demeurent le plus souvent au sein de l’entreprise. Les pirates informatiques se font un plaisir de les crypter pour les rendre inutilisables et elles n’échappent pas aux sinistres quand un bureau brûle, par exemple. Il faut déporter la sauvegarde et c’est ce que nous faisons. Une première sauvegarde s’opère sur disque dur chez le client qui est envoyée chaque nuit (ou toutes les heures en fonction de la solution développée sur mesure) vers des serveurs de data center (redondants et hyper protégés), via la fibre. Un retour d’information quotidien vers le client est réalisé. C’est très interactif », affirme-t-il. « La solution proposée par M. Lenfant m’a convaincue. Elle est mensualisée et peu onéreuse, mais surtout simple et efficace avec la télétransmission des sauvegardes (fichiers ou simples corrections de fichiers) au jour le jour », déclare Sophie Rigaut Germond, gérante de France Oligo (spécialités foliaires) également présente sur le VITeff et cliente de SIC. « Un tel système sécurisé, c’est du confort pour l’esprit. On craint beaucoup moins le plantage de son serveur et on sait la réactivité de l’entreprise locale au moindre souci. Mais, croisons les doigts, depuis que j’adhère à Champagne Télésauvegarde, aucune défaillance n’a été signalée », conclut-elle, confiante et sereine.

Ph.S.