1974

Le choc pétrolier provoque une crise en Champagne

Le choc pétrolier provoque une crise en Champagne

En 1972 et 1973, dans le contexte d’une forte pénurie de raisins par rapport à la demande du négoce, le prix moyen du kilo (estimé alors par le SGV à 88 % du prix de base) s’envole, pour atteindre 8,85 F/kg (7,9 € 2018). Le prix moyen de la bouteille passe en deux ans de 13,25 F à 18,08 F (16,22 € 2018). Des augmentations significatives qui s’appliquent au plus mauvais moment : le taux de croissance du PIB mondial passe de + 6,5 % en 1973 à 1,99 % en 1974 puis à 0,6 % en 1975.

Vous devez vous connecter à l'aide de votre identifiant et de votre mot de passe d'abonné
au magazine La Champagne Viticole pour accéder à ce contenu.
Votre identifiant et votre mot de passe vous ont été communiqués par e-mail lors de l'activation de votre abonnement à lachampagneviticole.fr.




Lost your password?

Les VNC sont morts, vive les Coteaux Champenois !

Le 21 août 1974 un décret met en place l’AOC Côteaux Champenois. Celle-ci se substitue aux VNC (Vins Natures de Champagne), dénomination qui rassemblait les vins produits au-delà du rendement AOC et ceux ayant un degré inférieur au degré minimum. Ces volumes pouvaient être vendus en vin tranquille ou être « reclassés » en AOC Champagne quand la récolte ne suffisait pas à répondre aux besoins. Mais ces vins « bons à tout faire » ne trouvaient pas leur place dans la réglementation européenne. Parallèlement, l’Etat français avait supprimé en 1973 la catégorie des « appellations simples », qui permettaient aux vignerons de revendiquer librement des noms de village pour vendre des vins : il fallait donc trouver une solution pour la commercialisation de vins tranquilles rouges associés traditionnellement en Champagne à des noms de village (Bouzy, Cumières, Ambonnay, Aÿ…). Les tous nouveaux Coteaux Champenois doivent répondre aux mêmes règles de production que le champagne, et restent « reclassables » en AOC Champagne. Toutefois, leur production, comme celle du champagne, est désormais strictement limitée à 13 000 kg/ha. Au-delà, les volumes récoltés seront des vins de table. Il est même envisagé, au niveau national, de les destiner à la distillation obligatoire.

En 1974

  • Le Club de Viticulteurs Champenois s’est constitué. Son but est de promouvoir une marque collective et une bouteille de forme particulière baptisée « Spécial Club ». 183 500 cols ont été tirés en 1972 et il n’y a pas eu de tirage en 1973, les vins n’étant pas jugés de qualité suffisante.
  • Rémy Paillard quitte la présidence du groupement des employeurs du SGV. René Séverin prend le relais.
  • François d’Aulan n’a pas souhaité renouveler son mandat. L’Union des Syndicats du Négoce élit à sa tête Jean-Michel Ducellier, directeur général d’Ayala.
  • Suite au décès de Pierre Geoffroy, Claude Badour est nommé directeur des services techniques du CIVC. En 1973, Jean Piérard avait été nommé à la direction du CIVC.
  • Décès de Maurice Doyard, qui fut secrétaire général du SGV de 1926 à 1944.
  • Bénéfice forfaitaire : le SGV fait appel de la décision des commissions départementales des impôts, les estimant inacceptables. Même si un peu d’allègement est finalement consenti par la commission centrale, le Syndicat avertit ses adhérents : l’impôt sur la vendange 1973 sera très lourd !
  • Discipline collective : les sections de la Grande Montagne organisent une réunion. Une Maison a présenté dans le secteur une proposition de contrat, alors pourtant que le contrat interprofessionnel (qui doit être renouvelé en 1975) n’a pas encore été négocié par le SGV. Après débats, les vignerons estiment que cette proposition est prématurée et que les livreurs isolés ne sont pas armés pour discuter de contrats élaborés par l’acheteur seul.
  • Dégustation : la réglementation européenne prévoit que les VQPRD* (catégorie qui intègre les vins d’AOC) doivent imposer une dégustation et une analyse comme conditions d’octroi de l’appellation d’origine. Le SGV prépare la mise en place de ce nouveau dispositif en Champagne, mais ce n’est pas une mince affaire : le nombre d’échantillons à analyser et déguster est très important, il faut des dégustateurs en nombre suffisant et mettre au point un vocabulaire commun, il faut prévoir une organisation de collecte et de stockage des échantillons, une administration pour convoquer les dégustations et en tenir le PV. Par ailleurs, faut-il déguster le vin tranquille ou la bouteille terminée ?*VQPRD : Vins de qualité produits dans des régions déterminées. Cette catégorie de vins définie par la réglementation européenne intégrait les AOC françaises.