Contrat de filière viticole

La Région Grand Est déploie ses aides

La Région Grand Est déploie ses aides

Mi-décembre 2019, lors de la signature du contrat de filière autour de Jean Rottner. © Philippe Schilde

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Recherche, expérimentation, innovation…

Sur l’axe durabilité/compétitivité, la Région entend non seulement « préserver le potentiel qualitatif et quantitatif de la récolte », mais aussi « soutenir le développement économique des exploitations », ce qui passe par des soutiens à l’installation, à la formation, à l’investissement, etc.

En outre, elle entend promouvoir les programmes de recherche, d’expérimentation et d’innovation permettant d’accompagner les changements de pratiques dans le cadre de la transition environnementale des vignobles. « L’ambition est de tendre vers zéro herbicide à l’horizon 2025, et ce, à l’échelle de 20 000 exploitations, ce qui n’a pas d’équivalent en France », assure Pascale Gaillot. Enfin, la Région Grand Est entend faire de la filière viticole un acteur régional incontournable de la Bioéconomie.

La région la plus « effervescente » de l’Hexagone

Presque une bouteille de vin effervescent revendiquée en AOP sur deux (45 %, précisément) produite en France provient des terroirs viticoles alsaciens et champenois du Grand Est. Lorsqu’elle égrène les principaux chiffres de la filière vin afin de signifier son importance économique et humaine, la Région met en avant cet élément différenciant. Crémants et champagnes la font pétiller en France et à l’international, contribuant à son attractivité.

Elle rappelle qu’avec un total de 49 616 ha de vignes cultivées en Alsace, Champagne et Lorraine (soit 6,2 % du vignoble français en surface), les acteurs du territoire produisent 3,3 millions d’hectolitres et commercialisent quelque 446 millions de bouteilles.

Le chiffre d’affaires global de la filière dépasse les 5,4 milliards d’euros.

Près de 20 000 exploitations sont enregistrées (soit un tiers des exploitations agricoles du Grand Est), les plus nombreuses étant localisées en Champagne (79,9 %). L’Alsace en recense 19,8 %, le solde étant localisé en Lorraine où deux petits vignobles sont en AOP (Côtes de Toul et Moselle) et un troisième en IGP (Côtes de Meuse). Ces exploitations emploient 27 225 salariés (chiffre ramené en UTA, unités de travail annuel).

Actions d’accompagnement, salons, VIE mutalisés… Des outils pour continuer à développer l’export

Mi-décembre 2019, en signant le contrat de filière, le président de la Région Grand Est, Jean Rottner a immédiatement souligné l’importance des flux internationaux concernant les productions issues des vignobles de la région. La balance commerciale est nettement excédentaire (ce qui est bon pour la région et pour le pays !) à + 2,6 milliards d’euros. L’Alsace exporte 25 % de sa production et la Champagne plus de 50 %. Leurs trois principaux marchés extérieurs sont la Grande-Bretagne, l’Allemagne et les Etats-Unis. Le total des flux internationaux se chiffre à 2,7 milliards d’euros : plus de 2,6 milliards pour les exportations, 63 millions pour les importations, en provenance majoritairement d’Italie, d’Espagne et du Portugal.

BE EST EXPORT POUR SE METTRE SUR DE BONS RAILS

Pour persévérer dans cette voie, la Région Grand Est entend accentuer la promotion des appellations viticoles en accompagnant à la fois les démarches collectives portées par les interprofessions et en soutenant directement les professionnels dans leurs préparations et leurs déplacements sur des « événements ou marchés internationaux jugés prioritaires ». Le dispositif Parcours Be Est Export a été notamment conçu dans ce but.

Fabienne Dourdon, dirigeante du Champagne Dourdon-Vieillard à Reuil.

Fabienne Dourdon, dirigeante du Champagne Dourdon-Vieillard à Reuil s’est orientée vers ce dispositif en 2019 dans la perspective d’améliorer ses ventes sur le marché italien, de se développer au Danemark et dans les pays nordiques, voire aussi en Autriche. Elle a été accompagnée dans la phase d’audit et d’élaboration de son plan d’actions par un cabinet spécialisé, lauréat de l’appel d’offres régional. « Ce qui est intéressant à travers cette approche – une véritable réflexion globale sur l’exploitation, ses acquis et ses projets -, c’est qu’on prend le temps de son poser et d’envisager les choses très concrètement. En connaissant sa capacité à faire et en mesurant finement les potentiels offerts par les marchés visés, on peut passer du désir à la réalité. A l’action. Parce qu’on se fixe des objectifs et des délais pour les réaliser », explique la vigneronne, qui se sent boostée.

La Région prend en charge l’intégralité de cette phase d’accompagnement par le cabinet, le vigneron n’a rien à avancer. Il peut ensuite bénéficier d’une enveloppe de 20 000 euros (sous forme de subvention de la Région) pour réaliser les missions de prospections retenues. « Ayant été éligible aux aides de la Région Grand Est, je vais pouvoir mener des actions au cours du premier semestre 2020 » annonce-t-elle, décidée à faire passer sa part export de 20 % actuellement à environ 50 % d’ici cinq ans. « Au-delà de la possibilité d’une subvention, qui peut être un facteur déclencheur, il faut prendre en compte ce qu’un tel audit permet de changer au sein de notre organisation.  Notre vision de l’avenir évolue », appuie-t-elle, satisfaite. Au passage, elle fait un parallèle avec les démarches environnementales qui nécessitent elles aussi d’approfondir la réflexion, de bâtir le plan d’actions. « Cette année, cap également sur la HVE et la VDC », promet Fabienne Dourdon.

DES VIE MULTICARTES, UNE IDEE A SUIVRE

Le dispositif VIE (volontariat international en entreprise) est considéré comme un « dossier important » par Pascale Gaillot, vice-présidente de la Région en charge de l’agriculture et de la viticulture. Elle l’a redit publiquement à Metz dans l’hémicycle du Conseil régional en assurant que le sujet prendrait forme au premier trimestre et devrait pouvoir concerner cinq ou six dossiers exemplaires. Si possible en bâtissant des projets communs Alsace-Champagne.

Mathilde Fourrier, du Champagne Philippe Fourrier à Baroville. © Philippe Schilde

« C’est une excellente idée », commente Mathilde Fourrier, qui a été VIE durant 18 mois en Australie, et qui considère qu’il faut « pouvoir placer les vins régionaux, alsaciens et champenois, partout où la ‘french touch’ fonctionne ». Son séjour en Australie a permis de doper l’export du Champagne Philippe Fourrier à Baroville. « Tous pays confondus, USA, Canada, Japon, Grande-Bretagne, nos ventes ont dépassé les 60 % à l’export. Nous avons accru nos volumes, tout en conservant notre prix moyen », assure-t-elle en invitant les futurs VIE à « flairer le marché pour jauger le potentiel du pays et bâtir la stratégie de développement, étudier les coûts liés à l’importation, multiplier les animations et tisser un gros tissu relationnel ».

« Sur place, sorti de notre cocon, en ayant pas mal d’autonomie et de flexibilité dans le travail on apprend vite. On développe l’esprit entrepreneurial », estime-t-elle, heureuse d’avoir pu saisir cette chance avec l’aide de la Région.

Signes de qualité : 3 IGP et 8 AOC/AOP

La région Grand Est compte 3 IGP (Côtes de Meuse, Coteaux de Coiffy, Haute-Marne) et 8 AOC/AOP  (Alsace ou Vin d’Alsace, Crémant d’Alsace, Alsace Grands Crus – 51 lieux-dits -, Côtes de Toul, Moselle, Champagne, Rosé des Riceys et Coteaux Champenois)

1ère région oenotouristique de France

« Les vignobles du Grand Est présentent, outre des produits de qualité, des patrimoines et des paysages remarquables. Leur mise en valeur autour d’une offre œnotouristique attractive représente une opportunité majeure pour la promotion et la vente des vins en direct par les viticulteurs », constate la Région. Dans ce domaine, son intervention doit porter notamment sur le développement des infrastructures d’accueil dans les exploitations viticoles. « Les acteurs de la filière seront associés aux pactes de destination régionaux en vue de promouvoir les vins des vignobles du Grand Est ». La Région et ses partenaires veulent également conduire « des actions de formation au plus près des besoins ».