Gestion de crise

Comment le SGV et la Champagne ont surmonté les derniers grands chocs économiques

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Pour s’en sortir, « avoir un projet à l’horizon… »

Ils ont vécu une grande crise économique, consécutive à la Guerre du Golfe et partagé les ressorts mis en œuvre pour la surmonter : Marc Brugnon a traversé les premières années (1990-1994) et Philippe Feneuil la sortie, pas simple, de cet épisode douloureux (1994-1995). Ces deux anciens présidents du SGV ont gardé en mémoire ces moments douloureux pour la Champagne. Aujourd’hui, à l’aune de la crise actuelle, ils partagent quelques réflexions, ouvrent des pistes, tout en reconnaissant humblement que les comparaisons ne sont pas aisées, tant le Covid-19 sème dégâts et craintes. Pour autant, selon eux, il faut y croire et se battre.

Marc Brugnon.

« Il faudra prendre de grandes décisions, agir en conscience pour que cela fasse le moins mal possible », estime Marc Brugnon, persuadé qu’il n’existe pas de solution unique. « Il faudra sans doute pouvoir combiner plusieurs mesures, comme nous l’avons fait lors des crises précédentes : bloquer assez bas, constituer une petite réserve supplémentaire, mettre en place une 5e échéance de paiement, et autres… » Il y a « toujours une prise de risque dans ces temps-là », admet-t-il.

Lui, dont la qualité du produit a toujours été le crédo avait préconisé en 1991 de profiter d’une période de moindre demande pour mettre en œuvre des mesures qualitatives : « modification du rendement au pressurage (160 kg de raisins pour 1 hl au lieu de 150 kg) et allongement de la durée de vieillissement en bouteilles ». Ce qui fut acté et mis en œuvre.

Philippe Feneuil. ©Ph.Schilde

Philippe Feneuil a pris le relais à la tête du SGV et il se souvient de la tristesse qui régnait dans le vignoble en 1994. « Tous les vignerons regardaient leurs chaussures… Pour remonter le moral, nous les avons incités à regarder devant, à prendre en compte l’horizon du passage de l’An 2000 qui serait célébré avec du champagne. On m’a un peu pris pour un dingue quand j’ai ainsi fait preuve d’optimisme en l’avenir. Je me doute bien que cela ne peut pas marcher à tous les coups – la crise actuelle sera sans doute plus profonde, plus durable -, mais il faut se fixer un projet, des objectifs. L’horizon, cette fois, ce peut être un rebond de la consommation à la fin de cette année. Pour l’heure les gens pensent à autre chose que d’acheter du vin, c’est compréhensible. » Il faudra être patients, attendre que les « esprits se libèrent », selon lui.

Philippe Feneuil tient aussi à souligner la grande confiance qui s’était établie entre lui et le nouveau président du l’UMC Yves Bénard (successeur de Jean-Michel Ducellier en juin 1994). « Nous avons bien travaillé ensemble, le négoce a fait l’effort en 1995 et le vignoble joué le jeu durant  les années qui ont suivi. Pari tenu. »

Ph. S.