Ventes de champagne et œnotourisme

Un dynamisme à toute épreuve pour surmonter la crise

Un dynamisme à toute épreuve pour surmonter la crise

©Ph. Schilde

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Les conseils d’un pro : « Reconquérir les clients sur le terrain »

©Ph. Schilde

Face à une situation de crise profonde comme celle qui vient de secouer la filière champenoise, le responsable de l’agence de communication Cochet Concept, Philippe Joudart, estime que le pragmatisme doit prévaloir. « La première chose à faire, c’est aller reconquérir les clients sur le terrain, pas s’engager sur des plans à deux ou trois ans », estime-t-il.

Pour ce professionnel, il faut « inciter les clients à acheter à nouveau en valorisant bien sûr ses vins et son savoir-faire, mais aussi en donnant un coup de pouce à la vente : frais de port offerts ou réduits, remise selon les volumes commandés, une bouteille ou un cadeau offert pour l’achat de X bouteilles. Séjour offert en chambre d’hôtes (sur concours, par exemple) quand la structure dispose de ce type d’hébergement.

Pour faire revenir les gens à la propriété, il préconise des prestations de dégustations originales et élaborées : « Les solutions oenotouristiques différenciantes suscitent l’intérêt de visiteurs qui cherchent à donner du sens à leur consommation. Et, on le sait, les clients sont beaucoup plus faciles à convaincre quand ils sont sur place… »

Entretenir le lien dans la durée, tel est le crédo du communicant sparnacien : « Lors du confinement, il était capital de maintenir le lien avec les clients. Cela a été fait par nombre de vignerons, par le bais de mailing, d’e-mailing, de SMS ou simplement à travers des coups de fil pour des échanges directs. Même s’il a fallu concéder quelques gestes, notamment sur le transport, les retours positifs ont été nombreux. Plus que jamais, il faut poursuivre ce travail de fond. Créer ou recréer du lien avec des gens ayant vécu la même chose est essentiel. C’est, au passage, l’occasion de rappeler à tous que le champagne est le meilleur des remèdes ! »

« C’est clair, une telle crise permet de remettre des choses en place sur l’échelle des valeurs », conclut-il.

Ph.S.

Le coronavirus bouleverse la scène marketing

Exit la communication « à l’ancienne » ? Dans la dernière édition de son Baromètre Marketing (2020), Sortlist, place de marché du secteur marketing, analyse l’impact de la pandémie de Covid-19 sur le paysage marketing. Et pour cette société belge, à la lecture de ses chiffres et analyses, un diagnostic s’impose : le paysage publicitaire se transforme radicalement. « La pandémie de coronavirus a fait exploser la demande dans les expertises numériques. Tous pays confondus, plusieurs secteurs font un véritable carton, essentiellement en raison du confinement qui a conduit les entreprises à miser sur leur présence en ligne. Cela se traduit par une hausse de création d’applications web (+ 45,6 %), de sites e-commerce (+ 41,6 %), de SEO – Optimisation pour les moteurs de recherche  (+ 36,9 %) et de stratégie digitale (+ 30,4 %).

A l’inverse, relève Sortlist, « le nombre de projets dans le marketing événementiel et la création d’applications mobiles s’effondre. Dans ce dernier cas, le phénomène s’explique sans doute par la priorité donnée au passage d’un fonctionnement offline à un fonctionnement online. Les entreprises préfèrent donc investir dans de nouvelles applications web et le développement d’une boutique en ligne ».

A la question de savoir si la publicité traditionnelle est has been, Sortlist fait le constat qu’en France, en Europe et à l’international, « le marketing événementiel semble totalement dépassé, les baisses allant de -30 jusqu’à – 66 % ». « Dans la mesure où les rassemblements sont interdits, cela semble plutôt normal, mais il ne faut pas se tromper : dans le ‘monde d’après’, il est certain que les marques et les entreprises devront opérer leur transformation digitale et se concentrer sur la diffusion de messages forts », estiment ces experts en évoquant un véritable « électrochoc ».

Partenariat gagnant : le « tube » de l’été
sur le site très couru de McArthurGlen

Un des sites incontournables de la mode à Troyes revendique de plus en plus son terroir local, pour le plus grand bonheur des vignerons. En effet, McArthurglen, qui accueille pas moins de 3,6 millions de visiteurs par an, n’a pas hésité à aménager un bar à champagne original et tendance au cœur du village de marques de Pont-Sainte-Marie. Pour cette opération, le centre confie son animation à l’association de vignerons aubois Cap’C, connue pour ses nombreuses actions oenotouristiques.

Chaque weekend, la clientèle peut rencontrer des vignerons adhérents de l’association qui s’approprient alors un lieu à 4 roues. C’est au sein d’un authentique tube Citroën, totalement rénové et relooké, que les vignerons s’installent. Le truck est entièrement aménagé et dédié à cette activité. Ne reste plus qu’au vigneron de venir avec ses différentes cuvées et son sourire pour accueillir les nombreux visiteurs du site, qu’ils soient locaux, franciliens ou internationaux.

 

Le charme opère, les curieux sont nombreux. Pour Laura Poinsot, viticultrice présente le samedi 13 Juin, cette opération est un succès. « A mi-journée, je suis déjà entièrement satisfaite, déclarait-elle. L’expérience est enrichissante, les prises de contact sont nombreuses ». Les ventes de dégustation à la flûte sont majoritaires, mais Laura n’hésite pas à inviter les visiteurs directement sur son site à Loches-sur-Ource pour une visite oenotouristique ainsi qu’à profiter de son gîte dans la région.

L’opération est une réelle opportunité pour tous. Pour les vignerons, elle est l’occasion de s’approprier de nouvelles stratégies commerciales, plus localisées, au lendemain du confinement très impactant sur l’économie des exploitations.

De son côté, McArthurGlen y voit « l’opportunité d’offrir un service supplémentaire innovant tout en valorisant le terroir local mais également d’inciter les visiteurs, d’horizons plus lointains, à rester quelques jours de plus dans la région », évoque le directeur Fabio Schiavetti.

Enfin, pour l’association Cap’c, c’est l’occasion de renforcer ses liens auprès de ses adhérents mais aussi de démontrer ses efforts pour la promotion du vignoble. Pour la période estivale, tous les week-ends proposés aux vignerons sont complets.

lesoenovateurs.com

Champagne Bauchet : le centenaire
tombe à l’eau, mais les projets émergent

©-Visuel-Impact

Le 27 juin, à Bisseuil, le Champagne Bauchet aurait dû célébrer avec quelque 500 personnes le centenaire de l’entreprise familiale fondée par Félicien en 1920. Cinq générations plus tard, Robin et sa cousine Florence, aux commandes d’un domaine passé de 1 ha à l’origine à 34 ha aujourd’hui, ont dû se résoudre à remettre les festivités à plus tard, la situation sanitaire et les restrictions gouvernementales ne permettant pas de faire les choses en grand, comme prévu de longue date. La cata ? L’événement est tombé à l’eau et pour eux c’est une « double déception » car de bons résultats commerciaux avaient été enregistrés fin 2019 et en début d’année. « C’était très prometteur », note le vigneron déplorant une « chute libre » des ventes en avril.

Pour autant le moral du duo reste bon, d’abord parce que la maison a été « gérée en bon père de famille par les générations précédentes », malgré les crises qu’elles ont pu traverser elles aussi, et que les fondamentaux de l’entreprise sont solides. Ensuite parce que le contact téléphonique personnalisé orchestré auprès de la clientèle professionnelle (cavistes, importateurs, grande distribution…) a payé. « Il y avait beaucoup de sollicitude au bout du fil, et comme nous proposions des solutions (délais de paiement, par exemple) à nos clients les plus en difficulté, nous avons pu sortir des palettes », relate Robin. « Parallèlement, nous avons vu des clients s’inquiéter pour nous. C’était touchant, à l’image de ce particulier qui a tenu à payer cash une commande qu’il ne viendrait chercher qu’après le déconfinement », complète Florence.

Ouvrir de nouvelles pistes

« Une grande partie de ce qui a été perdu durant deux mois ne sera pas rattrapé », estiment-ils, mais ils font malgré tout le pari d’investir pour gagner de nouveaux marchés. « A l’export, nous misons sur l’Asie, via un réseau de distributeurs qui nous ouvre des portes dans plusieurs pays, sachant que nous sommes déjà présents au Japon. Nous ferons des focus de prospection par zone, pas à pas. » En France, le Champagne Bauchet a intégré un groupe de 5 récoltants manipulants ayant fait le choix de recruter un commercial en commun pour trouver des débouchés dans l’hôtellerie-restauration étoilée. « Je crois aux valeurs et à la force du collectif  », glisse Robin, en remarquant que seul, il est moins facile d’investir dans des ressources humaines. »

« Sur l’aspect œnotourisme, nous avons baigné dans une atmosphère assez étrange plusieurs semaines durant, notre dernier visiteur étant passé le 1er mars… Depuis, nous avons relancé les tours opérateurs en leur garantissant les mesures sanitaires nécessaires et nous avons édité de nouveaux flyers destinés aux touristes de retour dans la région. Et surtout, nous participerons pour la toute première fois au Bar éphémère dans la cour du SGV cet été », détaille Florence, prompte à saisir toute les opportunités pour communiquer et vendre. La cuvée du siècle, Signature By Iemza, composée de 1920 bouteilles toutes uniques (habillées par l’artiste Iemza) doit y contribuer, quand bien même la célébration du centenaire est repoussée à une date non encore fixée.

Philippe Schilde

Balade en VAE dans la Côte des Bar :
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uand la crise « électrise » les projets œnotouristiques

Malgré les nombreuses difficultés engendrées, la crise est devenue une réelle source d’inspiration pour quelques esprits vignerons. C’est le cas de la maison Richardot à Loches-sur-Ource, dans la Côte des Bar. Le père, Jean-Paul, et le fils, Eugène, n’ont pas hésité à développer une offre oenotouristique au croisement de leurs deux passions : l’amour du vin et du vignoble à celui du cyclisme. En effet, au domaine, le champagne et le cyclisme sont une véritable affaire de famille, transmise de génération en génération.

En selle, c’est Eugène Richardot, jeune compétiteur amateur, qui propose une visite du vignoble grâce aux dix nouveaux vélos électriques acquis par la maison. Avec l’assistance électrique, l’activité s’ouvre à un large public en quête de nouvelles expériences, de nature et de proximité avec les vignerons.

La balade à vélo sillonne le vignoble champenois, mais aussi les champs de blé, la forêt, longe l’Ource et le patrimoine local avant de finir par la traditionnelle visite de cave et la dégustation. Cette initiative est née de la crise sanitaire. Le calme commercial a permis de réfléchir davantage au projet, lequel a très rapidement pu être mis en œuvre.

« Nous souhaitons offrir à notre clientèle fidèle une nouvelle expérience au sein de notre vignoble, à la fois intimiste et authentique », révèle Eugène. Cette nouvelle offre permet ainsi de fidéliser la clientèle mais aussi de répondre aux nouvelles attentes du tourisme dans la région. Elle devrait également permettre d’attirer une nouvelle clientèle locale, étrangère et intergénérationnelle.

Déjà sensible à l’accueil de la clientèle avec l’obtention du label Vignobles & Découvertes, la maison Richardot s’adapte à toutes les demandes. Une offre sur-mesure peut enrichir une offre de base prédéfinie avec, par exemple, la possibilité de déguster un pique-nique vigneron au cœur même du vignoble.

Avec beaucoup d’enthousiasme, les Oenovateurs ont expérimenté cette aventure dans le sillage d’Eugène. La découverte du vélo électrique est très plaisante et elle nous aura surtout permis de nous réconcilier avec les paysages vallonnés du vignoble le plus méridional de la Champagne. Un moment 100 % plaisir !

lesoenovateurs.com