ÉTUDE

Burn-out : les viticulteurs moins exposés que les autres exploitants

Burn-out : les viticulteurs moins exposés que les autres exploitants

C'est en viticulture que les exploitants sont le plus protégés, avec 60 % des viticulteurs enquêtés évalués sans burn-out et 26 % en risque de burn-out.

Une étude sur le sens du travail en agriculture, et le lien notamment avec le burn-out, a été réalisée pour l’Association départementale d’aménagement des structures des exploitations agricoles (ADASEA 51) auprès d’exploitants marnais dont 34 % de viticulteurs.

 

«Nous avons des exploitants souvent épuisés par le travail, en burn-out ou à la limite, explique Constant Floquet, président de l’ADASEA 51. Accompagnant des agriculteurs en difficultés via le dispositif REAGIR (1), il était important pour nous d’étudier ce phénomène en enquêtant auprès d’un maximum d’exploitants marnais. » Alice Martinet a donc conduit pour l’ADASEA 51 une étude sur le Sens du Travail en agriculture (2) auprès de 319 exploitants marnais dont 22 % en viticulture et 12 % en polyculture-viticulture. Objectif : identifier le lien entre sens du travail et burn-out, et explorer ce qui donne du sens au travail ou au contraire ce qui le détruit.

Sens du travail et burn-out

18 % des enquêtés ont été identifiés en burn-out et 31 % en risque de burn-out, soit près de la moitié en situation de fragilité. 58 % des enquêtés estiment que leur travail revêt un sens important. Il existe un lien réel entre « sens du travail » et « burn-out », et ce de façon négative. Ainsi, la grande majorité des agriculteurs pour qui le travail revêt un sens élevé ne sont pas concernés par le burn-out ou le risque d’en faire un. Un lien entre « burn-out » et « organisation du travail » a également été établi dans 89 % des situations. C’est en viticulture que les exploitants sont le plus protégés avec 60 % des viticulteurs enquêtés sans signe de burn-out et 26 % en risque de burn-out. Les exploitants en viticulture-polyculture sont un peu plus exposés avec 50 % sans burn-out et 30 % en risque de burn-out.

Des sources et des destructeurs

L’enquête a également permis de relever sept sources ayant un impact positif sur le niveau de sens au travail. Ce qui renforce ce sens pour les viticulteurs, c’est de « produire de la qualité dans le respect de l’environnement, s’accomplir via la réussite technique et économique de l’exploitation, ou encore transmettre à ses enfants une exploitation qui aura su innover ». Ces sources peuvent être utilisées comme leviers d’action pour aider un viticulteur à retrouver plus de sens dans son travail, voire à sortir du burn-out. Quatre destructeurs du sens au travail ont également été identifiés. « Les contraintes administratives, réglementaires et environnementales absurdes et la pression financière des banques, des assurances et des impôts » sont ceux qui dégradent le plus le sens du travail chez les viticulteurs.

La synthèse complète de cette étude est disponible sur le site de REAGIR. Par ailleurs, la Commission des affaires économique du Sénat a également enquêté sur le suicide des exploitants sur tout le territoire pendant un an avant de rendre ses conclusions au Ministre de l’agriculture le 24 mars dernier. L’ADASEA 51 et Alice Martinet avait été auditionnées dans le cadre de cette enquête.

 

ADASEA 51
Dispositif REAGIR – 03 26 04 74 09

(1) Réagir reçoit le soutien financier de la Région Grand Est et du département de la Marne.
(2) Dans le cadre de son Master de Psychologie Sociale, du Travail et des Organisations à l’Université de Reims Champagne-Ardenne.