ÉDITO

Le prix de notre indépendance

Le prix de notre indépendance

Des gelées de printemps, un début d’été plombé par des orages diluviens avec des épisodes de grêle : décidément, la météo ne nous aura guère épargnés. Nous étions pourtant tellement impatients de lever nos flûtes à la fin des contraintes sanitaires.
Bien sûr, l’ensemble des services de votre Syndicat est aux côtés des vignerons sinistrés et nous sommes mobilisés pour les accompagner au mieux en attendant les modalités des aides gouvernementales. Face à ces événements climatiques qui ont une fâcheuse tendance à se répéter d’année en année, nous avons l’avantage de disposer d’un système de réserve qualitative que tous les autres vignobles nous envient.
Du côté des marchés, l’embellie est manifeste. Les chiffres sont spectaculaires pour mai, avec un rebond des expéditions de 155 % par rapport à 2020. Ce mois de mai s’avère même plus dynamique que celui de 2019, avant la pandémie. Cela donne un bon espoir pour le prochain semestre, et on constate avec plaisir que le champagne reste, partout dans le monde, le vin de la joie et du partage.
Cependant, il est encore trop tôt pour se prononcer sur le rendement de la prochaine vendange. En 2020, nous avions lutté pied à pied pour obtenir un niveau raisonnable, et cette année encore, votre Syndicat cherchera le meilleur compromis pour préserver la pérennité de nos exploitations en défendant un rendement en vendanges fraîches au plus proche de nos prévisions de sorties.
Les négociations débuteront prochainement pour une décision attendue fin juillet. Mais pour continuer à faire entendre notre voix, à peser politiquement et défendre nos intérêts, il est impératif de se concentrer encore plus sur la commercialisation. Il faut que notre famille, vignerons et coopératives, s’engage dans une réelle dynamique de reconquête des marchés. Et, encore une fois, le SGV est là pour vous accompagner.
Nous avons une chance à saisir car nous sommes exactement dans l’air du temps. Toutes les études sont claires sur ce sujet : les consommateurs sont de plus en plus demandeurs de produits de terroir élaborés par des artisans en lien avec la nature, et la crise sanitaire a encore accéléré cette tendance. Et en Champagne, c’est bien nous qui portons ces valeurs, ce sont nos vins qui incarnent cette attente du public.
C’est pourquoi le SGV s’engage à nouveau dans une grande campagne de communication pour soutenir les ventes du vignoble. Les messages que vous allez découvrir dans la presse, à la radio, sur les panneaux urbains et sur les réseaux sociaux, valorisent la diversité, l’authenticité et l’unicité de chaque champagne de vignerons.
Il y a trois ans, nous avions fait le choix de financer une campagne pour rajeunir l’image du champagne ; aujourd’hui, nous poursuivons cet effort en mettant en valeur les vins élaborés par le vignoble, comme vous nous l’avez demandé dans l’enquête Audirep, fin 2020.
Je reste persuadé que nous devons accroître la notoriété de nos vins, et que cet investissement est le prix de notre indépendance et de notre force, notamment face au négoce.
Ce plan de soutien à la commercialisation comprendra également un volet d’accompagnements personnalisés pour vous aider à développer vos marques et vos exploitations. J’y reviendrai au cours du second semestre.
Dans les vignes, c’est la dernière étape avant la préparation de la vendange. Nous subissons une forte pression mildiou et je sais à quel point ces prochaines semaines seront déterminantes pour produire de beaux raisins. Alors je vous souhaite à tous bon courage et un très bel été.