MAIN-D’ŒUVRE

De l’huile dans les rouages

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Pierre-Éric Jolly et « la mémoire du savoir-faire »

© Pierre-Éric Jolly

Depuis plusieurs dizaines d’années, les vendangeurs trouvent le gîte et le couvert au Champagne René Jolly. Bon an mal an, une soixantaine de travailleurs – tous postes confondus – viennent participer aux vendanges à Landreville en provenance d’un large quart nord-est de la France, depuis les alentours de Lille aux Vosges, en passant par la région parisienne.
Chaque année, quelques anciens reviennent, notamment sur les postes-clés comme la cuisine – question de « mémoire du savoir-faire » – mais cela ne constitue qu’une petite partie de l’effectif recruté pour les vendanges. Pour les cadres, la stabilité est recherchée afin de fluidifier l’organisation de la récolte.

Pierre-Éric Jolly doit trouver la bonne organisation pour récolter 14 ha. Son secret : « l’anticipation. On propose une solution tout confort, donc on trouve du personnel relativement facilement, à condition de s’y prendre tôt, pour que l’équipe soit bouclée au 15 août. » Le vigneron aubois n’a pas lésiné sur les investissements, mettant notamment en place une flotte de véhicules afin d’organiser l’arrivée du personnel saisonnier au domaine.
Seul aux commandes, Pierre-Eric Jolly fait de son mieux pour soigner ses troupes. « Mon boulot, c’est d’être le chef d’orchestre. On se doit d’être précis sur la qualité des raisins ramassés. C’est pourquoi on a choisi d’investir dans nos logements, en agrandissant les dortoirs en 2017. C’est le prix à payer pour avoir une récolte sans compromis, ce qui demande des moyens et de l’organisation. On a besoin de surface pour accueillir du monde ; cela se travaille et nécessite des investissements à long terme sur le domaine. »

© Pierre-Éric Jolly

En ce qui concerne l’organisation de la cueillette, Pierre-Éric Jolly souhaiterait « pouvoir travailler huit à neuf jours de suite sans devoir bloquer un jour de repos : le raisin est fragile et n’attend pas… Ce que je souhaite, c’est que l’Etat comprenne que l’on a une fonction qui va au-delà des huit jours de vendange. Là, on pourra faire notre travail plus efficacement. »
« En 2020, on s’est adaptés, se souvient le vigneron. Heureusement, nous n’avons pas été confinés. Mais c’était plus compliqué pour assurer le côté convivial en fin de journée… Nous n’avons pas enregistré de foyer de contamination : nous avons du gel, des masques, des camions… Il reste des étapes à risque mais on compte sur la responsabilité individuelle. »