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L’expertise de terrain en héritage

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Le réseau Matu se modernise

Le suivi de maturation des raisins en Champagne remonte au milieu des années cinquante. Trois décennies plus tard, un réseau nommé Matu a commencé à se structurer pour des raisons d’harmonisation de la méthodologie de travail. Aujourd’hui, ce sont près de 500 bénévoles qui arpentent les vignes champenoises avant les vendanges.
Le coup d’envoi du réseau Matu pour la campagne 2021 a été donné le 16 août : près de 600 parcelles surveillées par le réseau font l’objet de prélèvements aléatoires et réguliers, donnant lieu au pressurage de 10 à 12 grappes. Pourcentage de véraison, poids moyen des grappes, acidité totale, richesse en sucres, ou encore état sanitaire sont passés au crible, et ce deux fois par semaine dans le mois qui précède la vendange. En plus de ces paramètres traditionnels, la dégustation des baies prend une part de plus en plus importante.
Cette campagne marque l’arrivée d’un nouvel outil collaboratif, le portail Matu. Accessible depuis l’extranet du Comité Champagne et testé en 2020 – plus de 1 000 prélèvements saisis en trois semaines –, ce site adapté aux smartphones mutualise les observations et les mesures des nombreux contributeurs champenois (état des raisins, nombre de grappes, poids total, mais aussi estimation du taux d’alcool probable, acidité, état sanitaire, comptage de grappes, etc.). La visualisation à l’échelle de la commune est disponible si les données d’au moins trois parcelles ont été enregistrées dans l’application. Même en l’absence de réseau, la saisie est possible, car les données sont compilées une fois que l’accès au signal est rétabli.
Ce nouveau portail constitue un outil complémentaire du réseau Matu « officiel », et permet d’affiner et de préciser les dynamiques de maturation à l’échelle locale.

La vendange vue d’ailleurs

En Alsace, chaque appellation possède
sa date de début de vendange. (© ConseilVinsAlsace)

En Alsace, c’est dans le cadre d’une assemblée générale que l’on valide les dates d’ouverture de la vendange, explique Simone Kieffer, rédactrice en chef de la Revue des vins d’Alsace. Le rendez-vous, généralement organisé une dizaine de jours avant la cueillette, rassemble les propositions de bans émises par les six sous-régions du vignoble alsacien. Avec des vignes en plaines et en coteaux qui présentent des écarts de maturité importants, l’enjeu de cette réunion consiste aussi à trouver des compromis. Le Comité régional de l’Inao reçoit ensuite la synthèse validée en assemblée générale le matin-même, puis l’arrêté préfectoral entérine la décision.
À chaque appellation son ban de vendanges : l’AOC Crémant d’Alsace ouvre le bal, puis c’est au tour des AOC Alsace et Alsace Grands Crus. La récolte s’étend sur environ deux mois, et rassemble quelque 22 000 saisonniers – essentiellement locaux – pour une surface exploitée de 15 500 ha.
Comme en Champagne, la vendange 2021 sera plus tardive et moins quantitative que les précédentes pour les producteurs alsaciens. La faute à une météo catastrophique, qui a contribué à une explosion du mildiou et de l’oïdium dans cette région traditionnellement préservée des pluies, ce qui a permis un développement soutenu de la viticulture bio dans la région (plus de 14 % des surfaces).

 

La Bourgogne a abandonné le système des bans de vendanges depuis 2007. Si les vendanges commencent généralement au cours du mois de septembre (à l’exception notable de 2018 et 2020), « chaque opérateur démarre ses vendanges quand il le souhaite. Il choisit la date la plus adaptée à son vignoble, sa parcelle. Ce sont le sol, le millésime et le cépage qui déterminent en premier lieu la date de début de vendange », indique le Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne (BIVB).

Si l’interprofession bourguignonne suit la maturité des raisins, chaque opérateur peut récolter dès qu’il le souhaite. (© BIVB-Michel Joly)

Au sein d’une région viticole dont le territoire s’étend sur plus de 200 km du nord au sud (entre Chablis et Mâcon), les dates ne sont pas nécessairement les mêmes d’une commune à l’autre. Plusieurs techniques sont à disposition des viticulteurs pour déterminer leurs dates d’ouverture de la vendange, mais celle qui semble remporter les suffrages est la plus ancienne : la dégustation de la baie !
L’interprofession bourguignonne n’a pas oublié d’organiser le suivi de la maturité des raisins : 38 parcelles de références du BIVB et des ODG sont scrutées. Au terme des prélèvements, les résultats et interprétations des analyses sont publiés sous forme de cinq bulletins édités deux fois par semaine : Bourgogne Parcelles de référence, Côte-d’Or, Yonne, Saône-et-Loire et Crémant.

 

La proclamation du Ban des Vendanges des Côtes du Rhône donne lieu à une fête populaire en Avignon. (© Compagnons des Côtes du Rhône)

Dans les Côtes-du-Rhône, le coup d’envoi de la récolte donne avant tout lieu à une grande fête, le Ban des Vendanges des Côtes du Rhône. Cette tradition ancienne est perpétuée par les Compagnons des Côtes du Rhône : même si le contexte a rendu obligatoire la présentation d’un passe sanitaire, la 25e édition de ce rendez-vous s’est tenue symboliquement en Avignon, capitale des Côtes du Rhône, le 28 août, comme chaque année.
Anne-Sophie Marseille, exploitante à Sarrians et Vacqueyras dans le Vaucluse, précise que chaque vigneron peut choisir la date à laquelle sa vendange peut commencer. Dans la région, la saison de récolte peut s’étaler sur une cinquantaine de jours. Les producteurs goûtent les baies à partir du 15 août, et le muscat est généralement le premier cépage récolté, autour du 20 août.
La vigneronne produit des vins majoritairement en IGP et en AOP (Côtes-du-Rhône), où se côtoient vendanges mécaniques et manuelles. Cette année, « la récolte sera toute petite, et on va vendanger tôt » : ici, le coupable ne s’appelle pas mildiou, mais les dégâts de gel ont profondément marqué les vignes rhodaniennes…