ÉDITO

Gardons nos singularités

Gardons nos singularités

©Charles LAFON

Encore quelques coups de sécateur et cette campagne bien compliquée sera enfin derrière nous. À cette heure, il est trop tôt pour faire les comptes, mais la quantité de raisin frais va manquer pour atteindre en moyenne les 10 000 kilos fixés pour le rendement tirable. En revanche, la qualité est là, les grappes récoltées sont belles et promettent un millésime remarquable.
Et puis surtout, nous avons notre assurance récolte, notre réserve qualitative, qui va nous permettre de descendre en cave de nombreux flacons et de passer ce cap sans casse économique. Gageons seulement que la prochaine récolte soit à l’image des trois dernières années avec des vignes saines et bien chargées.
Les vendanges et la Foire de Châlons sont toujours pour le Syndicat des périodes riches en rencontres politiques. Et ce ne sont pas de simples visites de courtoisie : la filière champagne pèse un poids économique conséquent et le vignoble recèle un vivier électoral très convoité. Comme tous reconnaissent la force et l’unité de notre Appellation et de son organisation syndicale, nous en profitons pour poursuivre notre lobbying afin de défendre nos intérêts.
C’est vrai, nous sommes influents. Mais rien ne s’est fait tout seul : tous nos acquis ont été obtenus par des négociations acharnées. Et cette influence pourrait s’avérer fragile et même décroître si notre unité ne se révélait que de façade. Pour garder notre puissance d’influence, nous avons besoin de la participation de chacun d’entre vous et notamment dans les sections locales. C’est là que l’on doit débattre ensemble, c’est là que vos élus peuvent construire avec vous le SGV de demain.
Nous subissons les décisions d’une administration qui souhaite tout uniformiser en nivelant les particularités des filières, avec une fâcheuse tendance à la dérégularisation. Le combat ne cesse jamais et il nous faut convaincre à tous les niveaux, local, national et européen. Nous avons déjà montré les muscles avec succès dans le dossier des droits de plantations. Une affaire qui n’était vraiment pas gagnée d’avance, bien au contraire. Notre unité, notre détermination, notre travail de fond auprès des pouvoirs publics avec nos partenaires comme la Cnaoc et Efow ont fait plier Bruxelles. Et ce n’est pas une mince victoire. D’autres succès sont à notre actif, vous les retrouverez en détail dans le dossier de ce numéro de La Champagne Viticole.
Mais la lutte continue encore et encore pour préserver notre modèle et nos singularités : la fiscalité des exploitations, l’emploi et le logement des saisonniers, la protection de l’environnement… sont les sujets qui nous mobilisent le plus en ce moment et là encore nous avons besoin de vous pour opposer aux décisions qui nous pénalisent, un collectif fort et soudé.
Sur le plan économique l’embellie se poursuit. Les perspectives de croissance sont encourageantes malgré des menaces inflationnistes. On le sait, les bouchons sautent au rythme des indicateurs économiques. C’est le moment pour les champagnes de vignerons d’en profiter. Nous allons vous présenter prochainement une nouvelle offre de services dédiée au soutien à la commercialisation. Je suis persuadé que nos produits ont rendez-vous avec les consommateurs qui souhaitent des produits de terroir incarnés par des artisans. De la réussite de ce rendez-vous dépend notre indépendance et notre force dans les négociations interprofessionnelles.

Nous vous donnons rendez-vous au VITeff, sur le stand du SGV, pour en savoir plus.