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Arthur ou la légende du pinot vrai

Arthur ou la légende du pinot vrai

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L’expression du pinot blanc vrai maîtrisée

« Nous sommes dans un village connu pour être assez gélif. à Celles, historiquement, grâce aux anciens, le pinot blanc a conservé une place dans les bas de coteaux car son démarrage est plus tardif que les autres. Il risque moins en cas de gelées printanières. Récolté en fin de vendange, il a toutefois tendance à perdre en acidité, en longueur et c’est sans doute à cause cette fragilité qu’il a été délaissé peu à peu par les vignerons champenois. Chez nous, une évolution à la baisse de l’acidité est le signal qu’il faut récolter, même si cela peut sembler encore
un peu précoce. Notre plus vieux millésime, un 2013 actuellement en vente, est le fruit de notre façon d’opérer avec beaucoup d’attention, de contrôles répétés. Avec cet assemblage de pinot noir bien structuré et de pinot blanc subtil, riche en acidité, nous obtenons un vin apprécié pour son superbe équilibre. Nos cuvées élaborées en monocépage sont elles aussi très prisées. Le pinot blanc se valorise fort bien », détaille Arthur.

Un arrière-grand-père épicier-vigneron, une maman 100 % vigneronne

« La champagnisation dans le village part de mon arrière-grand-père, Marcel Tassin (né en 1900), et de quelques autres viticulteurs. À l’époque, la vigne ne rapportait guère, aussi, en parallèle, il tenait une épicerie. En outre, il était éditeur de cartes postales… Quand il a pris sa retraite, le domaine a été partagé entre ses trois fils : Raymond, Jean-Marie et Bernard. Mon grand-père Raymond s’est marié avec Odile Gautherot, issue d’une famille de courtiers. De leur union sont nées cinq filles dont Marie, ma mère, la petite dernière. Cela explique qu’ici, quand vous tapez un buisson, il sort un certain nombre de Tassin… Je veux dire de marques portant ce patronyme », sourit Arthur en remontant l’arbre généalogique avec l’aide de sa maman. Car parfois, il l’avoue, il s’y perd un peu.
Marie, toute imprégnée depuis l’enfance des sensations, des gestes et us vignerons ne s’imaginait pas faire autrement. « J’avais ce métier dans le sang », rapporte-t-elle. Mais aujourd’hui, à 58 ans, celle qui s’est installée en 1983 avec son mari Christophe Fumey, et qui a sorti son premier champagne en 1985 sous la marque Fumey-Tassin, prépare la transition en toute sérénité.
« Maman, passée seule aux commandes de l’exploitation, a commencé à écrire un nouveau chapitre à partir de 2005, avec des bouteilles étiquetées à son nom, Marie Tassin », rapporte Arthur. L’horizon de la retraite étant d’ores et déjà fixé pour Marie — ce sera en 2024 -, elle sait pouvoir compter sur son grand gaillard de garçon, âgé 31 ans, et également sur sa fille Léa, 28 ans, pour prendre le relais dans de bonnes conditions. « Léa, qui travaille actuellement au sein de la coopérative Chassenay d’Arce, a un bagage dans le domaine de la communication et du marketing. Quand je quitterai mes fonctions, elle doit rejoindre notre maison. Je peux dormir tranquille, je sais qu’ils seront capables de manager l’entreprise », affirme Marie, avec un large sourire.